OBAMA ; L’Espoir plutôt que la peur…

… «Je vous promets, ici en Amérique, mais aussi en Irak, en Afghanistan, un avenir de paix et de dignité, dans lequel nous entraînerons le monde derrière nous. L’esprit plus fort ne peut être vaincu. Nous avons refusé de nous laisser abattre, nous n’avons jamais renoncé, les yeux fixés vers l’horizon. A la grâce de Dieu… Que Dieu vous bénisse et bénisse les Etats-Unis d’Amérique…».
C’est par ces mots que Barack Hussein Obama a conclu, devant plus de 2 millions de spectateurs qui avaient bravé le froid, son discours d’investiture à la Présidence Américaine.

En écoutant le nouvel homme fort américain, cet homme de conviction qui impose même et comme de logique son deuxième prénom, “Hussein”, qui voilà peu aurait présenté un handicap insurmontable, oui, devant mon écran télé, emporté moi aussi par cette émotion, je ne sais pourquoi, je pense à un autre grand d’Amérique qui aura fait beaucoup pour justement que le rêve américain s’accomplisse aussi. Mais on le sait moins…
Cet homme, c’est Sammy Davis Jr. Oui, l’artiste américain touche-à-tout, comédien, danseur, chanteur, et surtout musicien qui dira, dans les années 60 «qu’il avait tout pour plaire, lui le noir, borgne et juif»…
Et pourtant, avec ses potes italo-américains, Franck Sinatra et Dean Martin, des références dans cette Amérique plurielle, il deviendra une star incontournable. Prenant plus que d’autres, conscience que les projecteurs constituaient une sorte de bouclier contre le racisme. «Mon talent était une arme, une force, un moyen de me défendre. C’était le seul moyen dont je disposais pour tenter de faire réfléchir la personne en face de moi». Mais ce que l’on sait moins c’est qu’au faîte de sa gloire, il refusera de jouer dans les salles qui pratiquent la sé-grégation. Ces refus participeront à l’arrêt des discriminations dans les clubs de Las Vegas, de Miami Beach, comme dans l’ensemble des casinos de l’Etat du Nevada.
Dans une Amérique profondément ségrégationniste, où dans 31 Etats, les mariages interraciaux sont alors interdits par la loi ; en 1960, il crée là aussi la polémique en épousant l’actrice blanche d’origine suédoise May Britt. Il sera aux côtés de Martin Luther King, mais partagera plus de complicité, plus directement les combats, avec son ami, le révérend Jesse Jackson. De ceux qui par leurs luttes quotidiennes participeront à faire abolir par la Cour Suprême américaine bon nombre de lois racistes. Converti au Judaïsme il rapprochera souvent la condition des noirs américains avec celle du peuple juif : «Les Juifs ne peuvent pas disparaître. Trois siècles d’enseignement prophétique les ont résignés et ont fait naître en eux un désir de vivre qu’aucune tragédie ne pourrait anéantir.»

 

Obama, le relais naturel

Une leçon de persévérance dont aura bien besoin le nouveau Président des Etats-Unis qui, passé le moment d’engouement, se devra, plus qu’un autre à sa place, de se montrer supérieur et infaillible. Sauf qu’il n’est pas certain, surtout dans le contexte économique mondial et même avec l’opinion publique qui le porte, que le 44ème Président des USA, ait une marge de manœuvre plus large que celle d’un Nicolas Sarkozy en France.
Ne l’oublions pas et revenons sur terre : l’Amérique connaît un déficit record paralysant et la crise financière y a des répercutions qu’aucun candidat à la présidence n’aurait pu prévoir. D’ailleurs dans son discours qui aura duré à peine 20 minutes, Barack Hussein Obama s’est bien gardé de faire des propositions très concrètes. Ses promesses électorales comme son discours d’investiture se limitaient à peu près à un désengagement en Irak voire en Afghanistan, un accès aux soins médicaux, plus quelques promesses pour l’environnement et la baisse des d’impôts. Sauf que son gouvernement sera prisonnier, probablement même plus qu’hier en cette période de crise, de nombreux lobbies très actifs au Congrès ; parmi lesquels et comme toujours ceux des industries de l’armement et annexes. Idem avec l’accès aux soins médicaux pour tous : Un vœu pieux, incompatible avec un système médical “capitaliste” qui veut que chacun se constitue financièrement sa propre protection.
On ne change pas tout un système pernicieux en claquant des doigts. Et la Bourse américaine en clôturant à -4 % le jour même de son investiture le rappelle aux dures réalités de celui qui a le pouvoir, mais ne maîtrise pas tous les outils.
Sans oublier les deux sujets sensibles qui sont aussi au cœur de l’actualité sensible : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine, et la bande de Gaza, bien entendu.
Alors, dans cette période encore de vœux, souhaitons au nouveau Président Américain qu’un sort plus clément l’accompagne et le guide vers plus de clairvoyance que son prédécesseur. Car bien évidemment, alors qu’il vient à peine de franchir le premier pas à la Maison Blanche et comme dans tous les beaux contes de fées, voire les meilleures productions… hollywoodiennes, il arrivera forcément et fatalement, le moment des premiers doutes.
Et là se posera la seule question qui vaille que l’on se pose : Barack Hussein Obama représente-t-il bien ce changement incarné pendant sa campagne aux Présidentielles ? Un changement de mentalités et même de valeurs où l’Homme retrouverait enfin la place centrale dans nos préoccupations.  
Dans peu de jours nous le saurons…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication

Pour réagir à l’actualité, n’hésitez pas à m’écrire à l’adresse-mail suivante :andreg@aol.com



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