Pourquoi Jean-luc Moudenc a-t-il été battu (JT 306)

Probablement à cause du contexte national, mais pas seulement, ce serait trop facile.
Tout d’abord si Jean-Luc Moudenc a perdu ces Municipales, c’est parce qu’il a sous estimé Pierre Cohen que ses conseillers présentaient comme un petit Maire de village, sectaire, sans envergure, sans aucun charisme, sans aucune aura et même, peu soutenu par le PS local. Ses conseillers de pacotille qui ajoutaient, pour faire bonne mesure, que le PS lui-même ferait barrage à cette élection pour ne pas nuire au pouvoir du Président du Conseil Général, Pierre Izard… En fait pas un seul n’a soulevé ou osé dire son inquiétude, alors qu’en «coulisse» les langues se déliaient, plus facilement, plus durement.
La composition de sa liste, à quelques exceptions près : ringarde, composée uniquement d’anciens élus, battus aux législatives comme aux cantonales. Certains même, au pouvoir depuis plus de 37 ans, auraient dû avoir la décence de se retirer d’eux-mêmes, s’ils avaient eu l’intérêt de leur ville comme objectif… Que dire aussi de l’arrivée, aux «premières loges», de personnalités de gauche bon teint, ennemis jurés d’hier, qui n’ayant pas trouvé de place ailleurs, ont offert leurs services. Mais qu’ont-ils apporté en terme de crédibilité, de notoriété et surtout de voix ?
La quasi certitude aussi, pour le maire sortant, qu’il suffirait que Dominique Baudis vienne le soutenir ouvertement pour que la différence se fasse. Sauf que Dominique Baudis s’est retiré des affaires toulousaines depuis près de 10 ans et qu’entre temps la population s’est renouvelée à plus de 30% ; ce qui limitait vraiment son impact… Mais ce qui permettait surtout à l’opposition de jouer sur la faiblesse du candidat de droite à la recherche d’un parrain pour exister…

Les ennemis jurés d’hier…

Jean-Luc Moudenc s’est enfermé, tout seul, dans un schéma politique défensif, qu’il ne pouvait plus maîtriser, car trop dépendant des autres. Il a oublié ou on lui a occulté l’essentiel : sa notoriété auprès des Toulousains n’était guère meilleure que celle de son concurrent. Sinon il n’aurait pas été battu aux législatives par une inconnue et sur la circonscription la plus facile pour la droite.
Et puis est venu cet entre-deux tours qui l’a vu «roucouler» avec Jean-Luc Forget. Les ennemis jurés d’hier, dont les troupes des deux camps imposaient l’élimination de l’autre, s’embrassaient sur la bouche. Le leader de la liste Modem devenait par un coup de baguette magique, incontournable, l’homme providentiel… Et entre nous ratait de peu le hold-up parfait… En fait, seule la victoire comptait, tant pis si on perdait un peu de sa foi et beaucoup de sa crédibilité. Le coup de poker était jouable et il s’en est fallu de 1207 voix pour que le stratagème fonctionne. Mais dans le temps Toulouse aurait-elle vraiment trouvé matière à gagner de cette association de circonstance ? Là est la seule question qui vaille d’être posée…

Le cas de Philippe Douste-Blazy

Reste le cas de Philippe Douste-Blazy, dont la légende de pestiféré a très bien été entretenue par ceux justement qui lui doivent tout, Jean-Luc Moudenc en tête, mais pas seulement. Ce dernier parlait pourtant de lui comme du maire qui a le plus apporté à la ville. Mais il oubliait d’ajouter que dans l’ère moderne, une capitale européenne de la dimension de la Ville Rose, ne garantit pas son avenir en coupant des rubans ou en inaugurant des expositions cour Henri IV. Il faut être présent au plus haut niveau du pouvoir de décision, pour pouvoir influer, remporter les marchés. Non, Philippe Douste-Blazy, n’était pas souvent à la mairie, mais c’est lui qui a nourri notre ville des meilleurs projets. C’est lui qui avec le Cancéropôle, les pôles de compétitivités, Aérospace Valley, l’Hôpital des Enfants, Galiléo demain, a su poser l’avenir de Toulouse dans une ambition renouvelée et ô combien stratégique. Entre nous, qui peut croire un instant que c’est en restant cloîtré en permanence à la mairie de Toulouse que l’on peut raisonnablement asseoir l’avenir économique de notre ville, garantir le bien-être des Toulousains ?
Oui, Jean-Luc Moudenc et Philippe Douste-Blazy composaient un tandem parfait. L’un, indispensable à Toulouse pour gérer les affaires courantes et préparer l’arrivée des grands projets, l’autre, en véritable globe trotter à influer ici et là pour gagner des marchés. Car là est la réalité pour qui voudra faire de Toulouse une capitale européenne : être présent partout…

Nouvelle dynamique

On peut ajouter à toutes ces vérités un comportement «sectaire» de la part de ses sbires qui ont tout fait pour éliminer quelques proches, fidèles parmi les plus fidèles ; mais catalogués par ces «guignols» comme quantité négligeable. On comprendra pourquoi Jean-Luc Moudenc est passé à côté et ne doit son échec qu’à lui-même… 1207 voix…
C’est pour toutes ces raisons et après avoir bien mesuré le pour et le contre, que j’ai personnellement voté Pierre Cohen. Oui, avec mes proches nous avons voté Pierre Cohen car l’homme mérite tout notre respect. Loin d’être sectaire, il est surtout modeste et réservé. Un humaniste éclairé qui a l’expérience des grands dossiers, sait travailler en équipe. Sûr qu’il saura redonner à Toulouse une nouvelle dynamique, celle qui lui manque tant et depuis de trop nombreuses années, quoiqu’en on dise.
Alors, comme aurait dit mon ami ! Mon maître, il se reconnaîtra, les victoires comme les défaites ne valent que par leur enseignement.
Au lendemain de cette défaite, Jean-Luc Moudenc comme celles et ceux qui en la circonstance ont perdu «leur fond de commerce» auront appris quelque chose, ce sera un pas de plus vers la sagesse.

Et surtout, comme aurait dit Claude Nougaro : Il faut savoir tourner la page… pour mieux se reconstruire demain…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la Publication



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.