Un pour Tous… Tous pour Un ?

Ou la prise de conscience inéluctable que l’on ne peut plus gagner seul et au détriment des autres, comme première leçon d’économie que nos dirigeants devront obligatoirement reconnaître, s’ils veulent enfin accepter ce que l’histoire de la crise mondiale vient de leur donner à méditer… Oui, les différentes crises de défiance, de la part des marchés financiers, que viennent de vivre notamment les pays de la zone Euro démontrent que désormais les pays, quels qu’ils soient, la Chine en tête, devront plus que jamais compter sur les autres pays s’ils veulent s’en sortir.

Ce n’est pas un hasard, si le sommet du G20 qui vient de se terminer à Cannes et qui a permis à notre Président de la République Nicolas Sarkozy de sortir renforcé dans sa position de Chef d’Etat, semble pour une fois être considéré par tous les observateurs et quelques soient les domaines abordés comme un événement historique crédible. Car pour la première fois depuis le début de la crise de la dette, les leaders mondiaux sont parvenus à de véritables accords. Pas aux pantalonnades d’hier qui voulaient qu’ils soient quasiment pris en défaut dès le lundi suivant la fin de chaque sommet annoncé partout comme “historique”. Même pas le temps de permettre aux banques de s’émoustiller, de s’enthousiasmer pour ce qui ressemblait plus à un exercice de créativité financière d’une banque d’affaires qu’à une décision de gouvernants animés par une vision politique. Des leaders politiques confrontés aussi et surtout à la perplexité des “Peuples” devant la liste plutôt technique qui constitue ce que l’on appelle hâtivement “un plan de sauvetage”, de la Grèce, de l’Italie et d’autres, mais aussi avouons-le de l’Europe des 27.

Maastricht

Avec cette question ultime de savoir ce que sont devenues les bonnes intentions dictées lors de la signature du Traité de Maastricht ? Pourquoi aucun pays n’a-t-il vraiment respecté le fait que la dette se limiterait obligatoirement à 66 % du PIB du pays concerné ? Pourtant les Peuples d’Europe n’ont pas voté favorablement pour autre chose ?
Alors c’est l’occasion une fois de plus de rappeler à nos chers élus ce que signifie justement, au sens premier du terme, le mot “Politique” : “Protéger la cité”… Et dans ce domaine comme dans d’autres, ils ont particulièrement failli. Il ne sert à rien de se renvoyer à la figure les responsabilités, car ils sont tous coupables de ces errances. Oui, vingt ans après Maastricht – le Marché et la Monnaie Unique qui devaient nous faire converger vers une véritable Europe politique et de fait imposer la vertu budgétaire et plus de responsabilité – nous voilà donc engagés dans la voie, longue et douloureuse de la résolution partielle des deux premiers problèmes européens que sont la dette et la recherche d’un équilibre budgétaire. Avec l’obligation d’imposer la rigueur tout en suscitant la relance de la consommation et donc de la croissance. Tout pour éviter que l’Europe ne s’enfonce définitivement dans une croissance molle frisant la récession, ce qui aurait pour conséquence inéluctable que même avec des programmes courageux d’austérité, comme ceux imposés par l’Allemagne, les déficits ne pourraient pas reculer. Après la Grèce, il faudrait alors et dans quelques mois renégocier la dette d’autres pays, l’Italie, l’Espagne. Et pourquoi pas la France ?

Merci l’Euro…

Quant à ceux qui, envers et contre tous et sans raison objective, étaient contre l’Euro, qu’ils sachent que sans la monnaie unique, nous en serions probablement aujourd’hui à une troisième guerre mondiale.
Plus, si comme l’aurait dit Napoléon Bonaparte, «L’argent n’auraient pas de patrie ; les financiers n’auraient pas de patriotisme et encore moins de décence ; leur unique objectif restant, d’après la rumeur, l’appât du gain.», il semblerait que sous le ciel de Cannes, les pays qui composent le G20, en soient arrivés enfin à la seule conclusion possible et admissible pour que les Peuples du monde entier puis-sent vivre décemment, du fruit de leur travail, en paix et en sécurité. Que désormais ce serait “Un pour Tous et Tous pour Un…“ ; qu’il serait d’autant plus difficile de s’enrichir en spéculant sur la faillite de l’Autre, car tous liés dans un même destin. Que nos leaders politiques, droite et gauche confondues, ne pourraient plus nous rouler dans la farine. Que l’indécence de certains a des limites et nous impose de leur rappeler tout simplement leur cynisme, qui voudrait les voir nous faire en permanence la morale alors qu’ils ont considérablement augmenté la dette européenne et particulièrement française et uniquement au profit des banques et d’eux-mêmes.

