Les platanes en question…

Oui, devra-t-on un jour raser l’ensemble des platanes du centre ville de Toulouse ? C’est la question que bon nombre de scientifiques se posent depuis quelques années. Car au-delà des maladies qui commencent à faire leur apparition, ici et là sur quelques souches, c’est sur le plan de la santé que la présence des platanes dans nos rues et places commence à être contestée. Contestée, car les observations sur l’allergie provoquée par le pollen justement du platane font, depuis des décennies, l’objet de très nombreuses publications aussi bien par les botanistes eux-mêmes que par des allergologues renommés.
Des études qui dénoncent toujours plus ce fléau, au point qu’aujourd’hui, certains parmi ces spécialistes, demandent expressément aux pouvoirs publics d’insister sur la recrudescence d’une pollution “aérobiologique” spécifique, résultant de la dispersion des poils foliaires (trichomes), d’une part des feuilles jeunes et de l’autre par la désagrégation des capitules femelles. En effet, ces derniers parvenus à maturité se désarticulent et se révèlent alors composés de très nombreux petits fruits secs pourvus de fins poils raides, roussâtres, irritants, connus sous le nom bien défini de “poil à gratter”. Devenant de fait quasi dangereux pour les populations faibles ou malades dès l’instant où ils vont se trouver dispersés par le vent et bien souvent à de longues distances de l’arbre d’origine. Le tout serait relevé dans une période comprise entre les mois de décembre à mai voire même jusqu’à juillet quasi durant 6 mois de l’année. A Toulouse, il suffit de se promener en plein été, le long des allées Charles de Fitte face aux Abattoirs, pour comprendre très vite le phénomène et apprécier ses nuisances.
Des observations qui ne sont pas nouvelles, voilà des décennies que des études communiquées par l’École du Paysage de Versailles font état de cette pollution dangereuse de l’air par les “poils du platane”. Car elle va déclencher des démangeaisons, l’irritation des yeux, des toux violentes, de l’asthme et surtout conduire à l’irritation chronique des voies respiratoires.

 

Qu’en est-il vraiment à Toulouse ?
  
Certes, le platane est depuis longtemps apprécié en raison de la rapidité de sa croissance, de son coût peu élevé et de sa résistance à la pollution de l’air… Sauf qu’il est lui-même pollueur et que tôt ou tard les pouvoirs publics devront choisir entre deux maux ? Avec la pollution chimique, la pollution aérobiologique urbaine, particulièrement insidieuse, il serait même temps qu’il mérite un tant soit peu, l’attention des responsables de l’environnement. Dans de nombreuses villes, “la population” des platanes est généralement contrôlée par un élagage méthodique, voire par l’éradication naturelle des arbres malades ! Qu’en est-il vraiment à Toulouse ?
Actuellement, des mesures simples et économiques s’imposeraient naturellement. Le premier jardinier venu sait très bien que des opérations d’élagage intelligemment faites, conformes aux normes traditionnelles, et toujours à l’automne conduisent annuellement, à rendre les rameaux “de l’année” plus vigoureux. Mais tout en n’étant pas porteur de capitules, donc pas de pollen, ni de poils irritants, ce qui change tout ! Car on le dit peu, mais les capitules incriminées apparaissent sur les rameaux âgés de deux, trois, voire plusieurs années.

 

Il est temps d’agir

Des premières mesures de bon sens qui peuvent se prendre facilement d’autant qu’on le sait, le platane peut supporter des tailles très brutales. Il tolère l’élagage et même l’étêtage qui exprime un rabattage et un écimage. On a ainsi relevé que des arbres âgés brutalement “raccourcis” sur plus des deux tiers du fût vont manifester une repousse vigoureuse et impressionnante. Ils vont même laisser surgir une couronne de jeunes rameaux vigoureux et une tête arrondie harmonieuse et équilibrée.
Ce n’est pas un hasard si des paysagistes responsables et reconnus préconisent depuis toujours de s’abstenir de planter, dans les villes : des platanes, mais aussi des saules, des peupliers dont les poils des fruits et des graines peuvent être irritants et dangereux pour la santé. Sans oublier, non plus, qu’en période de sècheresse, les larges feuilles du platane retiennent toutes les pollutions possibles et imaginables, et qu’au moindre jour de vent ou de pluie, ce sont autant de pollutions en tous genres qui s’abattent sur les Toulousains.
Il serait peut-être temps de réagir et d’éclairer la population sur la conduire à tenir pour se préserver au mieux de cette pollution. En attendant une éradication du platane en centre ville ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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