Un mois de juin de tous les dangers…

Mise en cause des 35 heures, fonctionnaires en colères, personnels des impôts inquiets sur leur avenir, les retraites, les routiers, les marins pêcheurs ; oui, le mois de juin s’annonce tendu sur le front social.
Ainsi, après un mois de mai agité, ce mois-ci est annoncé, comme le plus chaud de la décennie. C’est la grève des fonctionnaires qui ce jeudi 12 juin lancera les hostilités, suivie de la journée d’actions générales du 17 juin sur les retraites et les 35h, sans oublier la mobilisation des cheminots. Oui en juin ou ça passe ou ça casse…
Il est vrai que le gouvernement a donné du grain à moudre aux syndicats qui n’en attendaient pas tant pour briller. Et les voilà même dispersés sur tous les fronts, avec la remise en cause des fameuses 35 heures, comme de l’allongement de la durée des cotisations retraites, voire la suppression d’emplois dans la fonction publique, ou la réforme du fret SNCF etc… Oui, le ministre du Travail Xavier Bertrand en fin stratège semble avoir pris pour tactique de fixer la défense adverse sur toute la largeur du terrain des hostilités, pour garder la maîtrise du jeu et à la moindre opportunité prendre l’avantage. Ce dernier répétait même, à qui voulait l’entendre, qu’il «assumait sa décision d’outrepasser la position commune sur la représentativité syndicale» récemment signée par les deux syndicats, CGT et CFDT, avec le patronat, pour procéder à cette fameuse modification. Rappelant même que si le gouvernement entendait «aller plus loin dans l’assouplissement des 35 heures, c’est que l’économie française en avait immensément besoin»… Mais c’est oublier que ce dont les entreprises ont le plus besoin c’est surtout d’une baisse des charges sociales qui représentent, un record en Europe, + 75 % du salaire. Ce qui rend, la plupart des entreprises de l’Hexagone, de moins en moins compétitives et force à n’accorder à leurs employés que des salaires de misère qui dans bien des professions n’ont pas bougé depuis plus de 10 ans… Oui, la seule et vraie conséquence d’une baisse chronique du pouvoir d’achat c’est que, non contente d’avoir du mal à assumer son quotidien, la majorité de la France active ne sait pas ce que sera son lendemain. Aujourd’hui la vraie inquiétude n’est pas de savoir quand nous pourrons prendre notre retraite, même après 41 années de versements, mais du montant de nos émoluments à cette période cruciale de notre vie.

Ils sont incapables de poser notre avenir

Pourtant, si dans notre pays, le malaise est grand, d’autant que les motifs de mécontentement, ces derniers temps, se sont accumulés, ce n’est pas pour autant que certaines actions de protestation risquent de recevoir l’assentiment majoritaire des Français. Tant l’amertume et la colère, mais surtout les désaccords sont palpables, entre ceux qui malgré tout ont la garantie de l’emploi et les autres catégories de Français. Oui, les récentes déclarations de l’UMP, mais surtout des membres du gouvernement, notamment sur les 35 heures ont encore échauffé les esprits et provoqué une polémique dans les rangs même de la majorité.Qu’à cela ne tiennent, les Français ont compris depuis bien longtemps qu’ils détenaient eux seuls leurs destins entre leurs mains. Renvoyant dos à dos syndicats et membres du gouvernement pour penser à leur place ce qui pourrait demain changer leurs devenir. Prenant même pour bon nombre parmi eux la citation d’Henri Laborit : «Ce n’est pas l’utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est seulement le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance qui est en cause».
Finalement, peut-être que le temps n’est pas si loin où cette majorité silencieuse qui fait bouillir la marmite France, ne l’oublions surtout pas, donne le signal de la révolte. Ne demande à tous ces potentats de rendre compte de leur vraie raison d’être.
Oui, juin risque d’être chaud mais pas pour ceux que l’on croit…

André-Gérôme GALLEGO
andreg@aol.com


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