Toulouse 2013; La belle désillusion…

… Mais pas vraiment une surprise.
Non, pas vraiment une surprise car voilà plus de 10 ans que Toulouse n’a rien d’une grande capitale. Voilà plus de 10 ans qu’elle a perdu son âme, ses couleurs, ses ambitions, la catastrophe d’AZF venant seulement rappeler qu’elle avait aussi perdu de son invincibilité, trop longtemps ancré dans notre imaginaire.
Trop longtemps cru aussi, qu’il suffisait de se glorifier des exploits d’Airbus pour se concocter une belle place au soleil. Sauf que la ville est triste, sale, désorganisée. Pas le moindre cercle de qualité et surtout l’impression que tout se décide en comité restreint, autour des mêmes acteurs… Et en six mois, au-delà des contingences de géopolitique qui ont favorisé la ville de Marseille, l’équipe autour de Pierre Cohen, ne pouvait inverser la tendance.
Oui, la ville de Toulouse pouvait-elle tout au plus concurrencer des villes comme Nice, Strasbourg, Saint-Etienne et Amiens. Elles aussi, villes candidates au titre suprême et écartées, comme de logique, de la première sélection.
Oui Toulouse n’a rien d’une capitale de premier plan capable de concurrencer des villes comme Bordeaux qui présentait le meilleur projet ou Lyon, même pas le TGV.
Marseille sur le plan de la géopolitique représentait le meilleur joker pour conforter justement la politique de notre Président de la République, des deux côtés de la Méditerranée. Oui Marseille, ville symbole de la multi-culturalité, passerelle incontournable pour mieux appréhender et développer les relations entre l’Europe et les pays de la Méditerranée était de ce point de vue la meilleure candidature.
Aujourd’hui, arrêtons de nous voiler la face, les grandes questions culturelles et économiques qui se posent à l’Europe sont des questions très méditerranéennes. Avec l’émigration, les conflits entre les cultures, entre les religions, les rapports hommes-femmes, l’avenir des ressources naturelles, sont les sujets sensibles du moment…
Oui, pour asseoir demain sa place dans cette partie stratégique du globe, préparer l’avenir Euro-Méditerranéen, la France avait besoin de mettre en avant sa capitale multiculturelle : Marseille… Sans oublier que l’autre dimension de ce succès se trouve aussi et sûrement dans l’association Marseille-Provence. Car, à l’inverse de Toulouse, la cité phocéenne a su fédérer les ambitions en s’appuyant sur les intercommunalités d’Aix-en-Provence, Arles, Salon-de-Provence, Martigues, Aubagne et Toulon, soit au total 2,2 millions d’habitants concernés pour préparer 74 projets d’expositions, de spectacles, de commandes artistiques, de colloques et d’ateliers.

Quant à Toulouse ?

Pour mériter de gérer les 100 millions d’euros de budget du comité d’organisation, l’équipe de Toulouse-2013 voulait faire la démonstration qu’elle était portée par un bel élan populaire. Sauf que là comme ailleurs on a surtout vu les mêmes s’agiter, les chasseurs de subventions, les “m’as-tu vus” et autres pseudo culturels qui depuis des années défendent jalousement leurs petits fonds de commerces. On partait battus…
Alors, dans ces conditions, pas surprenant, même si l’objectif aurait dû mettre d’accord tous les acteurs, qu’Olivier Poivre d’Arvor, pourtant le porteur du projet ne déclare en mars dernier, un comble : il semble manquer à Toulouse un brin d’originalité dans sa candidature au titre de Capitale européenne de la culture en 2013 pour espérer sortir de sa position de challenger…
Pourtant cela valait le coup de se motiver autour de ce projet dont les retombées économiques sont estimées dans le temps à plus 6 milliards d’euros. Une manne financière à laquelle on se doit d’ajouter le financement de toutes les infrastructures et équipements nécessaires et indispensables à porter le défi.
Reste qu’aujourd’hui, les Toulousains, une région entière ont un temps rêvé. Alors, il ne faudra pas les décevoir et tout faire pour respecter dans le temps le challenge de Capitale Européenne des ambitions retrouvées.

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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