Relancer la croissance ? Ou relancer la confiance… ?

Les législatives sont finies… La gauche vient de l’emporter très largement. De fait aujourd’hui, elle possède même tous les pouvoirs de l’Elysée, au Sénat, en passant par le Parlement, les Régions, les départements et même toutes les grandes villes, hormis Bordeaux et Marseille… Alors, sommes-nous tentés d’écrire : et maintenant que va-t-il se passer ?

Oui, à quelle sauce allons-nous être mangés ? Car au-delà des discours de circonstances, tous plus optimistes les uns que les autres, il faudra bien un moment donné atterrir. En France, comme ailleurs dans le monde, ce qu’il manque en priorité aujourd’hui, c’est la confiance en demain. Sans la restauration d’un minimum de confiance envers ce pays et les politiques, de droite comme de gauche, qui sont censés nous représenter et surtout nous défendre, rien n’avancera. D’autant si, d’entrée de jeu, l’on sait pertinemment que n’importe quel projet de relance ne verra pas ses effets bénéfiques avant 2013 voire 2014…
Non, on ne relance pas la confiance, comme la croissance d’ailleurs, par des effets d’annonces aussi crédibles seraient-ils.
Aujourd’hui le Président de la République veut nous embarquer dans un grand plan de relance de l’économie française. Et il a raison… Sauf que comme toujours, on sait que ce sont les grosses locomotives qui seront concernées, respectées, excusées de leurs carences. Plus, qui en joueront pour obtenir des soutiens à l’emploi, comme le fait aujourd’hui le groupe PSA, et peut-être même demain et encore une fois le monde de l’aéronautique… Mais alors quid du devenir des PME-PMI, des Artisans, des petits Commerçants, pourtant considérés par leurs performances économiques et sociales comme le moteur, l’oxygène de ce pays ? Encore une fois, des discours de circonstance, des prises de décisions mais pas une seule mesure pour soutenir «ces petits» qui sont pourtant les forces vives en matière d’emploi, de formation, d’économie comme de première chance pour celles et ceux qui ont la passion de ces métiers…

Oui, il faut restaurer la confiance

Comme l’a promis François Hollande, durant la campagne présidentielle, il suffirait que nos gouvernants décident de quelques mesures d’équité et de justice, pour que tout un chacun se retrouve rassuré, concerné, respecté. Oui, sortir de cette crise, passe par la prise de conscience de nos erreurs passées. En faisant tous notre mea culpa, on peut se donner les moyens d’ériger quelque chose de grand et de durable pour notre pays, pour nos enfants, demain. Mais encore faut-il que nos politiques aient le courage d’aller au bout de leurs engagements, seul moyen de restaurer la confiance et à tous les niveaux de la société.
C’est avec la confiance que seront libérées les énergies nouvelles. C’est avec la confiance que seront éliminés les démons de la division, de la suspicion voire même de la compétition à outrance. Nos intérêts sont communs et même solidaires. Nous sommes tous inscrits dans une démarche unique. Plus que nous ne voudrions l’admettre, notre destin dépend du comportement de l’Autre, ne l’oublions pas.
Les statisticiens en tous genres, nous annoncent le chaos. Un chaos qui ne dit pas son nom et respire même des relents d’anarchisme déguisé. Il conforterait même une sorte de jungle où les plus forts seraient appelés à pérenniser leur règne et les pauvres à mourir à petit feu sous le poids de l’indifférence totale. Sauf que c’est ce qui se passe aujourd’hui, dans les rues de Toulouse. Mais aussi à plus grande échelle, arrêtons de nous voiler la face, ailleurs dans le monde ! Avec des pays au bord de l’asphyxie et dont le peuples ne vont pas manquer bientôt de nous demander de rendre des comptes.
Oui, pour se convaincre de ce mal être profond qui gagne toujours plus de Français, il suffit, comme je le fais depuis toujours, de circuler à pied dans nos villes et même dans nos campagnes, jadis protégées, d’engager la conversation, d’aller au-delà des réserves de principe, d’échanger, de parler un peu avec nos concitoyens pour comprendre que derrière leur accueil chaleureux, leur sourire de façade, se cache la plus grande des détresses, un aveu d’impuissance. Une révolte qui les pousse à voter aux extrêmes de l’échiquier politique français. Mais demain quand ils auront pris conscience que ce vote de dépit ne sert à rien, que va-t-il se passer ? Oui, nous en sommes tous là…
Face à tant d’injustice et tant de passe-droit pour d’autres, il n’est pas dit que demain, nous les «raisonnables», nous ne prenions pas la décision de descendre dans la rue et de demander des comptes… Attention danger…

André Gallego
Directeur de l’information
Réagissez sur : andreg@aol.com



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