Les “sales gosses” nous ont faits rêver…

Au coup de sifflet final comme la plupart des Français, j’étais déçu, peiné, comme trahi par la soi-disant dure loi du sport. Finalement la loi de la vie, celle de notre quotidien, nous les petits, comme me le rappellera une amie proche.
Un quotidien où quelque soit le domaine abordé, on trouvera matière à aider les gros bras qui pourront jouer de la règle, alors que dans le même temps, on appliquera la loi aux modestes que nous sommes sans état d’âme, à la lettre et bien souvent plus.

La France n’a pas été battue par plus fort qu’elle, mais par le système qui bien avant le premier match, avait déjà fait de la Nouvelle Zélande le vainqueur désigné de cette Coupe du Monde disputée chez elle. Le fameux Monsieur Joubert n’ayant été que l’exécuteur testamentaire d’une décision prise en haut lieu rugbystique, rien de plus. Au fait, à quoi sert-il le père Lapasset, notre président de l’International Rugby Board ? Où défend-il nos intérêts quand on sait que les Français viennent de prendre près de 3 000 € d’amende pour avoir approché de trop près les Blacks durant l’exécution de leur fameux Haka. On pourra disserter encore longtemps sur la question du soi-disant fair-play anglosaxon. D’autant plus que le Haka, baptisé “Kapa o Pango”, n’est pas celui de la version proposée habituellement lors des fêtes de bienvenue et auparavant retenu par les Blacks, mais celui exécuté avant de partir à la guerre. Un “Kapa o Pango” qui propose au final, de simplement trancher la gorge de son ennemi. Un geste brutal, mais que son “maître d’oeuvre”, un certain Derek Lardelli, proche de Berlusconi, présentera comme la recherche du “souffle de la vie”, la recherche de “l’énergie vitale”. Tout un programme dont on verra en finale quelques applications sur le terrain dans des rushs dévastateurs qui avaient déjà fait leurs victi-mes, au tour précédent, les Australiens…

Où est la règle ?

C’est la question que l’on se doit de se poser aujourd’hui, après avoir vu et revu les images de ce match. Durant toute la partie, les Blacks se sont rendus coupables de tricheries comme de brutalités manifestes. Leur capitaine Richie McCaw montrant la voie. C’est lui qui viendra, autour de la mêlée, perturber le jeu des Français, sans que les arbitres n’interviennent. Le même qui châtiera Morgan Parra, jugé comme trop dangereux au pied et dont on ne verra à aucun moment le ralenti coupable. Sans oublier l’essai néo-zélandais entaché au départ d’une obstruction, etc. Sur les dégagements ou les chandelles avec des joueurs qui traînent à revenir dans leur camp et qui avec ruse ralentissent et même freinent l’avancée des Français. Mais que les trois arbitres ne verront pas, bien entendu.
Et puis j’avais tant envie que “les sales Gosses”, la bande de Marc Lièvremont et Thierry Dusautoir, viennent claquer le bec à tous ces mauvais coucheurs qui ne se sentent bien que dans la critique, le négatif de tout ce qui vibre et respire français. Ces mêmes oiseaux de malheur qui auraient été les premiers à fêter, la coupe de champagne à la main, la victoire, et à se rendre à Roissy pour accueillir nos favoris comme si de rien n’était. Des pisse-vinaigre capables de n’exister qu’en prenant pour cible l’Autre, pour peu qu’il ait une aura qui les dépasse.
Et pourtant cette équipe de France, qu’ils ont tant décriée, c’est elle qui fait vivre leur fond de commerce. C’est elle qui les nourrit et fait chaque dimanche ce qu’ils sont.
Tous ces sélectionneurs de pacotilles, qui n’ont joué au rugby qu’à la playstation, ont tout simplement oublié comme toujours, que derrière un nom se trouve une famille, des enfants, un club, une ville, un village : tout ce qui fait l’essence même de la vie et que l’on se doit de respecter, de ne jamais oublier.
Bien entendu, les Français n’ont pas été constants et l’on n’a pas toujours tout compris dans les choix du sélectionneur. Mais force est de reconnaître qu’ils ont été là quand il le fallait et particulièrement contre l’Angleterre et la Nouvelle Zélande. Entre les deux matchs, il y a eu cette fameuse demi-finale contre les Gallois. Un match où l’adversaire était nettement à leur portée, sauf qu’ils ont joué la peur au ventre. Quoi de plus normal quand on sait que c’est aujourd’hui que l’on gagne sa place au paradis ou probablement jamais.
La même équipe galloise, ils vont la rencontrer au Tournoi des 6 Nations et ils vont la dévorer… Mais là c’était une demi-finale de Coupe du Monde.
Et puis souvenons-nous, chez nous en 1998, les Bleus d’Aimé Jacquet ont eu les plus grandes peines du monde à se qualifier pour la finale. Ils ont eu beaucoup de chance en éliminant le Paraguay 1-0, qualifiés en demi-finale aux pénalties face à l’Italie et pour aller en finale, un mal fou à battre la Croatie 2-1. Des Croates qui mèneront même 1-0 et ne seront battus que grâce à un certain Thuram qui marquera 2 buts venus d’ailleurs… Probablement les deux seuls qui seront marqués durant toute sa carrière.

