Réinventer le Contrat Social ?

Serait-ce la solution pour redonner une once de mieux vivre à bon nombre de nos contemporains, particulièrement ceux victimes de ce que certains baptisent facilement la “crise” pour gommer leurs manquements coupables ?… A une époque où, quel que soit l’endroit vers lequel l’on se tourne, tout semble aller à volo. Au point que l’on se doit de se poser, légitimement, la question de savoir vers quel destin tous nos leaders nous entrainent …Et de savoir si nous ne sommes pas tous devenus des moutons de panurge aux mains de manipulateurs en tous genres ?
Alors, peut-être qu’il serait temps d’interpeller nos candidats à la Présidentielle, en leur demandant s’ils ne pensent pas opportun de remettre d’actualité et de réinventer “Le Contrat Social”… Cet essai de philosophie politique, écrit en 1762, par un certain Jean-Jacques Rousseau. Un pensum qui, à l’époque, allait bien changer, ou tout au moins tenter de le faire, la face du monde. Particulièrement en mettant en avant l’idée que toute légitimité politique se fonderait désormais sur la communauté et la volonté générale et non sur le diktat d’une poignée de Maadoff en puissance. Ainsi, nul n’aurait le droit d’aliéner au profit d’un autre sa liberté morale et civique. Qu’il serait même souhaitable que les hommes concluent entre eux un pacte, un contrat qui verrait l’individu renoncer, en apparence, à une liberté absolue et se soumettre volontairement aux règles dictées par l’intérêt général. Mais en échange, la communauté garantirait la sécurité de chacun et le respect des règles et des droits ainsi établis. En la circonstance, Jean-Jacques Rousseau s’était en partie inspiré des idées de Montesquieu et même des théories de Hobbes et Locke.
Oui, “Le Contrat Social” était depuis devenu essentiel dans l’histoire des idées politiques comme humanistes défendues par bon nombre de penseurs. Des révolutionnaires, comme Robespierre ou Saint-Just y trouveront une source d’inspiration, sans oublier, la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui s’en est, elle aussi, largement inspirée.

Des luttes sociales pour rien ?

Mais aujourd’hui, qu’en est-il de tous ces bons principes, énoncés par des sages voilà plus de 250 ans ? Oui, qu’en est-il dans notre quotidien ? Où en sommes-nous de la sécurité de chacun, du respect des règles et des droits établis, de la justice ?
Chaque nouvel élu, aux plus hautes responsabilités de l’Etat, nous promet que nous sommes à l’aube d’un jour nouveau, que demain tout sera mieux. Sauf qu’à bien surveiller l’actualité, il semble que ce jour, soit toujours reporté et surtout dépendant de ce qui se passe ailleurs, bien loin de chez nous. Un destin, un modèle national qui serait de fait victime d’une géopolitique internationale où on ne sait plus qui est qui ? Qui est derrière qui et dans quel intérêt, tant tout semble changeant à la minute… Sauf que cet état de fait reviendrait à dire que même les plus nobles volontés nationales, ne pourraient pas échapper au diktat Européen, voire Américain et même Chinois et pourquoi pas Indien et Brésilien demain.
Un seul exemple : Voyez cette épée de Damoclès qui semblait peser sur la France avec la possible perte des fameux 3A… Depuis quelques semaines, plus de nouvelles des agences de notations, qui semblent être parties comme elles étaient venues. Alors, avons-nous vécu un mirage médiatique entièrement orchestré par nos hauts dignitaires politico financiers bruxellois et autres? Toute cette mise en scène à la Dallas, a-t-elle était montée de toutes pièces dans le seul but de nous faire avaler, en 2012, par la gauche comme par la droite, quelques couleuvres de plus? Ou alors peut-être sommes-nous encore sous le charme de la trêve des confiseurs qui se serait invitée pour nous endormir encore un peu plus ? Voyez aussi le miracle de nos banques que l’on disait toutes au bord de la faillite. Puis ressuscitées, comme par miracle mais avec les deniers publics, sans pour autant qu’elles ne révisent leurs comportements inhumains envers leurs clients, particulièrement les petits. Deux exemples parmi tant d’autres, qui nous montrent que pour la plupart d’entre-nous, nous ne sommes que des nains au service d’entités, de compagnies comme d’Etats qui dans ces domaines comme dans d’autres font la pluie et le beau temps. Le tout au bénéfice d’une poignée de décideurs qui n’agissent qu’au gré de leurs états d’âmes et que pour leurs propres intérêts. L’argent, restant toujours plus qu’hier et probablement bien moins que demain le nerf de la guerre ?  

