Morosité ambiante…

Vous avez dit morosité ? Oui
morosité, c’est le leitmotiv ambiant qui gagne peu à peu les esprits de la
majorité des Français qui ont toujours plus de mal à gérer le quotidien
économique ; et pas seulement.

 

En fait un découragement qui gagne toujours plus, le nombre
important de foyers qui constitue la classe dite moyenne, mais surtout la
classe silencieuse. Celle qui chaque jour, vaille que vaille, au prix de mille
sacrifices permet à l’édifice France d’avoir un sens, des ambitions, des rêves
d’avance à partager… Oui cette France des sans nom, celle à qui on impose
toujours plus de sacrifices et que bien souvent on culpabilise d’avoir
réussi ; réussite due, on l’oublie souvent, à son seul travail et une ou
deux générations de sacrifices. Celle que l’on veut rouler dans la farine, avec
des grandes tirades sur la démocratie, les droits de l’Homme qui animeraient
soi-disant tous les faits et gestes de nos dirigeants, sauf qu’il y a belle
lurette qu’il n’y a plus, d’équité, de justice et même de sécurité dans ce
pays.

Et voilà aussi, pourquoi cette majorité dite responsable,
paraît-il apte à prendre tous les coups bas, a pourtant tendance, aujourd’hui,
à baisser les bras.  A force de s’épuiser
face à toutes ces injustices qui composent son quotidien, elle n’a plus la
ressource, la force nécessaire pour rebondir. Elle ne sent plus, finalement,
son destin maîtrisé et réalise toujours plus que ses jours sont comptés. Elle
s’imagine même condamnée inexorablement à disparaître. Et là réside le danger
pour notre mode de société, pour notre pays, car, que l’on ne s’y trompe pas,
cette «classe moyenne», c’est elle qui porte le destin de notre pays sur «ses
épaules».

 Si demain elle baisse
les bras, le chaos ne sera pas loin

 Mais me direz-vous, il est toujours facile de faire des
constats, mais plus difficile de créer et de poser notre avenir plus ambitieux…
Car la conjoncture est là, si la
France
s’enlise dans ses inconstances et perd de son crédit,
c’est que son économie dépend surtout du comportement de ses partenaires
européens et mondiaux. Vous aurez en partie raison et vous n’hésiterez pas,
aussi et comme toujours, à prendre pour cible nos politiques. Tous, reconnus
comme des gestionnaires efficaces quand le bateau a atteint son rythme de
croisière. Mais quasi inexistants quand il faudra créer ; car cela n’est
pas donné à tous. Ce fut le cas de Lionel Jospin, dans une époque pourtant
propice, il a bien géré, mais n’a rien créé. Au contraire il a même constitué
une cagnotte, pensant que cela lui donnerait plus de crédit pour accéder à la
plus haute marche de l’Elysée. L’ayant pensé si fort qu’il s’est pris les pieds
dans le tapis. Jean-Pierre Raffarin aurait bien voulu créer, sauf que les
caisses étaient vides. Quant à Dominique de Villepin, il a préféré faire du
surplace espérant que c’était le meilleur moyen pour être, lui aussi,
présidentiable.

Mais c’est Nicolas Sarkozy que les Français ont choisi. Un
véritable homme orchestre, présent sur tous les fronts, au point d‘éclipser
l’ensemble des «sujets», Premier ministre compris, qui composent son
gouvernement. Il veut créer, à tort ou à raison, changer aussi les mentalités
et il a le temps pour aller au bout de son rêve. Cependant, il ne semble pas
apte à maîtriser la méthode, la manière de le faire. Mais en existe-t-il
vraiment une ?

Eliminer les tricheurs

En fait, peut-être manque-t-il tout simplement à nos
politiques de l’audace à l’américaine, pour vivre avec un déficit abyssal et
s’appuyer justement dessus pour recréer la confiance et donc la consommation. Mais surtout, la
France
n’a plus d’Homme providentiel non plus, pour faire
croire aux Français que le sommet de l’Everest n’est pas très loin… Plus personne, non plus, pour mettre chaque Français en face
de ses propres responsabilités, lui rappeler ses devoirs envers la
collectivité. Oui, individuellement, nous avons notre rôle à jouer, tout en
nous appliquant à faire ce qui est juste.
Plus personne non plus pour valoriser que, dans l’immédiat,
c’est l’action et non le fruit de l’action qui importe. Plus personne pour nous
convaincre qu’il n’est peut-être pas en notre pouvoir, peut-être pas en notre
temps, qu’il y ait des fruits. Toutefois, cela ne signifie pas que nous devions
cesser de faire ce qui est juste. Nous ne saurons peut-être jamais ce qui
résultera de nos faits et gestes, mais si nous ne faisons rien, il n’en
résultera rien. Parce que, nous le savons, les acteurs de la diversité ne
sont ni les cultures, ni les Etats, ni les civilisations… Les acteurs de la
diversité sont les Hommes. Dans cet édifice France, nous avons tous un rôle à jouer, et
n’oublions pas que de notre comportement dépend le destin de l’Autre.
Le salut est à ce prix…
Quant aux tricheurs, grands et petits, il est temps de les
éliminer définitivement. Car c’est là que réside véritablement le mal français…

 

André-Gérôme GALLEGO

andreg@aol.com



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.