“Vae Victis”

Malheur aux vaincus… Comme un principe cynique qu’avait su inventer en son temps un certain chef barbare romain du nom de Brennus*. Et ce week-end nous en aura offert deux exemples pertinents avec en Coupe du Monde de Rugby, un Pays de Galles que les Dieux du stade ont oublié face à des français pour une fois chanceux. Mais qui s’en plaindrait surtout si l’on croit, comme moi, qu’ils seront justement Champions du Monde. Car face aux All Blacks, ils n’ont rien à perdre et sont souvent la bête noire des hommes au Hakka…
Et puis, il y a surtout une Martine Aubry qui vient de prendre une belle gifle en s’inclinant avec près de 14 % d’écart face à son challenger François Hollande. Et pourquoi ne pas mettre dans les perdants du week-end le maire de Toulouse qui avait fait de la patronne du PS sa favorite ? Comme d’ailleurs les Verts qui avec leur Eva Joly avaient fait de même… Si on ajoute à ce tableau quelques électeurs de droite qui sont allés voter, histoire de prendre l’air, et de faire dispersion en choisissant le candidat idéal qu’aura plaisir à rencontrer un certain Nicolas Sarkozy… On peut penser que demain le PS pourra se mordre les doigts d’avoir inventé la machine à perdre qu’ils ont baptisé “Primaires”. Oui, en 2012, malheur aux vaincus car, pour le PS comme pour l’UMP, l’implosion pourra être au rendez-vous…

Oui, malheur aux vaincus…

Comme une marche des peuples qui s’inscrit ainsi et depuis la nuit des temps… Un premier adage en signe de puissance que l’Homme a fait sien et qui, au fil des siècles ne sera jamais démenti. Car hier comme aujourd’hui, l’intérêt du plus fort prime encore et toujours plus sur celui du plus faible. Il faut en prendre son parti et se ranger du côté où penche la balance, dira l’opportuniste. Sauf qu’ici ou là et sur toutes les latitudes, le principe d’injustice révèle les mêmes recettes et entraîne surtout les mêmes effets.
Ici, en France, on n’est pas plus épargné qu’ailleurs. Hier, les plus faibles, les plus démunis, les oubliés de la Nation avaient un espoir : Voter à Gauche. Sauf que la Gauche, on l’a expérimentée sous l’ère Mitterrandienne ainsi qu’avec Lionel Jospin… Et si d’aventure demain, le leurre Hollande fonctionnait, cela ne changerait rien. Car si durant ces périodes où la gauche était au pouvoir, les têtes d’affiche du PS ont vu leurs situations personnelles s’embellir, pour le français lambda qu’en a-t-il vraiment été ? La démagogie avec les 35h, la retraite à 60 ans, mais surtout une baisse du pouvoir d’achat de plus de 25 % que l’on subit toujours plus et dont personne ne par-le. A titre d’exemple, les mêmes vont critiquer la baisse, voulue par la Droite, des effectifs dans la fonction publique. Mais aucun ne dira que le personnel restant, qui le plus souvent vote à gauche, aura accepté en silence le deal de la contrepartie : se partager 60 % des salaires de celles et ceux qui sont partis à la retraite et n’ont pas été remplacés. Des “combinazzionne” typiquement françaises que les “bobos” de gauche, aux salaires comme aux conditions de travail garantis, oublient de révéler à l’opinion publique…

