Primaires Socialistes ; La boîte de Pandore ?

Martine Aubry, vient enfin d’annoncer sa candidature aux primaires socialistes et met fin à un suspens qui aura trop duré et risqué de lui porter tort demain. Car à trop vouloir protéger le parti, elle pourrait comme naguère un certain François Hollande le payer.
Oui la première secrétaire du Parti Socialiste vient, à son corps défendant d’endosser la tunique de candidates aux primaires de son mouvement. Et de fait de donner enfin le top de départ à une élection à l’américaine, une première en France.
La Droite encore une fois se focalisera sur la méthode prétextant le fait que l’on pourrait ficher les Français selon leur appartenance politique voire même dans les petites communes leur faire payer le fait de n’avoir pas montré leur sensibilité à gauche. Sauf que c’est oublier que ces derniers sont versatiles et que les mêmes qui ont voté hier Nicolas Sarkozy pourraient demain s’éprendre d’une Martine ou d’une Marine… et pourquoi pas Eva ? Et c’est tant mieux, c’est la base de la Démocratie, sinon les élections seraient entendues d’avance…
Mais surtout que ceux qui ont un poste sensible, des partenariats professionnels à défendre, n’hésiteront pas à consacrer une petite heure à cette gymnastique électorale. Ceux-là se prêteront de bon cœur au cérémonial de l’euro symbolique à remettre au trésorier du coin. Ils pourront même demander un reçu fiscal à chaque euro versé. Ils signeront avec entrain la fameuse charte d’accord de pensée socialiste et pourquoi pas acheter la bougie à l’effigie de leur candidat de cœur, afin d’y penser chaque jour que Dieu fait… Mais au secret de l’isoloir ?

L’UMP rame à contre courant

Et puis les Guéant, Copé et consorts ne sont-ils pas à contre courant de l’opinion publique qui, elle, montre chaque jour et toujours plus l’intérêt des Français pour les primaires socialistes. Car c’est bien connu ils aiment le côté théâtral, le suspens, qui accompagnera ces primaires durant les semaines qui vont précéder le jour “J”, le 9 octobre 2011. Les Français vont compter les coups bas, les croche-pieds, les dérapages, les affrontements entre partisans des uns et des autres. Et puis, le jour de l’élection et lors du fameux décompte des votes, comme le dessert qui clôt le repas, ils attendront les premières lueurs de tendances, les premières critiques de triches, du côté de Marseille, de Lille et d’ailleurs. Sinon ils ne seront pas satisfaits…
Oui l’UMP a tort de tout tenter pour empêcher ces primaires de se tenir. Et surtout de se lancer dans une campagne de communication pour crier au fichage politique car les arguments ne sont pas vraiment convaincants… Qui peut croire que tous les Français qui ne viendront pas voter aux primaires seront fichés comme étant des ennemis politiques ? Qui peut croire qu’il n’y aura que des socialistes qui viendront participer ?  
Oui, il est maladroit et contre-productif de s’opposer à la tenue de ces primaires avec les arguments avancés, car tout d’abord l’Article L28 du code électoral, rappelle que les listes électorales sont réunies en un registre et conservées dans les archives de la commune. Mais surtout que tout électeur, tout candidat et tout parti ou groupement politique peut prendre communication et copie de la liste électorale. Et si l’on veut faire une opération de lobbying, c’est facile les fichiers sont à votre disposition.
La seule chose que l’on pourrait reprocher aux Socialistes, c’est de créer le précédent… Ce qui veut dire que demain, tout un chacun pourra engager la même manœuvre et les services de l’Etat devront s’appliquer à suivre la même façon d’opérer que lors des 9 et 16 Octobre, en cas de deuxième tour.

 

Oui, l’UMP a intérêt à laisser faire…
 
Car l’organisation des primaires socialistes représente un travail titanesque qui regorge de nombreux pièges. Immanquablement, passé le temps du flirt médiatique, l’annonce que Martine Aubry sera bien là, engage les duels entre prétendants et surtout entre supporters. Et on risque de s’écharper rapidement…  
Oui, l’organisation de cette élection semble délicate et très complexe. A commencer par le regroupement des listes électorales qui, en 2011, ne sont pas toutes informatisées. Qui plus est, dans bon nombre de communes, on devra avoir recours aux fichiers de l’Insee, sauf que seules les mairies peuvent consulter ce type de documents.
Pour ce qui est des bureaux de vote, près de 10.000, et même si une circulaire du ministère de l’Intérieur envoyée aux communes incite, ces dernières, à la plus grande coopération, ce qui démontrerait le double langage du gouvernement, les zones rurales poseront problème. Une organisation qui demandera la participation de près de 100.000 sympathisants pour tenir les bureaux de vote… Sans oublier que pour éviter les doublons, une “carte d’électeur” est envisagée… Quant à la transparence du vote, en parallèle, chaque président de bureau de vote enverra son décompte soit par SMS sécurisé, soit via un Audiotel. Des données qui seront transmises à une “batterie d’ordinateurs au niveau national” pour que les résultats tombent en temps réel. Reste le financement de ces primaires qui devrait avoisiner les 5 millions d’euros. Comme du financement des campagnes internes propres aux primaires et à chaque candidat. Des sommes qui pourraient entrer dans les comptes de campagne du candidat choisi pour 2012. La pensée populaire, ne dit-elle pas que le diable est dans les détails ?
Oui, l’organisation de ces primaires ne sera pas une sinécure et si le Parti socialiste peut capter l’engagement de 2 millions de Français, ce qui serait un beau résultat, rien ne garantit la victoire en 2012. Car là comme ailleurs, dans les épreuves de barrages, on laisse beaucoup d’énergie, de fraîcheur physique et mentale… et surtout pas facile après de regrouper les déçus de la veille.

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com



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