Les Soldats de l’Info…

… Ils n’ont pour toute arme qu’un stylo, un bloc de papier, un appareil photos, souvent un dictaphone, une caméra et… beaucoup de courage : une foi en demain inébranlable. Ils sont journalistes, grands reporters, photographes, caméramen, techniciens. Tous, en connaissance de cause et par obligation professionnelle, s’exposent physiquement dans les coins les plus reculés, les plus difficiles, les plus dangereux de la planète. Bien souvent ils sont coupés du monde et toujours trop éloignés de leurs proches, de leurs familles. Ceci dans le seul but d’accomplir leur mission : nous garantir la meilleure information. Nous donner la vraie vérité sur ce qui se joue ici et là dans le monde. Ils sont les témoins de l’actualité, celle que l’on ne connaîtrait jamais, sans eux. Eux qui ont choisi entre Liberté d’expression, en allant la chercher au cœur des conflits et au risque de leur vie, et la sécurité du quotidien bien au chaud devant leur clavier, dans une salle de rédaction… Comme moi aujourd’hui, qui tente de les défendre.
Une profession en danger de mort…

Ils sont notre conscience. Les maillons forts d’une chaîne d’information à dimension planétaire qui fait que là où ils passent, là où ils sont, l’espoir renaît pour des populations parmi les plus déshérités de la planète. Des hommes, des femmes, des enfants en permanence coupés du monde, quasi à être les victimes d’intérêts supérieurs, de dictateurs comme de lobbies en tous genres. Pourtant comme nos confrères de France Télévision, kidnappés en Afghanistan, ces professionnels de l’information sont trop souvent la cible de critiques les plus lâches, notamment de la part de politiques, ceux-là même dont les services les utilisent pour contrôler, vérifier leurs propres informations à leur place. Quand ça n’est pas pour flatter leur ego quand l’obligation justement politique leur impose de se rendre sur le théâtre des opérations comme ils disent si bien.
Comment peut-on croire aujourd’hui, en 2010, que ces femmes et ces hommes pourraient prendre tous les risques dans le seul but de se garantir un prestige supérieur, ne parlons même pas de l’opportunité de “capter” le prix Pulitzer. Comment peut-on être, dans notre pays, aussi indulgent avec des spéléologues qui sont partis à l’aventure, ont pris des risques majeurs pour un objectif des plus flous et les ont surtout fait prendre à d’autres, leurs sauveteurs. Le tout, pour nous servir au final un vrai conte de Noël que même le plus cancre des scénaristes aurait bien eu du mal à nous faire avaler. Et a contrario, condamner 3 journalistes qui auront osé, au risque de leur vie, coller à l’actualité dans un pays, l’Afghanistan où le commun des mortels a bien du mal à penser qui est qui ? Qui travaille pour qui et quel jour ? Qui trafique avec qui ? Quels intérêts supérieurs cachent, depuis plus de 20 ans, toutes ses guérillas ?

 

Ils ont payé un lourd tribut…

En 2009, l’une des pires années pour la presse, on relèvera que 113 de nos confrères auront été assassinés parce qu’ils étaient simplement journalistes. Ainsi à la vue de ce sombre bilan, il est facile de tracer la carte des endroits où ils sont reconnus comme indésirables, bien souvent les premiers ennemis. Notamment aux Philippines, où 38 parmi eux ont été massacrés, il n’y a pas d’autres mots. Mais on peut aussi relever les dérives constatées au Mexique (13), en Somalie (9), au Pakistan (7) sans oublier l’Iran, la Chine, quelques pays d’Afrique et même la Russie, qui rejoint cette année le peloton de tête avec six morts.  
La FIJ, la Fédération Internationale des Journalistes, dénonce chaque année l’inaction des Etats auxquels l’ONU avait pourtant demandé de prendre des mesures pour protéger justement leurs journalistes particulièrement dans les zones de conflits. Alors pourquoi cette profession est-elle systématiquement une cible privilégiée pour toutes celles et ceux qui ont une parcelle de pouvoir, ici dans notre pays ou ailleurs ? Les mêmes qui dans le même temps ne peuvent pas se passer d’eux, si tant est qu’ils aient un message “capital” à nous faire passer.

 

Journaliste un métier de mal-aimés ?  

Que certains parmi nos confrères, soient reconnus com-me des courtisans patentés du pouvoir, qui n’ont en fait de journaliste que la Carte de Presse, pourquoi pas. Mais pour la majorité de cette corporation, le travail est bien nécessaire à ce que nous ne soyons pas totalement idiots ou abusés. Au cœur des combats, des luttes de pouvoirs, au risque de leur vie ils vont jusqu’aux frontières de l’inhumain et de l’horreur afin que nos consciences s’éveillent chaque jour davantage. Comment ne pas le reconnaître ? Un peu de discernement serait le bienvenu. Qui parmi nous aurait le courage d’exercer ce métier dans l’un des nombreux pays dans le monde où la règle est la dictature. Où chaque jour, à chaque coin de rue, on risque au minimum l’emprisonnement, au pire la mort… Et pourtant ces femmes et ces hommes, se lèvent chaque matin avec une seule motivation, une seule ambition celle d’aller à la rencontre de la vérité et surtout de nous la révéler au plus tôt. Mais aussi, soyons convaincus, de tout faire pour rentrer en vie le soir. Comme nous et heureusement, ils sont inquiets pour le devenir de leurs familles, de leurs enfants, à qui ils ont promis de revenir sains et saufs. Ils ne sont pas, comme on le dit trop souvent à la recherche du scoop, seulement d’une information plus complète, plus détaillée, mieux vérifiée, car là plus qu’ailleurs la manipulation est grande et lourde de conséquences supérieures. Une dépêche, une information n’est jamais anodine. Elle peut mê-me décider, ici ou là pour qui détient le pouvoir d’agir, d’une attitude décisive, bien souvent lourde de conséquence pour le commun des mortels.
Le vrai journaliste n’est pas au service de la propagande, même si sa sensibilité profonde va colorer obligatoirement sa manière d’anticiper, voire d’aborder, comme de réaliser, le sujet maître. Mais ceci est valable dans tous les métiers du monde et heureusement, me direz-vous.
Sauf que le métier de journaliste est par nature un contre pouvoir qui bien souvent dérange voire même plus et on l’a vu chez nous avec la tragédie de l’AZF… Car oui c’est un pouvoir que celui des images et des mots, mais c’est aussi une grande responsabilité au moment de les diffuser, de les publier.
Oui, une profession qui dérange mais de là à aller jusqu’à l’assassinat de ces représentants… D’autant que c’est peine perdue, il se lève chaque matin un journaliste qui a l’ambition de servir la cause supérieure : la cause humaine.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com
 
Une pensée pour nos confrères
et leurs familles…


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.