Repenser la société

Petit à petit l’économie de la France se retrouve paralysée par des contestations de la rue qui sont plus des actes politiques que des revendications à caractère syndical. La retraite au minimum à 62 ans serait le prétexte annoncé sauf que ceux qui sont justement dans la rue, sont les plus protégés du système social français. Voyez, à titre d’exemple, ce leader CGT cheminot de 56 ans, à la retraite depuis l’âge de 50 ans, avec un pécule de 3 600 €/mois, plus d’autres avantages non déclarés ; mais toujours leader probablement pas bénévole, de son mouvement. Cherchons l’erreur…
Et voilà qu’aujourd’hui des lycéens de 16 ans et des étudiants de 20 ans sont appelés à la rescousse par les grands, à bout de souffle, pour venir tenter de grossir le cortège avec la ferme intention de durcir le discours d’opposition. En fait, oui, des actes politiques où tout est instrumentalisation et surenchère avec un but inavoué : déstabiliser l’adversaire pour conforter ses propres acquis de fond de commerce… Même les leaders socialistes se contredisent à tout bout de champ sur le sujet. Avec Martine Aubry qui déclare être pour l’allongement du nombre d’années de cotisation, mais prône le durcissement de la grève… Ségolène Royal qui sur une chaîne de télé en appelle au soutien des jeunes et les encourage à bloquer les universités. Sauf que peu de temps après, sur une autre chaîne, concurrente, avec un aplomb rare, prétend n’avoir jamais rien dit de tel. Surprenant…

Le rôle des Syndicats ?

Constat qui en appelle un autre : où sont les pères ? N’ont-ils pas la crainte de voir leurs enfants s’inscrire dans un jeu trop grand pour eux ? N’ont-ils pas conscience du danger qu’ils pourraient courir en étant au mauvais endroit au mauvais moment, victimes de l’amalgame, au milieu de jeunes de leurs âges mais qui sont venus là simplement pour casser, incendier des véhicules, piller les magasins et surtout proposer le défi aux forces de Police ? Ces lycéens ne sont-ils pas plutôt en âge de se préoccuper plus de leurs études et de leur avenir professionnel que de leur future retraite dans 40 ans ?
Ou sont-ils, eux aussi, manipulés par quelques leaders de leur âge, dont l’avenir “politique” est lui déjà garanti ? Que dire aussi du rôle des syndicats qui par leur surenchère, se font de la “pub”, sur le dos des Français ? Ceci dans le seul but, inavoué, d’assurer la garantie et la pérennité de leur pouvoir et surtout une élection ad vitam aeternam, à quelques leaders en mal de reconnaissance.
En 2010, n’ont-ils vraiment que ce choix pour crédibiliser leur rôle ? Ne seraient-ils pas mieux inspirés de reprendre leur vocation première, à savoir celui d’éducateurs sociaux, garants de la justice sociale ? Ceci afin de s’assurer, parmi leur propre public, le soutien du plus grand nombre et de démontrer ainsi une légitimité quasi incontestable. En fait seul postulat de contre pouvoir naturel, capable de leur permettre de participer à l’élaboration d’une France plus juste, où la liberté de choix et la justice entre chaque Français ne seraient pas seulement un leurre de façade. 

 


Aujourd’hui il est temps de réinventer un nouveau mode de société

Oui, il est temps de repenser la société française, de la rendre simplement plus humaine, plus en harmonie avec les aspirations de chacun en respect des consciences et selon les principes républicains de laïcité. Non, il n’est pas raisonnable de penser faire travailler les Français au-delà de 65 ans et même les Françaises au-delà de 55 ans. Car nous avons tous à imaginer le mieux-vivre à notre dimension et à notre rythme. Même s’il est vrai, et c’est tant mieux, que, pour nous tous, la longévité s’affirme toujours plus. Qu’il n’est plus rare d’avoir des femmes et des hommes de 90 ans, en pleine possession de leurs moyens physiques et intellectuels. Mais là, n’est pas la vérité pour justifier de travailler toujours plus et plus longtemps ; même si les statistiques démontrent que le travail des uns n’a jamais tué l’opportunité de travailler des autres, au contraire même. Plus, même l’activité professionnelle du moment, c’est justement autant de garanties d’épanouissement pour les acteurs d’aujourd’hui comme pour leurs successeurs de demain. Non, ce n’est pas la retraite à 60 ans, comme le déclarent certains démagogues, qui garantira l’emploi aux jeunes générations. Mais toutes ces vérités ne doivent pas empêcher le législateur de repenser le déroulement d’une carrière professionnelle, pour savoir prendre en compte et garantir à tout un chacun, tous les paramètres du bien-être et tout au long de son déroulement.

60 ans pour entrevoir un autre plan de carrière ?

