Pour le PS, tout serait-il à refaire ?

Le 6 novembre dernier, en arrivant en tête des primaires de son parti, la présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal, remettait les pendules à l’heure, face à et malgré l’apparatchik Socialiste. Des éléphants rancuniers, avec à leur tête un François Hollande qui s’accroche à toutes les branches, pour éviter de perdre pied, en l’occurrence aujourd’hui aux côtés de Bertrand Delanoë. Au point même que l’intéressé en a oublié qu’il était le père des enfants de la première Dame de Gauche… Et de devenir l’un de ses principaux contradicteurs, un comble.

Certes, elle n’a pas gagné. Certes, elle n’a pas la majorité absolue pour décider de son propre avenir comme de celui de son parti. Mais elle a marqué les esprits et même, et surtout, au-delà de son propre parti. Demain il faudra compter avec elle, c’est incontournable…

Elle ne veut pas de cette présidence !

Bien entendu et comme elle l’a d’ailleurs admis, ses quatre points d’avance ne lui donnent «aucun droit» mais «uniquement des devoirs». Elle est aussi consciente comme le lui rappellent les mauvais coucheurs que son score n’atteint en effet même pas le tiers des votants ; qu’elle est même bien loin de l’objectif qu’elle s’assignait encore en mars dernier, d’être “majoritaire” au PS deux ans après sa désignation, à plus de 60 %, comme candidate à la présidentielle de 2007.
Ce que ses contradicteurs ne veulent pas admettre, c’est que ces primaires représentaient pour elle, comme elle l’a confié à un proche, «un test en vue de 2012», mais surtout pas une volonté de s’accaparer le parti. Elle ne veut pas de cette présidence, consciente qu’elle sera plus un piège, qu’un piédestal. Avec la crainte de se retrouver pieds et poings liés dans une démarche figée, loin de sa vision de ce que devrait être son mouvement. Loin de l’image de renouveau qu’il se devrait d’incarner pour avoir une chance de gagner en 2012.
Si elle s’est enfin décidée, c’est à contrecœur. Elle y va par devoir pour montrer aussi que le défi ne l’effraie pas. Mais au fond d’elle, cela ne l’enchante guère…  
Aujourd’hui, quoiqu’en disent ses principaux détracteurs et concurrents, ce vote interne l’a confortée dans sa différence, comme dans sa dimension supérieure, au sein même de son parti. Rappeler aux aigris de tous poils qu’en 2007 sa désignation pour représenter le P.S. n’était pas un accident, n’était pas usurpée. Mais plutôt une volonté radicale de profond changement qui s’annonçait déjà ; qui inspire les jeunes comme les nouveaux adhérents de son parti et même au-delà. Des adhérents qui en ont assez des cuisines internes comme des guéguerres des chefs et qui sont surtout aujourd’hui conscients que regarder en permanence vers le passé n’apportera rien de constructible, pour demain… sauf d‘assurer des fonds de commerces à des notables qui n’ont aujourd’hui, de socialiste que le bulletin de vote qui les a portés au pouvoir.
Mais pardessus tout, ce résultat obtenu dans des conditions difficiles pour Ségolène Royal, a confirmé sa réelle légitimité auprès des Français eux-mêmes. Des Français qui, croyait-on, par médias orientés, n’en avaient que pour Bertrand Delanoë, le Maire de Paris… Et qui d’un seul coup semblent découvrir que la Dame de Poitou-Charentes est bien plus incontournable qu’on ne l’aurait cru… Plus décidée, plus battante, qu’elle ne laissait paraître. Finalement au-dessus de la mêlée, au point même qu’elle pourrait exister, demain sans le PS.
Sûr que si d’aventure, les “combinazione internes”, la voyaient battue, le week-end prochain, elle pourrait créer sa propre dynamique. Le PS s’en relèverait-il ?
Reste que tout au long de ces tractations, deux ombres ont plané en permanence sur ce congrès. Avec d’un côté le rebelle Olivier Besancenot et de l’autre l’insaisissable François Bayrou, qui, si on en croit un sondage d’OpinionWay, seraient désignés par les Français comme les meilleurs opposants à Nicolas Sarkozy. Bien loin devant Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, François Hollande et Martine Aubry…
Toujours dans le même sondage, et bien plus grave pour le PS, les sympathisants socialistes placeraient eux aussi Olivier Besancenot et François Bayrou, devant leurs favoris, avec respectivement 21 % et 14 % des intentions de vote. Bertrand Delanoë est crédité de 12 % suivi par Ségolène Royal 10 % et Martine Aubry 8 %.
Finalement tout pour rassurer le locataire de l’Elysée qui peut dormir sur ses deux oreilles. D’autant que la crise aidant, il faut bien avouer que notre Président de la république, Nicolas Sarkozy, s’en sort particulièrement bien. En fait, il y a bien longtemps que la France n’avait pas bénéficié d’une telle aura en dehors de ses frontières. Il faut savoir le reconnaître…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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