Travail interdit ou travail libre ?

Il y a quelques jours, un supermarché de bricolage s’est vu condamné pour oser ouvrir le dimanche. Plus largement, la question de l’ouverture des magasins et du travail le dimanche fait souvent les unes locales comme nationales. Le dimanche serait-il sacré des dieux syndicaux pour que travailler soit ainsi «illégal» ? Les anticléricaux auraient-ils inscrit dans les saintes écritures l’interdiction du travail dominical et que travailler pour soi-même (bricoler donc !) impose des achats faits la veille ?

C’est oublier que de nombreuses professions travaillent habituellement le dimanche sans qu’on n’y pense : les boulangers et pâtissiers, les stations-service, les péages, les hôtels et restaurants, les transports, les medias, le téléphone et les moyens de communication, les astreintes dans de nombreuses industries etc. sans oublier certains services publics.

La situation est donc fort simple. Des gens, qui pour beaucoup travaillent en semaine, bricolent et souhaitent pouvoir utiliser leur temps «libre» à des achats. En face, des entrepreneurs et des salariés estiment qu’ils peuvent répondre à cette demande en ouvrant leurs magasins. Exactement ce que font les professions listées ci-dessus. Où est le problème ?

Les syndicats, bien sûr, nous avanceront que ce n’est pas si simple, ni l’exacte vérité. Qu’en réalité, les pauvres salariés du magasin ne veulent pas travailler le dimanche, qu’ils y sont forcés, et donc exploités. Ah ces sales patrons ! Pire, imaginez que si tout le monde travaille le dimanche, il n’y aura plus personne pour aller acheter dans les magasins… Incompétence ou mauvaise foi ?

Si les syndicats étaient compétents et de bonne foi, ils aideraient plutôt les salariés à connaître et promouvoir leur valeur sur leur marché. Mais nos franchouillards marxistes préfèrent faire croire que les patrons sont des exploiteurs. Or un salarié qui signe un contrat n’est jamais en position d’exploité : s’il n’est pas content de ses conditions de travail, de son salaire, de ses horaires, il peut négocier ou quitter l’entreprise, librement. Où est l’exploitation ?

Alors que le chômage sévit comme jamais, il est plus que regrettable que la justice condamne des gens qui ne demandent qu’à travailler pour créer de la richesse sans arrière-pensée. Osons le dire, une grande part de la misère croissante actuelle en France vient des archaïsmes et des incohérences de son rigide code du travail, dont cet événement n’est qu’un nouvel avatar. Une telle évidence de plus ne peut conduire qu’à une levée de boucliers : ce qu’il faut protéger, c’est la liberté individuelle de travailler et non l’arbitraire d’idées ou de systèmes collectifs hors des réalités.

Pour sortir de l’impasse, le travail doit être libéré, pour laisser pousser des centaines de magasins ouverts qui le dimanche, qui le soir, qui les jours fériés. Les emplois réapparaîtraient, non pas par un miracle dominical, mais par le dynamisme du marché, aujourd’hui bridé. Peut-être pour une courte durée. Ou peut-être pas. Mais toujours plus qu’aujourd’hui.

Le code du travail suisse se lit le temps d’un Paris-Lausanne : les salariés suisses sont-ils des esclaves pour autant ? 750 000 emplois détruits en France en dix ans, 500 000 créés en Suisse… Cherchez l’erreur ! Ce procès du travail dominical est donc idéologique et illogique. Il est le symbole d’une classe politique et syndicale dont l’incompétence économique et la malhonnêteté intellectuelle ont accouché de monstres bureaucratiques dont ce code du travail est un fleuron scandaleux. Mais la liberté veille et saura bientôt y remettre de l’ordre.

 

Patrick Aubin



4 COMMENTAIRES SUR Travail interdit ou travail libre ?

  1. Ch. Romain dit :

    “Un salarié qui signe un contrat n’est jamais en position d’exploité : s’il n’est pas content de ses conditions de travail, de son salaire, de ses horaires, il peut négocier ou quitter l’entreprise, librement. Où est l’exploitation ?” écrit M. Aubin. L’amusant est qu’à la ligne suivante, il répond lui-même à sa propre question en écrivant : “Alors que le chômage sévit comme jamais…”