Comment nourrir l’Espoir de tout changer…

En France, comme ailleurs dans le monde, ce qui man-que en priorité, c’est la con-fiance en demain. C’est ce rêve d’avance à partager qui ne vient pas. Ici, sans le rétablissement d’un minimum de confiance envers ce gouvernement, rien n’avancera. D’autant si, d’entrée de jeu, l’on sait pertinemment que n’importe quel projet de relance ne verra pas d’effets bénéfiques avant fin 2014 voire plutôt 2017…
Non, on ne crée pas la confiance, comme la croissance d’ailleurs, par des effets d’annonces aussi crédibles soient-ils.
Aujourd’hui, le Premier Ministre veut nous embarquer dans un grand plan de relance de l’économie française. Et il a raison… Sauf que comme toujours, on a l’impression que ce sont les gros-ses locomotives qui sont con- cernées, respectées, excusées de leurs carences. Mais alors quid du devenir des PME-PMI, des Artisans, des petits Commerçants, pourtant considérés par leurs performances économiques et sociales comme le moteur, l’oxygène de ce pays ?
Un discours, des prises de décisions qui, à titre d’exemple sont dans la Presse et à l’instar de celles prononcées voilà peu par notre Président de la République des propositions qui ne concernent que les têtes d’affiches. Entendez par là, les quotidiens nationaux et régionaux, qui dans leur stratégie économique, d’années en années, “engrangent” les déficits pour justifier les soutiens en tous genres. Et surtout, jouent de la question de la garantie de l’emploi comme d’une arme de l’absolue tranquillité. En revanche, pas une seule mesure pour soutenir les Hebdos de nos régions qui sont pourtant les forces vives en matière d’emploi, de formation, d’économie comme de première chance pour celles et ceux qui ont la passion de ces métiers de la communication…
A titre d’exemple, depuis sa création et en 12 années d’existence, au Journal Toulousain plus de 50 personnes ont eu leur première chance professionnelle et pas ailleurs… Aujourd’hui, sur tout le territoire français et même à l’étranger, ils pratiquent avec brio dans les plus grandes salles de rédaction… Ce que l’on l’oublie trop souvent de dire. Plus facile de critiquer et même de nous mettre des bâtons dans les roues, dans l’espoir de nous faire taire… Mais ils n’y arriveront pas…

Oui il faut restaurer la confiance

Il suffirait que nos dirigeants décident de quelques mesures d’équité et de justice, pour que tout un chacun se retrouve rassuré, concerné, respecté. Oui, sortir de cette crise, passe par la prise de conscience de nos erreurs passées. En faisant tous notre mea culpa, on peut se donner les moyens d’ériger quelque chose de grand et de durable : de replacer l’Homme au cœur de nos préoccupations…
Une nécessité absolue de justice entre tous les français et dans tous les domaines  qui seule, est susceptible de restaurer la confiance à tous les niveaux.
C’est avec la confiance que seront libérées les énergies nouvelles. C’est avec la con-fiance que seront éliminés les démons de la division, de la suspicion voire même de la compétition à outrance. Nos intérêts sont communs et même solidaires. N’en déplaise aux statisticiens en tous genres, nous sommes tous inscrits dans une chaîne d’union infinie où le maillon le plus faible en fait la seule force : Ne l’oublions pas. Voyez l’exemple tunisien, avec un marchand ambulant qui par son geste extrême a fait basculer le pouvoir. Qui aurait pu le prévoir ?
Aujourd’hui, même ici, dans l’Hexagone, on est proche du chaos. Un chaos qui ne dit pas son nom et qui respire même des relents d’anarchisme déguisé. Il conforterait une sorte de jungle où les plus forts sont appelés à pérenniser leur règne et les “indignés” à mourir à petit feu sous le poids de l’indifférence totale. C’est ce qui se passe aujourd’hui, dans les rues de Toulouse… Arrêtons de nous voiler la face ! Voyons ce qui se passe ailleurs dans le monde !
Il suffit pour s’en convaincre de circuler à pied dans nos villes et même nos campagnes, jadis protégées. D’engager la conversation, d’aller au-delà des réserves de principe, d’échanger, de parler un peu avec nos concitoyens pour comprendre que derrière leur accueil chaleureux, leur sourire de façade, se cache la plus grande des détresses, un aveu d’impuissance.

Oui, nous en sommes tous là…

Face à tant d’injustice et tant de passe-droits injustifiés, il n’est pas dit que demain nous, les “raisonnables”, nous ne prenions pas la décision de descendre dans la rue et de demander des comptes…  
De relever quelque soit le domaine abordé les différences de traitement, de considération, entre les français.
Attention un grand danger nous guette…

* A propos du fameux Brennus … Ce dernier, après avoir pillé Rome en 390 avant J.C. et assiégé, sans succès à cause d’une sombre histoire d’oies, ce qu’il restait de ses habitants réfugiés sur le Capitole.  rennus, chef de l’expédition des Sénons, accepta de lever le siège en échange d’un tribut de mille livres d’or. Constatant que les poids gaulois étaient faux (déjà), les Romains vinrent s’en plaindre à Brennus ? Ce dernier, pressé d’en finir et pour toute réponse ajouta son épée et son baudrier dans la balance en s’écriant “Vae Victis”



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