Relancer la croissance ? Ou relancer la confiance… ?

En France, comme ailleurs dans le monde, ce qu’il manque en priorité c’est la confiance en demain. Sans la restauration d’un minimum de confiance envers ce gouvernement rien n’avancera. D’autant si, d’entrée de jeu, l’on sait pertinemment que n’importe quel projet de relance ne verra pas ses effets bénéfiques avant 2011 voire 2012…
Non, on ne relance pas la confiance, comme la croissance d’ailleurs, par des effets d’annonces aussi crédibles soient-ils. Et surtout pas quand on décide de faire un grand show médiatique, accompagné de pas moins de 18 ministres, ceci en pleine rigueur.
Pour annoncer ces fameux «1000 chantiers» François Fillon pouvait le faire, aurait dû faire plus simple : depuis Matignon…
Aujourd’hui le Premier Ministre veut nous embarquer dans un grand plan de relance de l’économie française. Et il a raison… Sauf que comme toujours, on a l’impression que ce sont les grosses locomotives qui sont concernées, respectées, excusées de leurs carences. Mais alors quid du devenir des PME-PMI, des Artisans des petits Commerçants, pourtant considérés par leurs performances économiques et sociales comme le moteur, l’oxygène de ce pays ? Un discours, des prises de décisions qui sont, dans un autre domaine, à l’instar de celles prononcées par notre Président de la République qui veut sauver la presse. Sauf que dans ses propositions, il ne concerne que les têtes d’affiches. Entendez par là, les quotidiens nationaux voire régionaux, qui d’années en années engrangent les déficits comme les soutiens en tous genres dans leur stratégie économique. Et surtout, jouent de la question de la garantie de l’emploi comme d’une arme de l’absolue tranquillité. En revanche, pas une seule mesure pour soutenir les Hebdos de nos régions qui sont pourtant les forces vives en matière d’emploi, de formation, d’économie comme de première chance pour celles et ceux qui ont la passion de ces métiers de la communication… Depuis sa création, en 12 années d’existence, plus de 50 personnes ont eu leur première chance professionnelle au Journal Toulousain et pas ailleurs… Aujourd’hui ils pratiquent avec brio, dans les plus grandes salles de rédaction, ceci on oublie trop souvent de le dire. Plus facile de critiquer…

Oui il faut restaurer la confiance

Il suffirait que nos dirigeants décident de quelques mesures d’équité et de justice, pour que tout un chacun se retrouve rassuré, concerné, respecté. Oui, sortir de cette crise, passe par la prise de conscience de nos erreurs passées. En faisant tous notre mea culpa, on peut se donner les moyens d’ériger quelque chose de grand et de durable : de replacer l’Homme au cœur de nos préoccupations. Un rêve d’avance à partager, mais à la condition de se donner les moyens de restaurer la confiance et à tous les niveaux de la société.
C’est avec la confiance que seront libérées les énergies nouvelles.
C’est avec la confiance que seront éliminés les démons de la division, de la suspicion voire même de la compétition à outrance. Nos intérêts sont communs et même solidaires. Nous sommes tous inscrits dans une chaîne d’union infinie où le maillon le plus faible en fait la seule force ; ne l’oublions pas. N’en déplaise aux statisticiens en tous genres. Particulièrement ceux qui annoncent le chaos. Un chaos qui ne dit pas son nom et respire même des relents d’anarchisme déguisé. Conforterait même une sorte de jungle où les plus forts sont appelés à pérenniser leur règne et les pauvres à mourir à petit feu sous le poids de l’indifférence totale. C’est ce qui se passe aujourd’hui, dans les rues de Toulouse, arrêtons de nous voiler la face. Imaginons ce qui se passe ailleurs dans le monde !
Il suffit pour s’en convaincre de circuler à pied dans nos villes et même nos campagnes, jadis protégées. D’engager la conversation, d’aller au-delà des réserves de principe, d’échanger, de parler un peu avec nos concitoyens pour comprendre que derrière leur accueil chaleureux, leur sourire de façade, se cache la plus grande des détresses, un aveu d’impuissance.
Oui, nous en sommes tous là…
Face à tant d’injustice et tant de passe-droit pour d’autres, il n’est pas dit que demain nous les “raisonnables”, nous ne prenions pas la décision de descendre dans la rue et de demander des comptes…  Attention danger…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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