Miracle !

Francis Manaud

Tous les spécialistes, ou considérés comme tels, l’avaient prédit : l’équipe de France battue en Ukraine deux buts à zéro au match aller ne pouvait pas se qualifier pour la coupe du monde au Brésil. Et pourtant au terme d’une rencontre en tout point remarquable, l’impensable s’est produit à l’issue du match retour. Faut-il parler de miracle ou bien cette victoire appelle-t-elle des considérations plus empiriques qui peuvent expliquer un tel revirement ? Comme il est en usage dans cette équipe lors de l’exécution de l’hymne national, quelques joueurs s’abstiennent, certains remuent les lèvres, d’autres enfin s’exécutent et montrent ainsi leur attachement à l’unité nationale. On a pu remarquer lors de cet exercice que les petits accompagnateurs des joueurs chantaient à pleins poumons ; ce qui a peut-être influencé ceux qui s’étaient abstenus ? Ce faisant, ils ont de toute manière montré que l’hymne national est encore appris dans nos écoles, ce dont parfois il est permis de douter compte tenu de ce que d’aucuns considèrent comme ayant un caractère révolutionnaire. Il est pourtant des moments où sans révolution la conquête est impossible, la suite du match l’a bien montré. Et puis il y avait cette marée de drapeaux tricolores, soixante-dix mille peut-être plus.

 

L’équipe de France a trouvé son chef d’orchestre

 

Tout à coup, la nation venait de prendre corps, comme si soudain, plus rien ne pouvait arrêter cet élan populaire qui allait pousser son équipe vers la victoire. Peu à peu, cette équipe black, blanc, beur, allait trouver son articulation, ses automatismes, l’envie d’une réussite collective à l’image d’une France qui peut gagner dans la diversité pour peu qu’on lui montre la direction, le chemin du but. Cela faisait longtemps déjà que l’on ne voyait plus seul le drapeau français sinon accompagné du drapeau européen comme pour montrer que la France seule n’existe plus qu’accompagnée voire assistée. Et pourtant ce soir, c’est la France seule qui va aller à la victoire sans l’aide de personne si ce n’est avec tout un peuple qui a soif de la voir triompher. Le président de la république présent dans le stade n’a pas manqué de faire le parallèle avec les difficultés économiques du moment et la capacité d’une France combattante qui peut dans un sursaut de fierté se sortir des pires difficultés. Mais encore faut-il trouver les ressorts et les recettes nécessaires pour la faire réagir et redresser la courbe de son destin. Elle le peut dès qu’elle se sent en danger et ce match en a été la preuve flagrante. Il est indispensable que dans sa diversité, elle trouve le chemin de l’unité pour faire face à tous les défis qui sont devant elle. Mais pour cela comme pour que les individualités d’une équipe se révèlent dans l’unité, il faut un chef d’orchestre, un entraîneur de haut niveau. L’équipe de France de football a semble-t-il trouvé le sien. Il ne nous reste plus qu’à trouver le nôtre, celui qui saura unir et rassembler mais dans ce domaine le plus dur reste à faire.

 

Francis Manaud

 



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