    Eh oui, le chômage sévit… M. Aubin peut-il faire un léger effort d’imagination et se dire que, parfois, un salarié peut se trouver amener à accepter les pires conditions de travail plutôt que de perdre son emploi ? Que “quitter l’entreprise librement” n’est justement une liberté que lorsqu’il y a des chances raisonnables de trouver un autre emploi dans un délai pas trop long ? Surtout que, rappelons-le, M. Aubin est un ennemi juré des assurances-chômage et de tout ce qui ressemble de près ou de loin à la solidarité sociale ; de sorte qu’avec lui le chômeur n’aura pour survivre que ses propres économies…

    Et puis, poursuivons jusqu’au bout le raisonnement de M. Aubin : il y a des familles où un ou deux salaires supplémentaires seraient les bienvenus. Pourquoi alors cette absurde interdiction du travail des enfants ? Rétablissons-le vite ; autorisons garçons et filles à travailler dès l’âge de six ou sept ans, voire avant. Soyons progressistes, que diable ! Et n’oublions surtout pas que les enfants qui signeront un contrat de travail pour coudre des chaussures ou mettre en barquette des pots de moutarde le feront en toute liberté !

  2. Patrick Aubin dit :

    M. Ch. Romain,

    Votre pensée socialiste vous empêche de penser la société différemment que dans des rapports de conflits. L’expression de votre texte en est le reflet.

    Oui je répond à la question mais vous occulter de donner la bonne raison : celle du titre… le travail en France est interdit par la force des choses !

    “un salarié peut se trouver amener à accepter les pires conditions de travail plutôt que de perdre son emploi” : le cliché par excellence… est-cela réalité pour tout le monde ? Cela justifie-t-il de mettre des barrières, sous prétexte de moralité de quelques cas, tue la majorité des cas. Car en libérant le travail, les demandes seront plus nombreuses que les offres, et les cas de travail forcé sous prétexte de ne plus en trouver, se réduiront.

    Le plus bel exemple est celui de la Chine. De l’époque de Mao jusqu’au début des années 90, la quasi-totalité de la population était sous le joug du parti communiste : je n’ose reprendre votre phrase : “pires conditions de travail plutôt que de perdre son emploi”. Là ils avaient même pas le choix de leur emploi : “pire que pire”. Citez-nous un seul régime de la nature dont vous vous faites l’apôtre qui a réussi sur une période de 4 générations (pour prouver qu’il est “durable”) ?

    Avec la libération économique (malheureusement, la libéralisation politique en est encore très loin), des millions de chinois ont vu leur niveau de vie progressé.

    Quelque soit les peuples, seul la libéralisation de la société permet le développement. Oui avec des inégalités, mais la nature est inégale, et il faut l’accepter ainsi. L’accroissement naturelle des richesses profite toujours à tout le monde et la concurrence dans tous les domaines, y inclus dans les gouvernements, est une obligation, si nous voulons une société juste. Tout les systèmes qui mettent des monopoles en place(dont le français) , finissent toujours par être balayés en raison de la corruption qu’elle entraine.

    • Patrick Aubin dit :

      M. CH ROMAIN,

      Pour le travail des enfants, la Chine là-aussi vous apporte la réponse : c’est sous des régimes collectivistes que le travail des enfants existait. Plus les sociétés se libéralisent et moins il est accepté le travail des enfants. Il en a d’ailleurs été de même en France. Votre caricature des contrats libres et volontaires vous discrédite et est un très mauvais argument et ne demande pas plus de commentaires…

  3. Patrick Aubin dit :

    M. Ch. ROMAIN,

    non je ne suis pas un ennemi-juré “DES” assurances-chômage comme vous le prétendez… mais un ennemi-juré DE L’assurance-chômage à la française qui est un système de PONZI qui fait courir le système économique à sa perte.

    Je suis pour un système libre et volontaire d’assurance-chômage que chaque syndicat propose à leurs syndiqués… car je suis pour que le salarié reçoive son salaire complet, c’est à dire le net augmenté des charges patronales et salariales et choisisse librement ce qui lui convient le mieux en terme de système de solidarité. Les assurances auto sont bien obligatoires non ? C’est bien un système de solidarité, non ? Chacun choisit librement en fonction aussi de son intérêt, non ?

    Il en est de même pour les assurances chômage : laissez les syndicats défendre au mieux les salariés sur le plan collectif tout en laissant le salarié savoir ce qui est bon pour lui !!!

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