Nicolas Sarkozy emploie un petit braquet…

Face à une opinion mitigée, quant à la
méthode, comme au style, le Président de la République a voulu impulser un
nouveau comportement, après une année de sur place, voire même de recul. Il
faudra bien le reconnaître, un jour.

Oui, Nicolas Sarkozy s’est montré
finalement plus abordable, plus concerné par tout ce qui touche le quotidien
des Français. Après une première année, mi-figue mi-raisin, à vite oublier, qui
l’aura poussé à moins d’assurance, il aura montré sa détermination à aller
jusqu’au bout de sa logique, particulièrement en matière de réforme. Convaincu
et convaincant, il ne veut rien céder sur le fond comme sur la forme. Finalement
prenant à témoin, les quelque 12 millions de téléspectateurs sur la nécessité ou
pas de réformer la France.

Vaste chantier où tous ces prédécesseurs
se sont cassés le nez, avec pourtant le soutien d’une popularité bien plus
importante que celle «maîtrisée», à ce jour, par le jeune locataire de
l’Elysée. Sans aucune surprise, les supporters ont salué la prestation, les
opposants ont fustigé son incapacité, son impuissance. Quelques donneurs de
leçon ont même osé parler de malhonnêteté…

Pendant plus de 90mn, Nicolas Sarkozy
s’est livré à une explication de sa politique, reconnaissant, à plusieurs
reprises des erreurs d’appréciation, de communication, pour expliquer ce
«malentendu» avec les Français. Comme sur le thème du pouvoir d’achat, la préoccupation
première des Français, où le chef de l’Etat reconnaît que la vie de ses concitoyens
ne s’est pas «améliorée», mais ne garantit pas pour autant un horizon meilleur,
dans les prochains mois. On l’aurait deviné…

 

Piégés par le «rêve français»

 

Car en fait, hier comme aujourd’hui,
la crise mondiale va encore servir, de paravent à tous les manquements d’audace,
à tous les privilèges déguisés, ici et là, au détriment du mieux vivre du plus
grand nombre. Sauf qu’ailleurs en Europe on semble mieux s’en sortir et même
montrer l’exemple comme en Allemagne, mais aussi en Espagne et en Angleterre.

A se demander si les nantis des deux
bords de l’exécutif, qui vivent de la politique ou en marge, sont conscients
des inquiétudes de lendemain pour la plus grande majorité d’entre nous. Cette
majorité, toujours plus nombreuse qui voit, chaque jour un peu plus, son
pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil.  

Encore une fois on nous parlera
d’allocation miracle, avec la mise en place dès l’année prochaine du revenu de
solidarité active (RSA). Un revenu destiné, dit-on, à encourager le retour à
l’emploi. Sauf qu’aujourd’hui, ce qui paralyse et donc handicape la décision
d’embauche, c’est le taux anormalement élevé des charges sociales qui avoisine
les 80% du salaire. Un état de fait qui pousse toujours plus nos entreprises à
s’expatrier et les investisseurs étrangers à y regarder à deux fois avant de se
faire piéger par le «rêve français»… Qui pousse toujours plus de Pme-Pmi, le
poumon de l’économie française, à mettre la clef sous la porte sans que cela
n’émeuve quiconque. Un mal français qui annihile toute volonté d’investissement
comme de développement à court et surtout long terme.

Sans parler de cette mentalité à la
française qui nous veut toujours râleur, un tantinet jaloux du voisin et
surtout peu enclin à être fier de son entreprise.

 

Le clin d’œil
révélateur de Skoda…

 

Un comportement, que vient d’ailleurs de
mettre en avant, pour communiquer sur son dernier produit, le constructeur
automobile Skoda. Ce dernier, à travers le spot télé qui valorise son dernier
modèle, met en scène une famille bien française qui fait sa crise de jalousie,
en constatant que son voisin immédiat vient d’acquérir la «merveille». Mais les
voilà rassurés quand une fiente d’oiseau vient la rendre moins attirante ;
s’exclamant : «il y a enfin une justice…». On comprendra qu’à aucun moment
ce couple typiquement français, ne se sera posé la question du «comment du
pourquoi» qui fait que leurs voisins réussissent à s’élever, mais pas eux…
Probablement la peur du risque qui les paralysera toute une vie, mais ne les
empêchera pas de critiquer l’autre voire même de tout faire pour lui nuire. Oui
la France et
les Français c’est aussi cela, ne l’oublions surtout pas, une mentalité de m… 

Alors quand Nicolas Sarkozy martèle la
nécessité de réformer tous azimuts et reprend l’une de ses vieilles antiennes
en regrettant qu’on «ne travaille pas assez» en France, on a envie de lui
souffler que le mal français est plus profond, qu’il faut surtout changer les
mentalités.

D’avoir le courage d’instaurer vite
une véritable justice, car quelque soit le domaine abordé, ici on juge, on
traite à la tête du client. Dis-moi qui tu es et…

Aujourd’hui, les Français sont lassés
de cette hypocrisie permanente de la part de celles et ceux qui détiennent le
pouvoir.

 

Et puis comme dirait mon pote rieumois,
un pur produit «made in France», en Espagne tout est moins cher d’au moins 30%,
essence comprise, et en plus c’est service compris et avec le sourire…

 

André-Gérôme GALLEGO

Directeur de la publication

andreg@aol.com



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