Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Les réformes: Un vœu pieu ?

Francis Manaud

Le bon sens populaire nous enseigne que « gouverner c’est prévoir » et si l’on fait nôtre cette maxime de bon sens, il y a maintenant bien des années que la France a cessé d’être gouvernée.

La France ressemble de plus en plus à un vieux tissu de laine mité auquel on rajoute çà et là quelques pièces mal ajustées pour lui conserver un semblant d’utilité et pour ne pas dire qu’il est à remplacer en totalité. C’est au fur et à mesure que l’on découvre les problèmes qui se présentent à nous que nos gouvernants se précipitent au parlement pour pondre des lois souvent incomplètes et que l’on doit rectifier à la session suivante. Les exemples sont multiples et pour ne citer qu’elle, la soi-disant réforme des retraites demeure un serpent de mer dont l’on peut penser que nos arrière-petits enfants en parleront encore dans cent ans. On refuse obstinément de prendre en compte le principe incontournable de la longévité de la vie pour s’arc-bouter sur de vieux principes qui datent de la révolution industrielle, quand les hommes mouraient à soixante ans, que les trains étaient à vapeur et que l’on commençait à travailler à quatorze ans en exerçant des travaux pénibles. Alors que chaque jour le monde et les hommes évoluent pour améliorer leur existence, nos hommes politiques semblent aveugles et se figent dans un passé sans cesse rendu obsolète par la modernité. Il est vrai que réformer est électoralement incompatible avec une longévité politique tout au moins si l’on ne prend pas la peine d’une indispensable pédagogie, notion qui semble totalement étrangère à ceux qui nous gouvernent.

 

Un homme assez courageux ?

 

Certes, il n’est pas facile d’expliquer à un salarié qu’il va devoir traverser la France et se réimplanter ailleurs pour retrouver un travail, mais vaut-il mieux le laisser au chômage dans l’hypothétique espoir d’une reprise d’activité autour de sa maison ? Et pourquoi vouloir à toute force s’accrocher au système de retraite par répartition, quand l’on sait parfaitement qu’il ne permettra plus compte tenu de l’évolution des carrières à garantir des retraites décentes ? La peur des syndicats et de leurs combats d’arrière-garde sur les avantages acquis ? La peur de devoir expliquer que le monde change et qu’il faut changer avec lui ? Faut-il encore parler de la réforme toujours évoquée et jamais accomplie de notre système fiscal ? Cette aberration qui consiste à nous faire percevoir avec nos revenus des sommes que l’on va devoir reverser au Fisc plutôt que le prélèvement à la source beaucoup plus sécuritaire pour les salariés ? Et ces niches fiscales que l’on instaure ou que l’on retire au gré des humeurs des uns et des autres, à tel point que les comptables eux-mêmes y perdent leur Latin ? Faut-il évoquer la justice qui rend des jugements que l’on ne peut appliquer faute de places dans nos prisons et des victimes qui se voient narguées par les délinquants qui recommencent faute de sanction ? Enfin et la liste des réformes à accomplir est loin d’être exhaustive, l’éducation avec ces tâtonnements incessants à la discrétion de ministres qui veulent chacun inscrire leur nom et devenir aussi illustres que Jules Ferry. Le chantier est immense. Se lèvera-t-il un jour un homme politiquement assez courageux pour oser l’entreprendre ?

Francis Manaud


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