Oui, 60 ans ; l’âge limite, pour avoir l’opportunité d’être encore en possession de tous ses rêves d’avance à partager. Aujourd’hui, il faut avoir la lucidité et le courage de trouver matière à employer tous ces savoirs, toutes ces ardeurs, toujours intactes passés les “60 balaies”, à autre chose qu’à user toutes leurs forces et ambitions de mieux vivre dans le répétitif du quotidien qui pèse toujours plus.
Profiter de tous ces “passeurs” de savoirs pour justement garantir l’avenir de l’ensemble des Français. Oui, profiter de ces passeurs de talents, pour juste donner l’envie à toute une génération, à cette “France Génération Plurielle”, de prendre sa place et la meilleure dans cet avenir qui lui tend les bras… Par eux, valider toujours plus de dépositaires de l’esprit et des valeurs “made in France”, pour redonner au mot “conscience”, son sens profond. Cette chose hors de soi qui par la relation à l’Autre, forme un mouvement de dépassement, de devenir dans le temps, de recherche de justice et de clarté dans un environnement en général peu propice à vous éclairer.
Au fond, c’est une logique assez simple à comprendre : chaque construction d’une vie, quelle qu’elle soit, prend, dans la bouche de nos décideurs, politiques ou syndicaux, la forme d’une décision arbitraire. Alors que nul ne sait ce que sera demain, l’évolution des techniques comme de nos habitudes de vie. Qui, il y a 20 ans, pouvait imaginer le boom économique comme la modification de nos us et coutumes, de nos comportements, de nos habitudes relationnelles, avec l’arrivée d’internet et de tous ses services ? Personne… Et pourtant, aujourd’hui qui pourrait s’en passer ? Oui, un changement interplanétaire qui fait que dans le moindre village de brousse, on n’aura pas l’eau courante, mais la boutique internet pour rester relié au reste du monde. Autant de perspectives tant humaines, sociales, qu’économiques qui vont redistribuer les cartes de l’intelligence, du partage du travail comme du pouvoir économique… Et dans cette perspective d’avenir, nos seniors, oui justement eux, avec toutes leurs expériences, leurs savoirs, leur sérénité et la sagesse acquis après 40 années de bons et loyaux services, oui, plus que d’autres, auront leur mot à dire, pour être les auto-entrepreneurs de demain…
Mais qui, pour faire passer ce message de lucidité comme d’espoir en demain ? Vers quel chef se tourner pour suivre avec confiance, sans trop se poser de questions et avec un seul leitmotiv : ce sera mieux demain pour mes enfants ?

 

Un certain Général de Gaulle

Sous la Vème République, un seul homme en a réussi la synthèse ; c’était un certain 28 décembre 1958… Cet homme, c’était le Général de Gaulle. Le seul à pouvoir à la fois nous faire croire à la grandeur de la France, à sa différence par rapport aux autres nations. Tout en nous rappelant que cela ne nous empêcherait pas d’avoir à souffrir pour mériter mieux, pour garantir le meilleur à tous… Ce soir-là sur le petit écran, il nous dira : «Nous avons adopté et, demain, nous appliquerons tout un ensemble de mesures financières, économiques, sociales sur une base de sévérité. Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelque temps à l’épreuve, mais demain quel espoir pour toutes les générations à venir…»
Que de vérités qui 50 ans plus tard sonnent encore comme, un passage obligé. Nous rappelle aussi simplement que lorsqu’on décide de militer pour défendre des idées qui nous ressemblent, pour prôner des valeurs auxquelles nous croyons, il convient très vite de comprendre l’enjeu de cette subjectivité-là. Une idée politique se bâtit sur une parole de vérité, mais en l’absence de toute distance vis-à-vis de soi. Alors, aujourd’hui, il est à se demander si une argumentation nouvelle dans l’ordre de la pensée et quels que soient ses “porteurs”, ne vaut pas davantage sur le climat de la société qui l’accueille, que les certitudes émises par un mouvement politique ou par un syndicat, forcément partisans ? Certes, il y a un choix arbitraire évident, au cœur même de cette entreprise de fondation d’une idée nouvelle, à faire sienne pour le meilleur du plus grand nombre. Et pourtant il serait peut-être temps que nous, les représentants de cette France silencieuse, nous devenions demain, dans ce pays, les porteurs d’espoirs, de justice et de vérité.
Ce n’est pas sacrilège que d’y réfléchir et d’essayer d’apporter sa contribution à la construction de cette ambition. Il en va de notre avenir et surtout de celui de nos enfants et petits enfants. Ne laissons plus aux autres, de droite, de gauche et d’ailleurs, le loisir de décider de ce qui sera bon pour eux. Agissons. Chaque voix compte.

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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