Responsabilité

Francis Manaud

Depuis quelques jours, le monde arabe est en ébullition. Non seulement celui du Maghreb mais aussi celui de toute la diaspora, que ce soit en France, aux Etats-Unis ou ailleurs. On croyait pourtant que la fin des dictatures en Tunisie, en Egypte, et en Lybie avait fait souffler un vent de liberté dans ces pays martyrisés et sous le joug. Pourtant il serait illusoire de croire que la paix et l’harmonie puissent régner désormais. Ce sont au contraire des conflits de tous ordres pour prendre le contrôle de ces pays avec la crainte qu’ils soient comme l’Iran gouvernés par des religieux. Les religions quelles qu’elles soient, sont en elles-mêmes les pires des dictateurs intransigeants et aveugles. Elles imposent au peuple leur dogme et par là-même s’opposent à toute forme de liberté. Vouloir toucher à la religion, c’est prendre le risque de s’opposer aux racines de cultures ancestrales. C’est allumer une mèche que l’on aura bien du mal à éteindre. C’est pourtant ce qu’a fait cet Américain inconscient en réalisant un film injurieux sur le prophète Mahomet sans prendre conscience des répercussions que cela pouvait entraîner dans le monde. Ce fut alors le prétexte pris par des fanatiques religieux pour enflammer un monde qui n’attendait que cela pour montrer son unité et son aversion pour les Etats-Unis qu’ils tiennent pour responsables de tous leurs maux. La lutte contre les Talibans en Afghanistan et les terroristes du 11 septembre sont autant de plaies ouvertes et de prétextes à l’insurrection.

 

De l’humour à deux sous

 

Et pourtant, ce sont bien les Etats-Unis qui ont mis fin au régime de Saddam Hussein et à ses atrocités, tandis qu’ils ont avec la France permis, en fournissant armes et moyens aériens, la mise hors état de nuire du sinistre colonel Kadhafi. Cela n’a pas empêché l’ambassadeur américain à Tripoli de trouver la mort à la suite d’émeutes provoquées par l’inconséquence de ce cinéaste profanateur de l’image du prophète. Qui plus est, la mort du diplomate aurait pu avoir des suites dramatiques si le géant américain avait considéré cet acte comme une déclaration de guerre. La raison une fois encore l’a emporté sur la bêtise et l’absurdité épidermique de fanatiques pour lesquels pourtant ce diplomate avait largement contribué à les débarrasser de Kadhafi. Et comme une bêtise ne se suffit pas à elle-même, il a fallu que la France, par l’intermédiaire de Charlie Hebdo et de ses caricatures outrageantes du prophète, en mette une couche supplémentaire. De l’humour à deux sous qui ne vaut même pas la valeur d’un journal que l’on s’est pourtant arraché. A croire que la conscience des responsables de ce journal n’est pas allée plus loin que celui du simple profit au risque d’un embrasement général. Alors le simple bon sens voudrait que l’on mette tous ces provocateurs seuls devant leur responsabilité. Pas de protection policière aux frais des contribuables. Pas de protection rapprochée pour s’opposer à une éventuelle fatwa. Soyez des hommes jusqu’au bout, assumez vos actes et leurs conséquences. Vous exprimez votre liberté, soyez confrontés à celle des autres.

 

Francis Manaud



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