A bas le capitalisme sauvage !

Lors de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, nos spécialistes nous avaient bien dit que le nuage radioactif s’était arrêté à nos frontières ; ce qui avait rassuré les plus crédules mais inquiété ceux qui avaient eu le bon sens de penser que les nuages ignorent les frontières. Aujourd’hui le monde financier est en crise, et l’on veut nous faire croire que cette crise va s’arrêter à notre porte, et épargner notre système bancaire. C’est ignorer à quel point le monde est devenu une toile d’araignée dont tous les fils sont tissés de telle manière que les dégâts causés à l’un d’entre eux se répercutent automatiquement à l’ensemble.
Même s’il paraît acquis que notre système bancaire est beaucoup moins fragile que celui des Etats-Unis, des retraits massifs de liquidités entraîneraient des difficultés dont on peut difficilement mesurer la portée, d’autant que certaines de nos banques étaient plus ou moins concernées par les pertes liées aux subprimes, ce qui les a fragilisées. Connaître le danger, ne veut pas dire céder à la panique et faire n’importe quoi. Vendre par exemple en masse le portefeuille boursier ne pourrait que fragiliser notre économie qui va avoir besoin plus que jamais de liquidité pour limiter au maximum le chômage qui ne va pas manquer de progresser fortement. Or l’on sait bien que les pertes en bourse ne sont effectives que si l’on vend. Il est donc urgent d’attendre. Retirer ses liquidités ne serait pas plus intelligent car les garder chez soi peut être dangereux, et dans le cas d’une dévaluation massive, cela ne servirait à rien. Il est donc urgent de ne rien faire et surtout éviter de céder à la panique et garder la tète froide.

Liberté n’a jamais voulu dire anarchie

Il faut avant tout réfléchir sur les phénomènes qui nous ont conduits à une telle situation et penser à l’avenir pour que plus rien de tel ne puisse se reproduire. Il faut en finir avec le capitalisme sauvage qui ignore les états ou qui plutôt les sollicite quand le processus s’emballe comme aujourd’hui. Les dénationalisations prévues dans le secteur public comme en France EDF ou encore la Poste doivent impérativement être remises en question quoiqu’en pense et dise le commissaire Européen car on est très loin de constater que la libre concurrence soit synonyme de baisse des prix. Certes, la libre concurrence reste le moyen le plus sûr de peser sur les prix à la seule et unique condition qu’elle n’engendre pas des concentrations capables par le truchement d’ententes illicites à produire l’effet contraire. Il faut donc que les marchés qui auront sans nul doute subi une cure d’amaigrissement salutaire, acceptent que les politiques règlementent de façon sérieuse et efficace les flux financiers de la planète pour que la seule spéculation autorisée ne soit basée que sur le travail et la création de richesses effectives. La catastrophe de Tchernobyl a montré au monde les dangers du nucléaire pourtant indispensable, la déroute financière que nous sommes entrain de subir, doit nous convaincre d’abandonner ce système capitaliste sauvage pour lui substituer un système libre mais contrôlé et réglementé pour assurer aux entreprises et aux citoyens la protection du fruit de leur travail. Liberté n’a jamais voulu dire anarchie.    

 Francis Manaud


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