A quand le retour ?

On se souvient avec émotion des guerres anciennes où les troupes sagement alignées attendaient les ordres des chefs pour s’élancer les unes contre les autres. Qui ne se souvient de cet épisode célèbre de la bataille de Fontenoy et de la supplique du comte de Chabanne «Messieurs les Anglais, tirez les premiers» ? Tout cela est bien loin et les guerres modernes ont mis fin aux batailles rangées dans lesquelles la cavalerie s’élançait pour confirmer la suprématie de l’infanterie. Les chars ont remplacé les chevaux, les fusils et les canons les baïonnettes, les avions survolent les zones d’opération et même leurs pilotes ont été remplacés par des drones. La guerre des boutons est effective et l’on peut désormais s’étriper à des kilomètres de distance. A l’époque du Comte de Chabanne la guerre était «propre», nette, chacun était clairement identifié et l’honneur était de mise. Les déserteurs étaient passés par les armes et ceux pris avec l’uniforme de l’adversaire fusillé comme les traitres. Les choses ont forcément changé quand les civils, les résistants sont venus se mêler aux conflits. Ils rendent particulièrement difficile le travail des militaires qui ne savent plus s’ils ont à faire à l’ennemi combattant ou à un simple habitant. C’est pourtant à cette difficile équation à résoudre que se trouvent confrontés nos soldats en Afghanistan dont les quatre dernières victimes sont les exemples les plus frappants.

 

Un conflit perdu d’avance

 

Non seulement ils ont à lutter contre un ennemi insaisissable, mais ils sont devenus les victimes de soldats de leur propre camps. On est bien loin ici de la célèbre supplique de Philippe le Hardi à son père «Père gardez-vous à droite, père gardez-vous à gauche» quand c’est l’ami désigné qui vous tire dans le dos. Désormais assiégés, victimes d’une peur bien légitime, que peuvent faire nos soldats dont la mission est de former ceux qui à tout moment peuvent leur tirer dans le dos ?

De plus en plus il est impératif de se poser la question du pourquoi de notre présence dans un conflit perdu d’avance et dans lequel nous n’avons aucune maîtrise si ce n’est celle de voir tomber nos soldats victimes de la traitrise d’un peuple qui n’a qu’une envie, celle de nous voir partir le plus tôt possible. Les soi-disant terroristes qui menaçaient l’équilibre du monde sont désormais disséminés sur l’ensemble de la planète, et c’est naïveté de croire qu’ils sont restés concentrés dans ce pays du monde qui tue nos soldats et empoisonne nos enfants avec les drogues qu’il exporte. Dans un moment de notre histoire où les économies sont plus que nécessaires pour assumer nos dettes, le retrait de nos troupes est impératif pour que nous n’ayons plus à épingler des légions d’honneur sur des cercueils drapés de drapeaux tricolores suivis par des veuves et des orphelins privés de l’amour d’un père et d’un époux. Revenez ; nous avons besoin de vous ici pour apprendre à certains jeunes que la vie n’est pas le commerce et la consommation de drogue, mais la culture de la volonté et de l’effort. Revenez, mais attention la retraite armée est toujours dangereuse, n’oubliez surtout pas de vous retourner, vos amis vous guettent.



UN COMMENTAIRE SUR A quand le retour ?

  1. Pierre Trincot dit :

    Je croyais qu’il s’agissait du Marquis d’ Anteroche, ne confonderiez-vous avec le Sire de La Palisse,né de Chabannes ?
    Au sujet des hostilités en Paktanie, rien de nouveau sous le soleil, l’ Armée Française depuis qu’elle s’y trouve a été incapable de tirer (si j’ose dire) la leçon des occupations Anglaises puis Soviétiques, à savoir que si ne sont implantées des voies ferrées dans le pays occupé, les troupes seront dans l’impossibilité de se concilier les peuples y vivant car il y a toujours contrepartie à leur offrir pour assurer la paix .

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