Des exemples à suivre

Et puis cette équipe de France a, au-delà de ce qui fait l’essence même du rugby, montré des valeurs nouvelles que l’on se devrait de reconnaître. Et pourquoi pas de mettre en application, dans notre vie de tous les jours, si l’on veut avoir une chance de gagner pour être simplement nous-mêmes. Une méthode, un style, une manière d’être que ne manqueront pas d’exploiter quelques conseillers pour les appliquer en entreprise ; c’est écrit.

Oui, l’équipe de France, c’était depuis 4 années un projet, une ambition pour gagner la Coupe du Monde en Nouvelle Zélande. Pas uniquement pour faire en Europe un énième grand Chelem qui n’apporte plus rien même s’il a été réalisé d’entrée de jeu la première année… Mais pour décider d’une manière scientifique la stratégie, le plan d’action, le système de jeu à appliquer pour se donner les moyens d’aller jusqu’au bout ; d’atteindre le Graal. Il ne s’en est fallu que de peu.
Il est vrai que plus d’une fois Marc Lièvremont a joué et même oublié les fondamentaux qui faisaient la force du rugby d’hier, le french flair. Mais n’ont-ils pas, lui et son staff, au contraire inventé le rugby de demain, plus réaliste, plus solide, plus pertinent vu les gabarits et les potentialités de chaque joueur ? Un jeu d’attaque/défense, un “tout-en-un” prôné par le Sheriff Lièvremont qui, s’il n’a pas levé une franche adhésion, a au fil de la mission, démontré qu’il n’était pas là par hasard, par défaut. Un jeu vivant, puissant, fait de courage et d’abnégation, excessivement humain qui change de visage quasiment à chaque rencontre. Avec une remise en question permanente, un inconfort dans lequel les joueurs ont été tenus en permanence. Comme un pacte “à la vie à la mort” qui fait le collectif et l’osmose seuls capables d’offrir les plus belles conquêtes.
Un ordre de marche qui prend conscience et accepte les incontournables données d’un jeu qui a pour lien un ballon ovale aux rebonds bien capricieux. Un sport qui malgré tout est et reste un ciment entre les couches sociales, entre les peuples de tous les pays, un moyen de promotion pour les plus défavorisés, un lien entre les générations. Un sport où l’on salue ceux contre qui l’on s’est battu, où l’entraîneur ne critique pas l’arbitre, où les supporters se retrouvent à la fin du match pour une belle communion de fête. Vive ce sport magique, le RUGBY !
Marc, tu va nous manquer.

Une pensée pour ceux qui, dans une autre vie professionnelle, m’ont fait connaître et apprécier le Rugby, les Fernand Laborie, Raymond Sautet, Henry Gatineau, André Raynal, Georges Pastre, Henry Nayrou, Alain lafay. Nous étions tous d’un Midi-Olympique d’un autre temps… Ils me manquent tous…



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