L’Euro responsable de tous nos maux ?

Et surtout sa résonance directe sur le coût de la vie ?

Certes l’opinion couramment entendue prétend, à juste raison, que le passage à l’euro s’est accompagné d’une forte augmentation des prix. Que depuis l’avènement de la monnaie unique, tout est vraiment cher, trop cher même.
Les Français ne se tromperaient donc pas, quand dans une large proportion ils désignent l’Euro comme le premier responsable du dérapage des prix à la consommation ; de sa conséquence directe sur la baisse du pouvoir d’achat de chacun d’entre nous ?

Les faits leur donnent raison. Il est constaté, vérifié, contrôlé, qu’au changement de monnaie, bon nombre de petits malins en ont profité pour arrondir à l’euro supérieur. Ainsi du jour au lendemain et à titre d’exemple, un café qui coûtait dans un bar au maximum 2 francs s’est retrouvé valoir 1 €, soit 6,65 Frs, 300 % d’augmentation… Aujourd’hui, en 2009, le même café est à 1,50 €. Plus, après 14h bien souvent il passe à 2,5 €, sans que le législateur n’intervienne… Un phénomène de petite “roublardise” qui a gagné tous les corps de métiers.
Dans un autre registre, avez-vous constaté que pour ne pas nous faire toucher du doigt ces augmentations flagrantes des prix à la consommation, les spécialistes de l’agro-alimentaire s’ils n’ont pas changé l’emballage externe de leurs produits en ont réduit à l’intérieur le contenant ? Aujourd’hui, on ne vend plus une douzaine d’œufs, mais une boîte de 10 œufs.
Oui tout est bon pour nous abuser, d’autant que comme toujours il n’y a personne pour défendre le consommateur… Mais il est bon de noter aussi que nos pratiques d’achat ont beaucoup changé. Hier pour 30 centimes de différence du prix de l’essence à la pompe, on n’hésitait pas à changer nos habitudes pour aller au mieux disant. Aujourd’hui on mesure moins ces surcoûts et ainsi pour une différence de 0,10 €, soit 0,65 frs, on ne bouge plus.

Que fait le législateur ?

Pourtant, au passage de l’euro, en principe le législateur avait tout prévu. Les prix seraient bloqués durant 6 mois, ceci pour éviter tout dérapage ? Sauf que dès 2001, on ne le dit pas, les industriels comme la grande distribution ont anticipé ce blocage des prix, en augmentant leurs produits. Ce qui ne les a pourtant pas empêchés, après cette fameuse période de blocage, de lancer de nouvelles augmentations pour compenser les pertes disaient-ils. Mais quelles pertes ?
Oui, entre 2001 et 2003, le passage à l’euro a contribué à une augmentation spectaculaire des prix à la consommation qui n’aurait pas eu lieu autrement. Mais peut-on encore le dire en 2009 ? Le passage a eu lieu, certes avec difficulté, mais cet effet réel a été limité dans le temps, a cessé même de s’exercer, aujourd’hui.
Ces cinq dernières années, si les denrées alimentaires ont augmenté plus vite que le coût moyen de la vie, on le doit souvent aux sécheresses à répétition comme aux intempéries con-nues depuis cette période. Dans le secteur du logement, les dérapages étaient déjà là dès 1997…

Nos modes de vies ont changé

D’autre part, les modes de vie ont changé et comme le relevait récemment un institut spécialisé, en 1960, l’alimentation représentait 30 % du budget d’un ménage, les transports, le logement et l’habillement 12 % chacun. Sauf qu’en 2009, dans le budget d’une famille, l’alimentation ne représente plus que 14 %, l’habillement 5% ; par contre, les transports sont passés à +20 % et le logement à +30 %.  
Pourtant et malgré un pouvoir d’achat quasiment identique, des salaires qui ont à peine suivi l’inflation, les besoins considérés comme “incontournables” ont vu leur nombre augmen- ter. Voire basculer dans l’excès dès l’apparition du téléphone portable, Internet, la télévision par satellite, les baladeurs MP3, les lecteurs de DVD, et autres Ipod, mini-ordinateurs qui ont changé nos habitudes de consommation.  
Ce qui implique véritablement qu’hormis entre 2002 et 2003 voire 2004, il y a peu de lien de causes à effets, entre l’inflation et le fait d’utiliser l’euro à la place du franc.
Il faut s’en convaincre, aujourd’hui le sentiment de perte de pouvoir d’achat est surtout dû à l’apparition de nouveaux besoins d’identification en majeure partie liés à la téléphonie, l’informatique voire la voiture. Mais surtout dans des proportions nettement supérieures aux réelles capacités financières de la majorité des Français. Ce qui a conduit de fait à des restrictions sur les besoins de base et en particulier les denrées alimentaires, mais aussi les soins de première nécessité.
Aujourd’hui un ménage sur deux vit de crédit revolving… Le modèle américain serait-il en train de gagner la vieille Europe ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com

Laissez-les me jeter la pierre.
Le tas de pierre c’est le début du piédestal.
Molière


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