Un pas vers les étoiles

Francis Manaud

Lors de la disparition de grandes vedettes, on a l’habitude d’assister à des débauches de cris et de pleurs, tandis que des montagnes de fleurs viennent témoigner de la détresse de leurs fans.

Combien de temps encore leur souvenir durera-t-il pour les générations futures ? Vingt ans, cinquante ans peut-être jusqu’au jour où ceux qui les auront connus seront de moins en moins nombreux pour enfin cesser d’être et ne laisser la place qu’à de vagues enregistrements ou à des copies de films qui n’intéresseront plus personne. Niel Armstrong vient de mourir. Certes le monde entier a accueilli son départ avec tristesse. Les journaux télévisés en ont profité pour agrémenter leur une entre les universités d’été du parti socialiste et le rassemblement des amis de Nicolas Sarkozy. Rien de comparable, et pourtant ainsi va le monde qui ne sait plus faire la différence entre un exploit incomparable et de vulgaires affaires sans importance. Niel Armstrong, premier homme à avoir posé un pied sur la lune et sur un astre que des milliards d’hommes avant lui contemplaient le soir avec l’envie un jour de l’atteindre. Quelle aventure qui n’a de comparable que celle de Christophe Colomb, parti un jour vers l’inconnu d’un monde que l’on pouvait penser sans retour. En allant sur la lune, les astronautes n’allaient pas vers l’inconnu, cela faisait bien longtemps que les astronomes l’observaient au travers de leurs lunettes, sans parler des petits robots qui la photographiaient pour nous. Quant à l’atteindre et en revenir, cela était un autre défi, celui de milliers de cerveaux qui n’avaient qu’un seul but, celui de «décrocher la lune»

 

Un sauveur de l’humanité

 

Armstrong l’avait bien compris en devenant le symbole non pas d’un seul homme mais celui de la volonté de tout un groupe d’hommes à parvenir à franchir une étape vers la conquête de l’univers. Car bien sûr ce petit pas sur la lune c’est aussi la victoire de l’esprit sur la nature, le premier pas vers un univers dont la découverte et la conquête sont indispensables à la survie de notre espèce. Tout ce qui naît doit mourir. Seul le terme nous est inconnu et tout doit être fait pour nous préparer à assumer la fin de notre terre. Elle sera naturelle ou provoquée par la folie des hommes devenus apprentis sorciers. L’univers n’est ni plus ni moins qu’une succession de petits cailloux qui doivent nous servir en sautant de l’un à l’autre à découvrir un monde capable de nous accueillir tels que nous sommes, pour que se perpétue la vie que la nature nous a donnée et que nous avons le devoir de prolonger aussi longtemps que notre savoir et notre imagination sauront vaincre l’adversité. Armstrong, a été le premier extra-terrestre à nous contempler et à comprendre que l’avenir de l’homme était ailleurs, même si pour lui aujourd’hui il repose sur le sol qui l’a vu naître. En partant, il savait que le retour était incertain, mais il savait aussi que quoiqu’il arrive, son expérience servirait à une avancée indispensable. Il n’y aura pas eu de pleurs, pas des monceaux de fleurs ni de cris hystériques comme pour le dernier artiste à la mode mais il y a fort à parier que dans des siècles encore, son nom sera conservé comme celui par qui l’avenir de l’homme a pu se réaliser et ne jamais connaître de fin. Nous venons de perdre un sauveur de l’humanité.

 

Francis Manaud



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