14 juillet

Cette année encore et malgré la crise, nous avons pu assister par petit écran interposé au traditionnel défilé parisien de notre armée sur les Champs Elysées. L’Inde était à l’honneur avec peut être quelque arrière pensée mercantile car il est bon de rappeler que ce pays par l’importance de sa population est un marché potentiel avec un très bon avenir.
Depuis la venue en France du colonel Kadhafi, on sent bien que nos politiques veulent attirer les clients susceptibles d’empêcher à tout prix le déclin déjà fortement engagé de nos industries lourdes, déclin qui pourrait dans la foulée entraîner celui de leurs sous-traitants. Et elles avaient fière allure nos troupes dont certaines revenaient d’Afrique ou d’Afghanistan pour, nous dit-on, combattre le terrorisme religieux qui menace nos civilisations avancées et reléguer ainsi au rang des pratiques oubliées ce que la dignité de l’homme moderne se refuse de cautionner. Pas sûr pourtant que nos armées aussi sophistiquées soient-elles, viennent facilement à bout des siècles d’expérience passés par des hommes accrochés à leurs certitudes et à leur traditions aussi bien qu’à leurs montagnes. Et pourtant qu’ils étaient beaux et fiers nos soldats juchés dans un garde à vous impeccable au commande d’engins flambant neufs, dont on nous dit pourtant à tort ou à raison que leur nombre en ordre de marche ne serait pas aussi nombreux que l’on pourrait le croire. Peu importe, l’important n’est-il pas quelque fois de faire semblant. Et puis désormais l’Europe est pacifique et l’on peut compter sur l’Otan pour nous défendre au cas où ?

Trois cents ans plus tard, rien ou pas grand-chose n’a changé

D’ailleurs on se demande bien pourquoi l’on continue à fabriquer des chars Leclerc dont personne ne veut, pas plus que des avions Rafale si ce n’est justement pour les voir parader et montrer au peuple émerveillé ce que l’on est capable de faire et qui ne sert à rien, si ce n’est à conserver notre rang mondial dans la fabrique d’armement. Et à ce propos on ne peut s’empêcher de se souvenir du Président Mitterrand fraîchement élu qui avait fait démonter les systèmes d’arme des avions présentés à l’époque au salon du Bourget. Quel symbole mais quelle stupidité de voir des avions de combat transformés en jouets de parade. Il faut bien que jeunesse se passe !
Avec tout cela, n’a-t-on pas oublié ce que représente réellement pour le peuple le 14 juillet ? C’est avant tout une libération : celle de l’oppression et de l’arbitraire d’une partie du peuple sur une autre partie, oppression et arbitraire devenus à un tel point insupportables qu’il a fallu s’en affranchir par la force. Alors ce 14 juillet 2009 n’est pas symbolisé par nos soldats qui défilent mais par des voitures qui brûlent, des magasins que l’on saccage ou encore des bouteilles de gaz que l’on aligne sur les murs des usines en menaçant de les faire sauter. Trois cents ans plus tard, rien ou pas grand-chose n’a changé. Les dominants dominent pendant que les autres continuent à galérer. On a changé les noms, les hommes sont restés les mêmes. Attention, ne dit-on pas que l’histoire est un perpétuel recommencement, et les bals ou les feux d’artifice ne sauraient longtemps encore amuser ou abuser le peuple.

Francis Manaud

 



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