Qui pour redresser la France ?

J’ai l’impression que depuis que je suis en âge d’entendre et de comprendre, nombreux sont les spécialistes qui nous alertent en permanence sur les dysfonctionnements de la société française. A chacun son calcul, son analyse, son livre, son émission télé pour nous parler de ces fameux records que détiendrait notre pays : celui de la dette publique, d’une fiscalité parmi les plus lourdes de l’OCDE, d’un chômage constant, d’une relance qui traîne à venir, d’un pouvoir d’achat des plus faibles, d’une perte de confiance, et pour clore le débat du poids récurrent de notre administration, entre autres choses…
En fait, c’est la démonstration par les chiffres que des générations de professionnels de la politique nous ont laissé un passif alarmant, en cumulant les mandats et avantages en tous genres. Des femmes comme des hommes, plus soucieux de gérer le temps qui coule entre les élections que de s’attaquer aux problèmes qui ruinent la France. Une trop grande part d’entre eux, est plus concernée par leurs statuts que susceptibles d’aller se frotter aux corporatismes en tous genres qui pourraient nuire à leur image de marque, comprenez… leur fond de commerce.

Système quasi mafieux

Ils se réfugient le plus souvent derrière des soi-disant valeurs de mieux-vivre à préserver, pour nous inventer de beaux discours, nous donner de bonnes leçons de civisme, ou nous laisser une trace glorieuse de leur passage, telles les 35 heures. Faire des lois à son nom, toute une vanité finalement ! Pendant ce temps, le pouvoir d’achat recule et atteint la cote d’alerte (et là, gare au réveil des Français !) ; que le passage à l’euro a tout déréglé, sans qu’aucun de ces nantis du système ne fasse mine de défendre les plus modestes.
Qui, pour dire que dans nos campagnes, en 2010, encore bon nombre de fermes n’ont pas même, ne serait-ce que l’eau courante ? Que rare n’est pas la semaine où l’on ne découvre une personne âgée décédée depuis plusieurs jours dans une l’indifférence ? Qui, pour dénoncer ces hôtels particuliers insalubres à souhait, où des familles entières s’entassent dans une chambre de 9 m², louée en moyenne 700 euros par mois ? Contre ces marchands de sommeil qui font fortune sur le dos du contribuable français, sans qu’à l’horizon ne se révèle la moindre prise de décision responsable qui casserait ce système quasi mafieux, qui a intérêt à élever la voix ?
Que faisons-nous pour nos aînés ? Pour qu’ils restent le plus longtemps possible dans le cocon familial ? Ailleurs, dans les pays nordiques par exemple, on étudie, on cherche, on trouve la meilleure façon de leur garantir un mieux-vivre décent et mérité jusqu’au dernier instant. Pourquoi n’en est-il pas de même en France ? Les maisons de retraite ne sont pas la panacée, nous le savons tous. Elles sont du reste surpeuplées et coûtent excessivement cher.

Martin Malvy ?

Le monde change, les méthodes aussi et nos politiques ne semblent pas à même d’analyser avec lucidité la situation, incapables de nous fournir les outils qui gagnent. Incapables d’avoir l’audace de permettre à toutes et tous de trouver matière à conserver au fil des ans et des générations la force de vivre mieux. Ils sont trop dépendants de leur future réélection. Car il leur faudrait parfois le courage de dire «non» à une rue qui se manifeste parfois sans se préoccuper des autres, à des lobbies bien organisés qui ne sont pas toute la cité. Oui, prendre le risque de perdre une élection en proposant des mesures impopulaires pour certains, plus protégés, et indispensables pour d’autres ? Très peu pour eux ! Ce manque de courage nous vaut de constater aujourd’hui que l’idée même de réforme est pratiquement inutile, que c’est parfois une remise à plat complète qu’il faudrait. Qui en aura le courage ?
Peut-être Martin Malvy qui pour son dernier combat politique voudra marquer encore mieux, de son passage, notre Région…
Personne ne s’en plaindra.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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