Retraites ? Où est la vérité ?…

C’est une certitude : chacun, coûte que coûte, va défendre ses positions. Il en va de sa différence sur l’échiquier politique comme syndical et donc de la valorisation de son fond de commerce.
Sauf que la réalité sur le terrain n’est pas aussi facile qu’expliquée par tous ces stratèges de salon. Passer l’âge de la retraite à 62 ans voire 65 ans, pourquoi pas ?
Sauf qu’encore une fois on aura l’impression que nos dirigeants, de droite comme de gauche auront choisi la facilité. Car au lieu de trouver les remèdes économiques qui pourraient permettre aux Français de gagner enfin le “Mieux Vivre”, alors qu’ils ont encore la force physique pour s’offrir des rêves d’avance à partager. On se sera seulement contenté d’inscrire des formules mathématiques pour endormir toute la “classe des actifs”. Nous faire le discours de la solidarité nationale, de la responsabilité envers les générations à venir pour nous imposer encore une fois de faire l’effort suprême. Sauf qu’à y regarder d’un peu plus près, on se rend compte que ce sont toujours les mêmes qui sont appelés à faire ces fameux efforts.
Car une vraie réforme des retraites, honnête, consisterait à harmoniser tous les régimes, tant sur la durée de cotisation que sur le calcul du montant de la “juste” retraite. Permettre surtout à tout actif qui aura cotisé au moins 42 ans de pouvoir enfin vivre et non pas de survivre le jour “J”. Oui, est-il normal dans un pays qui se veut hypocritement pays des droits de l’Homme, que certains se “gavent” d’avantages en tous genres, pendant que d’autres, qui n’ont pas démérité, se retrouvent en situation précaire l’heure de la retraite sonnée ? Est-il normal que bon nombre de nos élus trouvent matière à être encore en piste passés allègrement les 70 ans, tout en cumulant salaires et avantages, de retraites acquises soi-disant ailleurs ?

 


Le plafond de la Sécurité Sociale a-t-il vécu ?

On constate aussi que les précédentes réformes ont concerné le seul régime général, pendant que les bénéficiaires des régimes “protégés” conservaient eux, leurs privilèges… Naïf, je le suis certainement, mais je pense que notre gouvernement, comme ses prédécesseurs, n’aura jamais l’audace politique de remettre à plat un système où l’iniquité est aussi criarde et injuste. Surtout par ces temps de crise ou le fait d’assurer son seul quotidien devient problématique pour la majorité des retraités.
Voyez la cotisation vieillesse sur les salaires qui est de 6.65 %. Est-il normal qu’un salarié qui gagne 8.000 €/ mois ne cotisera pas plus qu’un salarié gagnant lui 2.900 €/mois ? Plus, est-il logique qu’en dessous de 2.900 €/mois la cotisation soit proportionnelle au salaire ? Plus surprenant encore, le premier nommé en n’ayant pas plus cotisé que les autres, aura pourtant une retraite bien plus confortable.
Autre tabou, le plafond de la sécurité sociale ; peut-être est-il temps aussi de le faire sauter ? Par ailleurs, n’y aurait-il pas des économies de gestion à opérer auprès de ces fameuses caisses de retraites ? A-t-on évalué le patrimoine des caisses de retraites ? Il y a sûrement pas mal d’immeubles qui ont été acquis avec les cotisations de nos anciens. Que sont-ils devenus ? J’espère aussi que nos caisses de retraites n’auront pas malencontreusement joué à la bourse… avec nos “espoirs” de retraite paisible ?
Et puis, ne serait-il pas normal que les Femmes partent plus tôt à la retraite que nous les hommes ? Soyons honnêtes, les doubles et triples journées sont pour elles, pas pour nous… Sait-on que les périodes de grossesse ne sont pas comptabilisées dans leur calcul final ?

 


Au-delà des discours de circonstances…

En vérité, ce débat sur les retraites croule sous de fausses évidences. Contrairement au refrain entonné par tous les canaux de la propagande médiatique, dont on nous assomme chaque jour, le tout empreint d’un faux air de bon sens populaire, non, l’augmentation de l’âge légal n’est pas la solution miracle pour sauver le système de retraite par répartition ? Car le taux d’employabilité des seniors est particulièrement faible, même si aujourd’hui il semble être un tantinet meilleur. La réalité c’est que moins de 50 % des seniors passent directement de l’emploi à la retraite. Le reste et avant le jour “J” fait un tour par les cases chômage, invalidité ou préretraite. Alors, reculer l’âge légal reviendrait à juste déplacer le déficit de l’assurance vieillesse vers l’assurance chômage et les autres mécanismes de solidarité.   
Aujourd’hui, la solution la plus honnête, serait de réfléchir à élargir les opportunités de financement. Oui, tôt ou tard, il faudra penser à “élargir l’assiette”, qui sert à financer la retraite par répartition, en y intégrant davantage les revenus du capital. De l’argent, il y en a ! Il suffit juste d’aller le chercher. A titre d’exemple, pourquoi taxer encore plus les classes moyennes ou les classes inférieures plutôt que les marchés ? Exemple avec les marchés des changes ou encore les marchés des devises, les lieux où les monnaies sont vendues et achetées. Il faut savoir qu’après avoir été des marchés uniquement interbancaires, ils sont depuis quelques années ouverts aux particuliers et donc aux purs spéculateurs. En 2009, ce marché a brassé, en transactions au comptant, 1 000 milliards de dollars/jour. Si on taxait ce “marché” à 0.001 %, on récupérerait plus de 1 milliard/jour rien que sur les transactions au comptant. Mais évidemment, comme on le comprend, ce serait toucher aux “jardins secrets” de nos chères banques et ces dernières ne sont pas pour… 

 


Un système de retraite par points ?

Mais peut-être serait-il temps, aussi, d’arrêter ces discussions d’un autre âge et d’envisager aujourd’hui d’appliquer un système de retraite par points. Ce qui permettrait à chacun de prendre sa retraite quand il en aurait envie et de toucher une pension qui correspondrait aux points acquis en toute connaissance de cause. Ce qui pourrait avoir pour conséquence non négligeable de permettre aussi de libérer des emplois. Et demain de permettre d’encourager des vocations individuelles qui auraient pour première conséquence de développer de nouvelles formes d’économies, de nouvelles formes de partages. De concevoir et générer un “Mieux Vivre” pérenne qui nous fait tant défaut.
Aujourd’hui, il est temps de faire des choses simples et compréhensibles par tous, sans démagogie, ni affrontement politiques qui ne sont là que pour noyer le poisson.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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