Sarkozy seul contre tous ?

Encore une fois, l’intelligentsia parisienne commentera à charge contre le Président de la République la perte du perchoir au Sénat. Sauf qu’il aurait fallu être particulièrement mauvais en calcul mental pour penser un seul instant que la droite avait justement une chance de garder la Présidence de cette institution. Car, est-il besoin de le rappeler, les élections au Sénat reposent sur le choix dit ”des grands électeurs”. Ces élus qui sont issus d’élections intermédiaires telles que les Municipales, les Cantonales et les Régionales. Et voilà plus de 10 ans que la Droite accumule, dans le domaine, revers sur revers pour ne pas dire plus. Force serait même de reconnaître que Jacques Chirac porterait plus de responsabilités dans ces lourdes défaites que Nicolas Sarkozy. Sauf que ce serait aussi vite oublier que comme à Toulouse, ce sont plus les divisions internes qui ont fait battre la droite que les valeurs de leurs opposants. Et puis à trop vouloir chasser en terrain adverse, pensant affaiblir l’ennemi juré, un mal bien de droite, on finit par niveler par le bas les idées comme les actions.
Le projet socialiste dans la surenchère…

Au point qu’aujourd’hui plus personne ne sait qui est qui ? Les différences entre l’UMP et le PS ne sont que dans les apparences, car dans les mêmes conditions économiques de crise que traverse la France, les Hollande, Aubry et consorts n’auraient pas mieux fait que Nicolas Sarkozy et tout le monde le sait. Notre président a d’entrée jeu pris le problème à bras-le-corps et s’est démené avec une grande énergie et, reconnaissons-le, avec beaucoup d’efficacité pour en limiter les dégâts. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les Allemands, les Anglais et même les Américains, le citent comme le leader incontesté de la lutte contre la crise. C’est plutôt flatteur, non ?
Par ailleurs, et comme l’Insee le souligne, il a réussi, dans ces conditions difficiles, à empêcher la baisse du pouvoir d’achat des Français et surtout, à préparer l’avenir. Rappelons que, dès le 22 juin 2009, il annonçait officiellement le grand emprunt devant le congrès réuni à Versailles, alors que dans le même temps, la réponse à la crise mobilisait encore la plupart des gouvernements du monde. Les poli- tiques de tous bords, lui ont même reproché d’avoir accordé des prêts aux banques, en difficultés. Sauf qu’à y regarder d’un peu plus près, on s’aperçoit que l’opération a dégagé de larges bénéfices pour le pays.

You have a dream ?

C’est bien connu, quelque soit le rêve qui nous anime, les socialistes feront tout pour nous le servir sur un plateau… Sauf que le coup de l’Etat providence, on nous l’a déjà fait, en 1981, avec un certain François Mitterrand… Ce qui fait dire aux spécialistes de la chose politique que force est de constater que ladite ”primaire socialiste” aura au moins révélé quelque chose : lorsque l’on écoute un à un ses protagonistes, l’on se rend compte que tous se démarquent du fameux projet socialiste. Pour justement l’adapter à l’aune de la crise et de ses conséquences et surtout pour ne pas être ridicule quand Nicolas Sarkozy va entrer dans l’arène pour gagner.
Ainsi, en mai dernier, tous prévoyaient une croissance de près de 3 % pour financer le program-me du PS. Sauf qu’aujourd’hui, avec la crise de la zone euro et le ralentissement général de l’économie, les mêmes avouent en coulisse comme déjà obsolètes les projections de croissance qui figurent dans le fameux projet du Parti socialiste pour 2012. Michel Sapin, le Monsieur Finances de François Hollande, rappelle même, à qui veut l’entendre et le bonhomme sait de quoi il parle… qu’en 2012, les meilleures hypothèses prévoiraient plutôt un taux de 1,7 %. Le taux de 2,5 % étant plus un objectif qu’il est proposé d’atteindre dans les années suivantes, qu’une réelle prévision. Or, ce qu’aucun ne dit, c’est que 0,1 point de croissance en moins représente en fait une diminution des recettes fiscales de l’ordre d’1 milliard d’euros. Et à tout compter, s’ils veulent vraiment appliquer leurs solutions miracles, ce ne sont pas moins de 13 milliards d’euros que les socialistes devront trouver. Mais où ?
Il n’y a pas d’arrogance ni de suffisance à appeler un chat un chat. Le problème c’est qu’au PS, à part peut-être Emmanuel Vals, l’on ne voit personne qui aurait le courage de dire aux Français la vérité sur l’Etat de la France. En 2007, alors que la cri- se n’était pas encore visible, François Fillon a eu lui le courage de dire qu’il était à la tête d’un Etat en faillite. La crise aidant, son gouvernement n’a mis en œuvre que des réformes a mini-ma. Mais pouvait-il faire autrement, puisque tant que les Français ne sont pas face au mur, on le sait, ils en demandent toujours plus ?



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