Pas besoin d’être un grand expert…

Voilà quelques décennies un professeur d’économie, nous enseignait que c’est en s’éloignant du sujet, que l’on remarque, que l’on prend conscience de ses véritables particularités… Et j’avoue avoir bien souvent tenté d’appliquer dans ma vie professionnelle comme privée, ce précieux conseil. Alors, comme de logique, la crise économique que nous vivons devrait nous imposer cette précaution de réserve. Sauf, force est de le constater, qu’il n’est pas besoin de s’éloigner ou de prendre de la hauteur pour comprendre que tout va mal dans ce pays ; que la crise est un bon prétexte pour camoufler toutes les carences et abus en tous genres qui permettent seulement et comme toujours, à une minorité de pouvoir encore surfer sur la vague, mais pour combien de temps ? Avec cette crise qu’aucun de nos supers experts n’a vu venir, ce sont plus de 30.000 milliards d’euros qui sont partis en fumée sur les marchés boursiers du globe, soit l’équivalent de 40 % du PIB mondial. Ainsi, pour la seule place boursière de Paris, on relève une perte -42 % en 2008 et ça n’est pas fini, car 2009 va nous réserver encore d’autres surprises. Idem à Francfort, Tokyo, Londres et dans une moindre mesure, à Wall Street. Non, l’année 2009 ne sera pas celle du rebond tant attendu et au plus au niveau de l’Etat, on le sait très bien. N’est-ce pas notre Premier Ministre, François Fillon qui parle de 2014 pour retrouver l’équilibre ? 
Déconnection totale

La relance n’est pas là car il n’y a plus d’argent dans les caisses, mais surtout parce que les Français n’ont plus confiance en leurs dirigeants. Ils ne sont dupes de rien : si les caisses peuvent encore se renflouer aujourd’hui, c’est avec l’argent économisé par les plus modestes d’entre eux, les petits épargnants. Sauf qu’aujourd’hui, conscients du processus en cours, ils ne sont pas décidés à se laisser gérer leur avenir sans garantie. Comme au plus mauvais moment de leur histoire, ils deviennent inventifs, créatifs, prêts à ne plus se laisser berner.
Et ça n’est pas le baroud d’honneur des trois dernières séances consécutives de hausse à la bourse de Paris, anecdotiques au regard de la faiblesse des volumes échangés, qui masqueront l’essentiel : l’Etat est en faillite. Même le plan Obama aura du mal à redonner confiance.
Avec un constat profond qui gagne peu à peu nos concitoyens. A savoir que nos dirigeants ne savent ni anticiper, ni bâtir un plan de rénovation d’envergure, répondant aux attentes précises de notre économie. Mais surtout que ces hommes et ces femmes de qualités affirmées, qu’ils soient de gauche comme de droite, entourés de spécialistes en tous genres, dotés de systèmes de contrôles efficaces, ne savent pas influer sur les attentes réelles qu’impose la gestion efficace d’un pays. Probablement un problème d’écoute, de prise en compte et de gestion des objections, mais surtout une déconnection totale avec le terrain, avec le quotidien des Français. Aussi, un manque notoire de savoir, de volonté comme de courage, en matière de communication, voilà où se trouve le mal récurrent qui gangrène notre pays. Oui, au plus haut niveau de l’Etat, comme dans une entreprise, l’homme décisionnaire doit communiquer ses plans d’actions en stratifiant sa méthodologie et en prenant en compte les critères les plus simples. Il doit s’imposer la transparence car c’est probablement là, où se trouve le mal français.

Le monde est à refaire

Une attitude maladroite qui voudrait nous faire croire que nous ne sommes pas assez matures pour entendre et comprendre la situation de marasme économique dans lequel se trouve notre pays, la planète entière.
Et surtout avec ce mal chronique qui veut que l’on tape toujours sur les mêmes : les petits. Il sera facile de taxer une Pme-Pmi, un artisan pour un retard de 2 jours dans le paiement de ses cotisations. Et dans le même temps, exonérer voire effacer les dettes d’une grande structure qui aura assimilé dans sa politique de gestion, le chantage à l’emploi.
En fait, depuis de trop nombreuses années, l’argent était trop facile à gagner en spéculant en bourse. Alors qu’ici et là on vous rebat à tue-tête qu’il n’y a qu’une seule façon de le gagner, c’est le travail. Dans notre société trop de parasites perçoivent de grosses sommes sans rien faire, est-ce normal ?!! Quand un crash se présente, c’est encore l’argent des contribuables et des épargnants populaires qui résolvent les problèmes. Encore une fois, est-ce normal ?
Le monde est à refaire, d’autres équilibres de gouvernance sont à imaginer. C’est une certitude, il est temps de se mettre au boulot…  

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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