Les Toulousains sont-ils sales ?

Nos élus font-ils tout pour que notre ville soit la plus rayonnante possible ? C’est en fait et probablement un mélange des carences relevées des deux côtés, où l’on se pose, qui fait de Toulouse une ville sale et désordonnée…

 
…Une ville qui peu à peu perd de son charme d’antan et de son mieux vivre légendaire, de plus en plus rarement exprimé sauf dans quelques lieux typiques comme la place du Capitole, Saint-Pierre ou les bords de Garonne. Oui, Toulouse l’invincible a bien perdu de son âme conquérante, probablement un certain 21 septembre avec la catastrophe d’AZF, mais pas seulement. Pourtant voilà quelques mois l’on prétendait dur comme fer que nous allions devenir la capitale européenne de la culture, avec tout ce que cela entraînerait d’obligations, d’engagements, de comportements, pour satisfaire des cercles de qualités à établir, dans tous les domaines et particulièrement sur celui de la propreté. Sauf que si nous ne pouvions logiquement prétendre lutter contre des villes comme Marseille, Bordeaux ou Lyon, entre nous, force était de constater que nous n’aurions même pas pu lutter contre Nantes et Narbonne si cette dernière avait été en compétition. A titre d’exemple, un ami me relevait voilà peu, le changement frappant qu’il constatait chaque jour quand il quittait Toulouse pour entrer dans la ville de Blagnac humanisé, embellie et éclairée avec harmonie. Mais l’on pourrait parler aussi de la ville de Montauban, où l’on a aussi envie, plaisir à flâner le jour comme les soirs d’été, “à la fraîche”. A Toulouse sans parler de l’insécurité, où a-t-on, particulièrement à la tombée du jour, vraiment envie de se promener en famille, de prendre l’air ?

 

Vous avez dit propreté ?

La nouvelle Municipalité n’est en rien seule responsable de ce nouveau statut peu élogieux de ville sale. De ce nouveau label qui colle depuis quelques années à la ville Rose. Même s’il faut bien reconnaître que les nouveaux maîtres du Capitole, installés depuis plus d’un an n’ont rien fait pour inverser le cours des choses, voire même fixé dans bon nombre d’endroits un laisser-aller chronique qui désespère tous ceux qui vivent cette errance au quotidien. Oui, les Toulousains sont indisciplinés, peu respectueux de leur proche environnement. Mais qui pour les rappeler à l’ordre, les éduquer, trouver la parade à leur manque de civisme ? Comment se fait-il, pour l’exemple aussi, qu’il n’y ait pas une autorité pour rappeler que l’on ne doit sortir ses poubelles que la veille de leur ramassage ? Qu’elles ne doivent en aucun cas traîner toute une journée sur les trottoirs, particulièrement un dimanche, car ça fait désordre. Oui, faites un tour dans Toulouse le dimanche matin et vous allez être consternés par toutes ces poubelles qui débordent dans tous les sens et qui ne seront vidées au plus tôt que le lundi matin. Et si par hasard elles ont été visitées par les “chineurs des poubelles”, un sport à la mode, les dégâts sont encore plus frappants. Quelle image donne-t-on à ces touristes, ces visiteurs qui viennent, à un titre ou un autre, à la découverte de notre ville vantée ici et là, pour son mieux vivre légendaire, ses trésors d’architecture ? Faudra-t-il revoir tous ces critères valorisants ? Où se trouve la limite à ne pas dépasser pour qu’enfin des mesures radicales soient prises ?

 

Des Toulousains sales ?

Oui, des Toulousains sont sales et peu respectueux de leur voisinage, c’est une certitude. Il suffit pour s’en convaincre davantage d’arpenter les rues, particulièrement du centre ville et quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, pour constater que pour eux elles sont synonymes de poubelles. Ainsi il n’est pas rare de voir abandonnés sur les trottoirs et durant des semaines du mobilier cassé, des fins de déménagements, des télévisions, des ordinateurs. Toutes sortes d’encombrants qui vont gêner le quotidien des riverains par leur présence physique mais pas seulement. Pourtant, dans les quartiers toulousains, les éboueurs passent au moins deux fois par semaine. Ne serait-il pas possible, comme je l’avais préconisé en son temps, que le chauffeur de la benne note au quotidien ces anomalies ? Un service serait alors chargé de tout relever et de donner les consignes en conséquence. Il est bon de noter aussi que quand un Toulousain, respectueux de son environnement prévient les autorités municipales de sa volonté de se débarrasser de tel ou tel équipement obsolète, il lui est répondu qu’aucune solution n’existe pour lui. Sauf de payer ; bizarre ?

 

Architecture, façades

Sous la précédente administration, l’adjointe au maire de l’époque, Michèle Claux, avait engagé la réfection des façades d’immeubles toulousains, plus d’un millier. Qu’en est-il aujourd’hui de ce programme ambitieux ? Certaines façades pourraient être repeintes voire seulement nettoyées. Mais si la ville comme l’Etat pour leurs propres bâtiments ne montrent pas l’exemple, pourquoi le particulier le ferait-il ? Il suffit de faire un tour à la Cité administrative pour se faire une idée de l’ampleur des dégâts. Idem du côté de la gare, en façade comme dans les quartiers environnants, tout est sale, taggué… Même les boiseries de la Médiathèque ne sont pas entretenues. Au fait, comment admirer nos façades, si chaque mètre carré de nos trottoirs conserve un piège à nous proposer ? Voilà peu à Saint-Cyprien c’est une mamie de près de 85 ans qui a trébuché dans un trou occasionné par des travaux de raccordement, mais non signalés par les protections adéquates. Gravissime je-m’en-foutisme chronique que l’on constate partout… Oui, que dire aussi de nos trottoirs, victimes en permanence des travaux à répétition, jamais organisés, des grands monopoles d’Etat que sont les EDF, GDF, Veolia, France Telecom. Pour l’anecdote, sait-on qu’au fil du temps et des interventions des uns et des autres, place Wilson, près de 80 m2 de plaques de granit ont disparu ? Comme de logique, elles étaient enlevées le temps des réfections mais jamais remises, remplacées, le plus souvent par du ciment coloré… Le Journal Toulousain l’a signalé et tout est entré dans l’ordre.

 

Chiens errants ?

Sait-on que Toulouse est devenue la ville record en matière d’accueil des SDF et autres communautés marginales. Pour bon nombre, un mode de vie réaliste avec un soutien étatisé qui veut qu’individuellement chacun va percevoir de l’Etat 350 euros plus une aide de 50 euros par chien. Quasiment regroupés en communauté, sans frais particulier sauf celui du camping car, car bon nombre ne sont pas seulement à “pinces”… Dans le même temps, des familles entières qui elles sont dans de vraies difficultés, n’ont que peu d’écoute des pouvoirs en place. Pourtant elles se battent pour trouver un emploi, élever leurs enfants dans la dignité, mais en fait, elles n’intéressent pas grand monde… Sauf que ces marginaux avec leurs meutes de chiens sont aussi les premiers responsables des souillures relevées ici et là sur nos trottoirs.
Chaque jour avant minuit, tout le proche centre-ville, autour du Capitole, est nettoyé par des équipes municipales. Pourtant dans les quelques heures qui suivent, bien avant l’aube tout est déjà quasiment à refaire. A qui la faute ?
A Toulouse, il est temps de prendre au sérieux ce phénomène de laisser-aller qui veut que notre ville soit parmi les plus sales de France…
Il est temps de prendre conscience de la réalité, de cette gangrène qui gagne peu à peu tous les quartiers… Demain il sera trop tard.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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