Sommes-nous manipulés ?

Oui, sommes-nous en permanence manipulés par toute cette actualité qui d’un jour à l’autre nous offre un visage toujours plus alarmant. Au point que le plus grand nombre, parmi nous et quel-que soit le domaine abordé, a toujours plus la crainte de faire le pas de trop, le pas fatal, celui qui entraîne le dérapage, la condamnation.
Alors doit-on pour autant porter crédit à toutes ces histoires de “dégringolade” des bourses mondiales, de la ruine qui frapperait tel ou tel Etat, voire même les plus puissants ? Et surtout de leurs conséquences sur notre quotidien qui se voudrait d’un seul coup d’un seul limité à sa plus simple expression : tais-toi et fais ce qu’on te dit ?
D’autant plus surprenant que quand ces mêmes bourses et leurs adeptes s’engraissaient sur notre dos, nul ne nous a invités, un jour, à la table des réjouissances. D’où la surprise aujourd’hui de voir ceux qui jouaient hier notre sort au poker devant un ordinateur, tenter de nous convaincre que le salut pour gagner demain et surtout pour préserver leurs acquis serait de nous faire entrer dans la récession. Une manière pour eux, et sans se priver de rien, de se refaire une image et de retrouver une crédibilité de bons gestionnaires.
Alors
que pour nous c’est l’annonce d’au moins deux décennies de sacrifices
qui seront toujours supportées par les mêmes, cette majorité silencieuse
qui n’ose même pas s’indigner. Un effort drastique imposé, sans pour
autant être capables de nous garantir un meilleur devenir pour nous
comme pour nos enfants  demain.
En quelque sorte, l’encadrement qui donne la bonne illusion de
l’instant, mais ne fait pas la valeur du tableau, dirait l’artiste.

Où est la vérité ?

Sauf que cette manipulation alarmiste ne nous révèle pas toutes ses
vérités cachées. On veut nous imposer une restriction à outrance,  tout
en sachant qu’elle est le meilleur moyen de briser les ailes à toute
ambition individuelle, comme collective, de meilleur devenir. Et par
conséquent nous n’avons plus cette volonté partagée d’aller plus haut,
de croire en un autre destin, plus ce brin de folie qui fait le piment
de la vie et qui nous anime parfois, un espoir pour notre pays de
relance salvatrice.

Le courage de nos dirigeants ne devrait-il pas être au contraire dans
l’élaboration d’une stratégie économique où justement une inflation
raisonnée serait le nerf de la guerre d’une ambition retrouvée. Car elle
seule trouverait matière à redonner le sourire, “la pêche” à chacun de
nous, comme le goût d’avoir encore des rêves d’avance à partager.

Une dynamique nouvelle qui loin de prôner l’inconscience présumée nous
dira ses forces et ses limites, mais ne nous imposera pas pour autant de
regarder en permanence derrière nous mais devant. 

Oui, vivre à crédit, mais comme le commun des mortels, comme un couple
normal, celui qui sait qu’il ne pourra dépenser que ce qu’il aura gagné.
Qui sait qu’il n’aura jamais l’argent nécessaire pour acheter la
voiture au comptant et à fortiori la maison. Mais cela ne l’empêchera
pas d’aller jusqu’au bout de son rêve, certes dans le temps et à crédit.
Mais à la condition qu’il trouve en son banquier un interlocuteur qui
sait certes bien compter, mais joue aussi son rôle d’animateur, de
conseiller et surtout de financier en prenant lui aussi sa part de
risque.

Il est temps de tout remettre à plat, de comprendre qui est qui, qui
fait quoi et surtout si, en France, tout le monde est logé à la même
enseigne ; et a fortiori en Europe, si d’aventure on se doit d’honorer
les dettes de nos amis grecs ou d’autres.

Mais surtout quand on sait qu’en moins de 10 ans les hauts salaires se
sont envolés pour représenter aujourd’hui les ¾ de notre dette ; en cas
de vraie crise, on devrait savoir à qui demander les efforts…

Oui, sommes-nous manipulés ?

Pour ne pas dire abusés, en permanence par des illusionnistes dont le
rôle serait de nous faire voir le côté face de la pièce de monnaie et
non son côté pile pour vraiment nous éclairer sur l’essentiel : sa
valeur…

Oui, sommes-nous manipulés par les médias, par nos politiques, et par
tout individu ou institution comportant une parcelle de pouvoir, serait
la bonne question à se poser par ces temps d’instabilité. Et surtout
quelles sont les astuces qu’ils utilisent pour que cela marche quasi à
tous les coups ? Jouent-ils de la diversion, pour contrôler la dominante
sociale et nous détourner des enjeux majeurs et surtout des mutations
futures décidées, sans notre assentiment, par nos élites politiques,
économiques et même scientifiques?

Il y a aussi la manière subtile de créer un problème, de laisser pourrir
la situation et puis d’un seul coup de répondre favorablement aux
attentes du public, comme on le voit dans beaucoup de lois sécuritaires
ou dans le recul des droits sociaux voire même le démantèlement organisé
des services de l’Education Nationale, comme de l’Armée. Laisser faire
la monter massive du chômage pour que l’on puisse justifier de la
précarité, voire d’engager et soutenir la flexibilité comme les
délocalisations. Et surtout d’imposer à la majorité des Français des 
salaires qui n’assurent plus un niveau de vie décent capable de les
engager dans un avenir ambitieux. Alors que tous ces spécialistes de
salons savent pertinemment que la relance ne pourra passer que par une
hausse du pouvoir d’achat du plus grand nombre.

Mais surtout si dans le même temps on sait que ces mêmes élites cumulent
les fonctions et les avantages en tous genres et qu’ils ne sont pas
prêts de les revoir à la baisse, on peut facilement imaginer que l’on
n’est pas loin de l’implosion.

Attention, les Français ne sont plus dupes de rien et surtout ne sont
plus décidés à accepter des conditions socio-économiques radicalement
nouvelles comme celles imposées durant les années 1980 à 1990, et qui
annonçaient le néolibéralisme qui nous fait tant de mal aujourd’hui.



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