Otages et terroristes

Francis Manaud

On peut toujours se prononcer contre des évidences mais c’est parfois difficile voire paradoxal. Tel a été le cas lors de la prise d’otages en Algérie par un commando jihadiste dans une proportion jamais atteinte. Il fallait pour faire face à une telle attaque que les autorités algériennes prennent une décision rapide et efficace. Outre le fait que les Algériens ne négocient jamais avec des terroristes, on pouvait toujours se demander quelles auraient pu être les bases d’éventuelles négociations. Si une telle éventualité peut être envisagée lorsqu’il s’agit d’otages isolés, on ne voit pas comment cela aurait été possible compte tenu de la diversité des nationalités en cause et par ailleurs de la détermination dont avait fait preuve le commando en s’attaquant à l’un des centres stratégiques d’extraction gazière d’Algérie. On connaît bien les difficultés rencontrées lors de telles discussions sans oublier leur longueur et les exigences mises en avant par les preneurs d’otages. Il est toujours question de versement de rançons plus ou moins importantes qui servent par ailleurs à alimenter les matériels et armes de guerre destinées à propager désordres et exactions en tous genres. En décidant l’emploi de la force, les autorités algériennes ont fait preuve de bon sens et de pragmatisme sans lesquels l’issue aurait trainé en longueur pour une fin identique.

 

Envoyer un signal fort

 

La détermination des terroristes était totale car comment auraient-ils fait pour s’échapper du piège dans lequel ils s’étaient enfermés volontairement ? Fuir avec les otages compte tenu de leur nombre était impossible du fait de la faiblesse de leurs moyens de transport à moins de laisser sur place une partie de leurs propres forces. De toute façon, ils avaient certainement prévu de mourir sur place en faisant le plus grand nombre de victimes possibles parmi les étrangers qu’ils avaient soigneusement sélectionnés en écartant le personnel algérien. Ils montraient ainsi à l’évidence que leur souci était d’envoyer un signal fort à la communauté internationale et montrer le risque encouru qu’il y avait à se trouver sur leur territoire pour y travailler. En forçant les autorités à intervenir en force, ils savaient très bien que les gouvernements concernés protesteraient sur la méthode employée et qu’ils feraient pression sur leurs ressortissants pour qu’ils ne viennent plus prêter leur concours à un gouvernement algérien devenu de longue date ennemi du terrorisme et donc de la cause jihadiste. La guerre au Mali et la présence en masse de l’aviation française appuyée par les drones américains va rendre difficile et dangereux le déplacement dans le désert et donc le regroupement des forces terroristes. Ils vont devoir se fondre comme toujours dans une population des villes et des villages pour être confondus en continuant à provoquer la terreur. Sûrement tenteront-ils par ailleurs d’exporter leur guerre de religion dans les pays qui les combattent pour essayer de desserrer l’étau qui ne va pas manquer de les serrer. Plus que jamais nous devrons être prudents et vigilants.

 

Francis Manaud



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