Prostitution, attention danger !

Francis Manaud

Il faut croire que nos députés n’ont rien de mieux à faire que d’aborder des sujets dont l’importance sans être négligeable pourrait ne pas encombrer inopportunément une assemblée qui serait plus utile à traiter des problèmes économiques de fond. Mais chacun comprendra que les députés à l’image de certains ministres veulent marquer leur passage à l’assemblée nationale par des lois dont l’importance peut paraître plus ou moins nécessaire à la bonne marche de notre société. C’est ainsi que la députée socialiste Maud Olivier entend faire voter une loi qui consisterait à pénaliser les clients des prostituées par de fortes amendes pouvant aller jusqu’à trois mille euros par infraction. Décidément on ne peut s’empêcher de sourire à cette nouvelle taxe à quelques encablures de celle qui a mobilisé les Bretons au sujet des portiques sur leurs routes nationales. Va-t-on assister de la même façon à la mobilisation des utilisateurs de charmes pour défendre leurs droits à pouvoir profiter sans impôt d’une pratique que l’on sait ancestrale ? On imagine mal un policier carnet de souche à la main ou muni d’un lecteur de carte bancaire attendre la fin des ébats pour délivrer un reçu pour bonne et valable quittance ! A moins que l’on installe çà et là des radars chargés de prendre des clichés des contrevenants sur les autoroutes de la débauche ? Mais comme l’a dit Musset en évoquant Molière : « lorsque l’on vient d’en rire on devrait en pleurer » car vouloir traiter d’un sujet aussi grave d’une façon aussi puérile en dit long sur l’état d’esprit de ceux qui nous gouvernent. Et pourtant le sujet est d’importance surtout avec la misère qui peu à peu s’étend dans notre vieille Europe et chacun sait que la misère amplifie le phénomène qui profite aux mafias de tous ordres.

Maisons closes ?

En prétendant verbaliser les clients, on ne fera que cacher ce qui se pratique au vu et au su de tout le monde avec les dangers accrus pour des prostitués déjà soumises à tous types d’agressions. Il faut d’ailleurs souligner que la prostitution de luxe continuera sans problème à l’ombre de studios ou de chambres d’hôtels sans que soient un instant inquiétés des clients fortunés. Une telle proposition de loi ne ferait que pénaliser la prostitution du pauvre, celle qui hélas engendre les désordres sur la voie publique par des manifestations de tous ordres. Qu’on le veuille ou non, la solution passe inévitablement par la création de maisons closes fermées de façon inappropriée à l’initiative de la désormais célèbre Marthe Richard. Une telle création soumise à la surveillance stricte des associations multiples qui militent en faveur des prostituées, permettraient à ces dernières d’évoluer dans un cadre protégé de l’influence néfaste des souteneurs ou des mafias diverses et variées. De telles institutions n’empêcheraient sûrement pas la pratique occasionnelle mais elles éviteraient sans aucun doute tous les désagréments visuels dont se plaignent ceux qui ont à les subir. Le véritable courage en la matière serait de revenir sur une loi inappropriée dans la société du 21e siècle.

 

Francis Manaud



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