Un nouveau type de société en marche ?

En fait, ne sommes-nous pas à l’orée d’une nouvelle histoire secrète du libre marché, qui dessinerait une éthique nouvelle du comportement individuel comme de celui de nos dirigeants… Le tout bien loin des discours humanistes de façades en- tendus ici ou là ? Une nouvelle stratégie mondiale du comportement économique, imposée par une poignée de décideurs pour ne pas dire “dictateurs” et dont la finalité serait de favoriser “l’économie du désastre“.
Une économie secrète qui se fonderait obligatoirement sur des ententes opaques entre gouvernements, corporations d’individus, de professionnels et même de syndicats, et reposerait sur notre naïveté. Car pour mener à bien leurs projets, nous manipuler, les stratèges de l’ombre n’auraient qu’une mission supérieure à connaître : savoir jongler en permanence avec l’opinion publique, aujourd’hui globale et instantanée, via internet et les réseaux sociaux….
Oui, l’économie du désastre demande, pour fonctionner, un aveuglement et un cynisme de tous les instants. Ici, pas de sensiblerie ; uniquement de l’efficacité et du gigantisme. Gigantisme des transactions, des falsifications menant au gigantisme des profits réalisés. Énormité des mensonges proférés, entretenus, prouvés. Certains spécialistes

soutiennent même que les thèses qui sous-tendent les activités de cet “ultra-libéralisme de la catastrophe” se rapprocheraient d’une espèce de pseudo-religion de la puissance, en même temps que de la destruction créatrice. Plus, ces vampires de la puissance, n’hésiteraient pas à aller piocher ici et là dans la Tradition, les symboles, les histoires et même les légendes, pourvu que le résultat final soit bien celui du profit.
Sauf qu’à trop laisser faire, on oublie simplement que derrière toutes ces manipulations et même ces guerres se cache le vol massif des richesses des Peuples, la spéculation effrénée s’occupant du reste. Bien sûr, la plupart d’entre-nous a compris que sur la planète, une infime minorité de trusts possédaient la majeure partie de ces fameuses richesses. Mais sait-elle que cela n’arrive pas comme une fatalité naturelle ? Qu’il faut au service de ces stratégies de manipulations des plus machiavéliques, des hommes et des femmes en apparence crédibles, tous domaines con- fondus, politiques, syndicalistes et religieux, mais capables d’oublier leurs consciences pour s’allier avec le diable. Oui, de tous temps, l’histoire du monde s’est enrichie de con-cours de circonstances dans le seul but d’anéantir l’ennemi commun, mais toujours au dépend du Peuple. Sauf que pour avancer, l’Homme a besoin d’un rêve d’avance à partager et qu’aujourd’hui quelque soit l’endroit vers lequel il se tourne, il semblerait que le rêve soit définitivement proscrit.

Doit-on laisser faire encore longtemps ?

Alors, n’est-il pas temps de réinventer un autre modèle de société, un autre “contrat social” capable de montrer à nos dirigeants que nous ne sommes plus dupes de leurs manèges. N’est-il pas temps de leur imposer une nouvelle lecture des stratégies mises en place ? N’est-il pas temps et même indispensable de réévaluer les enjeux des temps présents et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité qui leur est impossible de déléguer ?
N’est-il pas temps de nous intéresser au sujet ? Car l’économie du désastre, elle, n’attend pas et a depuis longtemps pris son envol.
Sa résonance dévastatrice frappe et a déjà passé nos portes et si rien ne se fait rapidement pour la contrecarrer, le plus dur reste à venir.
En fait, en nos âmes et consciences, n’est-il pas temps de remettre au goût du jour le Contrat Social ? En 2012, de remettre d’actualité ce vœu noble, de le réinventer comme un défi qui pourrait être porté par l’un des candidats à la Présidentielle. Alors, quel est celui ou celle qui aura le courage de dire : “chiche ?”



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