Dette… Déficit… Croissance…

L’Europe et la France sont confrontées à un triple problème : celui de résoudre le plus rapidement possible la crise de la dette, d’arrêter puis d’absorber dans le temps les déficits et surtout, pour avoir une chance de gagner, de tout faire pour relancer la CROISSANCE.  
Oui, aujourd’hui la première problématique européenne n’est pas vraiment sa dette, mais surtout sa panne de croissance. Et comme dans ce domaine il n’existe pas de recettes miracles, qu’elles ne se décrètent pas mais se révèlent peu à peu dans le temps et avant tout par la confiance accordée aux pouvoirs en place, on a aura vite compris que le chemin sera long, dur et imprévisible, notamment chez nous en France… Particulièrement du fait que nous entrons dans une période électorale des plus instables, où il n’est pas certain qu’elle animera le débat de fond dans les six mois à venir. D’autant qu’il sera bien difficile de susciter la croissance dans un pays qui par nature bride de fait toutes les énergies ? Où l’on stigmatise les petits entrepreneurs mais où l’on protègera a contrario et avec indécence les grands patrons. On fera, pour soigner sa communication, tout pour sauver de la faillite les 100 employés, ultra syndiqués, de telle ou telle entreprise, mais on ne se sentira en rien concernés par tous ces milliers d’emplois qui chaque jour disparaissent dans nos Tribunaux de Commerces. Car on n’aura pas su ou voulu écouter un petit entrepreneur qui va, dans l’indifférence générale engloutir tous ses rêves et le plus souvent même le patrimoine familial. Pourtant ce sont les TPE et les PME qui sont, on le sait, les seuls vecteurs de croissance possibles pour l’avenir. Mais ici en terre de Liberté, d’Egalité et soi-disant de Fraternité, ils sont abandonnés par les banques et harcelés en permanence par nos administrations. Et puis quel avenir radieux peut-il être promis à un pays où d’un côté dès 20 ans, une grande partie de sa jeunesse pense déjà à sa retraite et de l’autre, où l’on va culpabiliser celui qui rêvera de gagner demain plus de 4.000 euros par mois. Mais surtout quel avenir pourrait avoir un pays dans lequel les intérêts particuliers et les querelles de pouvoir sont au-dessus de l’intérêt général ? Il va falloir que la France montre qu’elle est capable de trouver un nouveau “business model” de croissance. Pas un modèle de repli comme l’est la décroissance ou serait la “dé-mondialisation” extrême, car incontrôlable. Mais plutôt nous faire rêver en lançant les bases d’un nouveau modèle de société, plus responsable, plus transparent et plus porteurs d’espoirs pérennes où chacun quelque soit sa condition sociale première, sa position dans la société trouverait matière à exister et à se sentir indispensable à participer au renouveau de son pays.  

Nouveau modèle de société à inventer

Il y a près de vingt-cinq ans dans une célèbre interview, Margaret Thatcher avait dit «La société, ça n’existe pas», «There is no such thing as society». Pour signifier qu’il n’y a que des individus et des familles, la notion de “société” étant pour elle une pure abstraction philosophique voire politique. On sait où cela a mené son pays ; les théories du repli sur soi ayant montré leurs limites.
La présidence française du G20 a démontré qu’il n’en était rien et qu’il fallait toujours s’ouvrir à l’Autre et se sentir toujours plus solidaire de son destin. Dès 2010, la France a fait le pari qu’il était possible de mieux maîtriser la mondialisation en annonçant ses priorités avec la réforme financière, la lutte contre les paradis fiscaux, le développement et le lancement de nouveaux chantiers ambitieux comme la réforme du Système monétaire international, la régularisation des marchés de produits agricoles et des matières premières, mais aussi de poser les bases d’un fonctionnement plus efficace et plus légitime de la procédure G20. La présidence française a agi avec adresse et tact et aujourd’hui, il faut simplement savoir le reconnaître. N’en déplaise au candidat socialiste à la présidentielle, celui que la presse, présente au G20 de Cannes, a baptisé “Baby Hollande”. Celui-là même qui a du mal à avouer qu’il a des revenus supérieurs à 30.000 €/mois, sans n’avoir jamais risqué le moindre centime pour créer un emploi. Que comme bon nombre de ses soutiens, il est inscrit à l’ISF. Alors comme représentant légitime des masses populaires françaises, il y a mieux et plus crédible.



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