Nos retraites, qui va les payer ?

Pendant que l’on nous parle de la crise économique qui gagne toujours plus les places financières, dans bien des domaines, il y a un refus de nos gouvernants de voir la réalité en face. Voyez nos retraites, il va manquer 25 milliards d’euros en 2020 pour les équilibrer !
Mais surtout, le plus difficile à aborder, à avouer, c’est l’obligation de revoir les équilibres entre tous les bénéficiaires. Oui, il faut remettre tout à plat et vite, revoir les disparités inconcevables, notamment sur le plan de la durée des cotisations, entre le privé et le public.
Et pourquoi pas, tant qu’on y est, revoir les retraites dorées comme les avantages inavoués, de nos hauts fonctionnaires comme de nos députés, nos sénateurs, nos ministres et autres favorisés de nos corps constitués. Mais ça n’est pas gagné.
Tenez, à titre d’exemple, sait-on qu’au départ de Jacques Chirac, c’est plus de 700 privilégiés ou recalés de la République qui ont été recasés ici et là, au frais de la princesse… On pourrait ajouter à cette liste, les députés, les maires, les sénateurs et autres élus de Droite comme de Gauche, battus aux dernières élections et à qui l’on a donné l’opportunité de rebondir…
Mais ils ne sont pas les seuls, sans parler des stock-options de nos grands patrons, que dire des privilèges exorbitants accordés à nos nombreux conseillers d’état et ambassadeurs, nos inspecteurs des finances, nos conservateurs des hypothèques, nos délégués à la musique, au théâtre, etc… Tous ces privilégiés touchent des salaires entre 70.000 € et 120.000 € et se verront aussi attribuer des retraites approchant les 75 %, desdites sommes ???

Les carriéristes du privé, les mal lotis de demain ?

Alors que dans le même temps de plus en plus de personnes touchent seulement le minimum vieillesse 628 €/mois … Particulièrement celles et ceux qui ont fait toute leur carrière dans le privé, la majorité dans ce pays. Moins encore pour les victimes des “carrières chaotiques”, avec des CV englués dans des fermetures d’entreprises, des délocalisations…
Quant à ceux qui pensent que la solution se trouve dans l’allongement du temps de cotisation, ils se trompent gravement. En fait qu’il passe à 41, 42, 43 voire 44 années, les initiés savent qu’il ne va qu’aggraver les injustices.
C’est dans l’harmonisation de l’âge de départ à la retraite qu’il va falloir se pencher vite et pour tous les corps de métiers, fonctionnaires ou privés… Que certains puissent encore partir à 50 ans, cela relève de plus en plus de l’indécence…
Mais l’on peut aussi s’interroger sur les 700.000 emplois qui, dans notre pays, ne trouvent pas preneur, avec la résonance abrupte de charges sociales non perçues. S’interroger aussi, sur le train de vie des organismes de retrai-tes complémentaires, les salai-res de leurs dirigeants et particulièrement sur l’étendue de leur patrimoine immobilier, leurs bureaux, quid des frais de fonctionnement comme de leur dévaluation en cette période de crise ?
Beaucoup de pays européens ont depuis longtemps réfléchi sur le sujet et tentent d’apporter des solutions comme le Danemark, la Suède, l’Allemagne ou le Royaume Uni.
Mais l’exemple viendrait surtout du Luxembourg et de l’Espagne qui ont des régimes retraite en équilibre mais avec un âge de départ à la retraite qui est de 65 pour l’un et de 67 ans pour l’autre…

En France, on ne pourra pas continuer longtemps à se voiler la face. Qu’on se le dise…

André-Gérôme GALLEGO
Directeur de publication
andreg@aol.com


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