Où sont les de Gaulle, les Mendès-France, d’aujourd’hui ?

A quelques jours de ce premier tour dela Présidentielle, je ne sais si l’on a le droit d’être sévère avec nos politiques. Si finalement ils ne sont pas le seul reflet possible d’une société qui a peur de dire ses maux ; d’avouer ses carences, ses faiblesses, ses lâchetés, son mépris de soi pour ne pas oser affronter son destin, ses obligations et devoirs.

Si finalement dans quinze jours ce ne sera pas celui qui aura osé le moins dans ses engagements de campagne. Plus, dont on ignore tout de ses capacités à gouverner, pour n’avoir en 30 ans de carrière politique même pas été secrétaire d’Etat dans un gouvernement. Oui, si celui qui a gagné par défaut face à DSK, ne fera pas de même dans peu de jours en devançant un Nicolas Sarkozy à qui rien n’aura été épargné. Oui, si comme annoncé partout François Hollande, le bien nommé, ne créera pas auprès de nos concitoyens, consensus, par défaut, autour de son nom. S’il ne parviendra pas à convaincre des Français plus enclins à rêver encore, à des prises de Bastille illusoires qu’à simplement imaginer d’autres matins qui déchantent.

Au point de vouloir tout, sauf le résident actuel de l’Elysée, qui aura eu le tort, il faut le reconnaître, d’oublier durant quasi les cinq années de son mandat les fondamentaux de la politique. A savoir de communiquer aux Français où il souhaitait les mener, d’avoir oublié aussi le terrain pour expliquer les raisons et les remèdes proposés pour affronter la crise. Au point qu’aujourd’hui, il a beau dire, faire et démontrer du travail effectué, le plus dur étant passé et les Français ayant peu de mémoire, sans états d’âmes et sans gêne, ils menacent logiquement de changer de monture…

Un Président de la République, comme toujours à droite, qui sera aussi peu aidé par ses propres troupes, plus enclins à penser, comme en Midi-Pyrénées, à leurs guerres de chapelles pour gagner le leadership local qu’à penser encore une fois à l’intérêt supérieur. Et même demain à se réclamer du Centre si l’intérêt est là, alors qu’aujourd’hui ils ne pensent qu’à savonner la planche de leurs alliés historiques

Des citoyens chauffeurs de salles ?

Et surtout cette impression tenace qu’à droite comme à gauche, encore une fois, le rôle des Français est ramené à sa plus simple expression, de bénis oui-oui, capables seulement de faire nombre et de subir les maux du quotidien. Comme si les citoyens engagés que nous sommes tous pour faire bouillir la marmite France, n’étaient pas conscients que demain existera encore. Que notre sens de la responsabilité envers les autres et surtout envers nous-mêmes omettait de nous rappeler que nous pouvons et surtout devons agir sur ce destin, notre destin. Qu’il est temps de penser que la société n’est pas responsable de nos freins, hésitations et carences. Car ce devrait être le propre de l’Homme que de ne pas se laisser entraîner dans la dérive collective ; de finalement se contenter d’aboyer avec la meute, par manque de courage, de volonté d’honorer ses signes distinctifs tout en respectant son prochain. De comprendre et surtout de faire comprendre à nos élus de toutes origines que sans le Peuple, ils ne sont rien.

Alors, aujourd’hui, plus qu’hier, peut-être est-il urgent de se poser la question de savoir où en est notre pays. S’il a encore un avenir pérenne ? S’il peut toujours garantir à ses enfants des rêves à partager ? Si à trop vouloir jouer, ici et là, les donneurs de leçon, il n’est pas passé à côté de l’essentiel, à savoir garantir le meilleur d’abord aux siens. Ceci avant d’espérer croire d’être capable d’inventer le bonheur «made in France» que nous envierait la planète entière.

Où est le candidat idéal ?

Oui, lequel sera capable de nous éclairer, nous faire accepter, encore aujourd’hui, cette vision des choses ? Cette vérité, pas très bonne à dire, qui veut que l’on ne peut envisager un avenir serein pourla France, sans réformer nos mentalités, sans concevoir une véritable sagesse populaire, seule parade pour éviter demain à notre pays de graves désillusions. Face à la montée des extrêmes, droite et gauche, seule une politique ambitieuse et bien comprise par tous est capable d’apporter le consensus, d’éviter le pire. Alors qui pour être capable de nous le faire admettre demain, d’agir pour reconstituer au plus vite le tissu social en rassemblant tous les concours possibles et par-delà les clivages ou fonds de commerces dépassés. Tous claironnent, que le système est vieilli et fait trop la part belle au court terme. Mais qui pour avoir le courage d’appliquer les réformes nécessaires à remettre l’égalité et la justice au cœur des préoccupations des Français et surtout de nos dirigeants, qui trop souvent oublient les efforts à faire.

Ne peut-on pas espérer que les présidentielles de 2012, comme les élections législatives qui suivront voire même les municipales, fassent se lever une génération de femmes et d’hommes moins usés dans les combats d’hier et moins obnubilés par les héritages ; plus modestes, plus proches de nous. Qui ? Oui, qui pour être à la hauteur de ce défi pour la France ?

Où est l’Homme providentiel ?

Mais à moins d’inventer de nouvelles utopies mobilisatrices, comme on le voit ici et là à gauche, comment parvenir à rassembler, à redonner le sourire et la foi en demain à des Français désabusés et des Européens recroquevillés sur leurs frontières imaginaires, mais dont les destins sont pourtant liés. Les Français seront-ils toujours incapables d’avoir une vision claire de la géopolitique et des enjeux qui se trament en coulisse ? Ne pourront-ils jamais admettre, de nos politiques, qu’ils peuvent avoir le courage de nous annoncer les choses difficiles, sans pour autant craindre l’impopularité et surtout de perdre leurs fauteuils ?

La quête du pouvoir, pratiquer l’art de la politique vraie est une responsabilité, pas un miroir trompeur de satisfaction pour soi-même. Une liberté en action, pas la soumission à des entourages, à des instituts de sondages qui pourraient manipuler les moins avertis.

Les Français, c’est leur force et leur faiblesse, ont une conception de la liberté qui privilégie généralement la résistance plus que la participation. Même si le plus juste reste d’être conscient que nous avons tous une responsabilité si faillite collective il y avait. Car nous sommes sur le terrain des relais et que de notre volonté d’agir dans le bon sens ou pas dépend notre avenir et surtout celui de nos enfants. Or aujourd’hui, plus qu’hier, il s’agit d’apprendre à œuvrer ensemble, pour le bien-être de son quartier, de sa ville et a fortiori de son pays.

Alors, qui pour faire qu’enfin notre pays ne devienne pas «une variable» qui joue à pile ou face dans le débat mondial, mais demeure une constante grâce à la force de conviction de ses leaders politiques et à la solidarité entre les Français ? Qui au soir du 6 mai, sera capable de rassembler plus largement que certains voudraient l’admettre ?

Les de Gaulle, les Mendès-France existent. A nous de vouloir les révéler.

André Gallego

Directeur dela Publication

andreg@aol.com



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