Un jour, la révolution ?

Francis Manaud

La révolution de 1789 a eu pour origine la famine qui se développait dans le pays suite à une année de récolte de blé catastrophique. Alors que le peuple réclamait du pain, la noblesse insouciante continuait à vivre et à festoyer comme si de rien n’était. Rien de comparable de nos jours, sinon que les valeurs ont changé, et que si nous ne manquons pas de pain, certains d’entre nous manquent de choses devenues essentielles qui leur permettent de vivre comme tous les autres des acquis de la modernité. Lorsqu’ils se tournent vers ceux qui ont le pouvoir, ils n’ont pas de réponse à leurs demandes et à leurs angoisses, alors que les bourgeois qui ont succédé à la noblesse se comportent à l’identique en créant autour d’eux un monde de luxe et de privilèges qui contraste brutalement avec les difficultés qu’ils doivent vivre au quotidien. A la morosité ambiante viennent s’ajouter tous les obstacles qui interdisent à notre société française de jouir d’un climat d’apaisement qui permettrait aux plus démunis de vivre mieux leurs problèmes de tous les jours. Notre société de quelque côté que l’on se tourne doit affronter des obstacles avec pour les surmonter, des réformes dérisoires parfois contraires au simple bon sens, et qui en tout cas, ne sont pas faites pour rendre le climat général plus serein. L’école et les rythmes scolaires qui devraient permettre aux écoliers une ouverture plus grande vers le monde qui les attend, se heurtent au manque de moyens de la plupart des municipalités qui transforment le projet en une coquille vide. La justice qui pour les mêmes raisons budgétaires doit se résoudre à prononcer des peines qu’elle n’a plus les moyens de faire accomplir qu’en ne laissant en liberté surveillée, sans surveillance, faute encore de moyens.

 

« Le temps des sacrifices est révolu.»

 

Une police et une gendarmerie dont les effectifs manquent cruellement du matériel nécessaire pour effectuer les tâches indispensables à l’accomplissement de leur mission. Une armée qui au prétexte de techniques de pointe voit ses effectifs diminuer comme peau de chagrin au risque de ne pouvoir se projeter sur des théâtres d’opérations que dans des temps limités pour d’éphémères succès. Un monde paysan qui chaque jour voit l’un des leurs se suicider, faute de pouvoir faire face à ses engagements et assurer tout simplement la survie matérielle et quelquefois alimentaire de sa famille. Un comble pour une profession qui a vocation à assurer notre pain quotidien. Une jeunesse qui prolonge son désarroi par des études qui ne débouchent que vers des professions subalternes et qui les obligent à aller chercher dans d’autres pays la possibilité légitime de fonder une famille. Une économie avec des faillites en cascade, faute de commandes et de pouvoir d’achat. Une fiscalité débridée donc sans règles qui interdit toute vision à court ou moyen terme. Et la liste des maux qui frappent chacune et chacun d’entre nous, pourrait continuer. Le monde change mais les vieilles recettes demeurent. Un symbole vient de naître qui va en grandissant rassembler tous les mécontentements de notre société : Les bonnets rouges. Les révolutions se nourrissent de symboles, notre  société est malade de ses crises. Elle a de plus en plus besoin d’une saignée salutaire qui mette à bas des privilèges trop voyants. Alors, aujourd’hui, demain mais sans faute bientôt, il faut s’attendre à ce qu’une marée de bonnets rouges vienne dire à ceux qui nous gouvernent : « Le temps des sacrifices est révolu.»

 

Francis Manaud

 



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