Les Français sont sans illusions…

…Sur leur avenir et n’hésitent plus à montrer du doigt leurs élus et leurs promesses non tenues… La France, comme toute l’Europe d’ailleurs, semble atteinte par une vague de populisme qui nous ramènerait dans les années 1930 voire même 1950…
Oui, quelque soit l’élection, un vent mauvais souffle un peu partout en Europe et l’on voit pousser ici et là un nationalisme exacerbé, populiste, voire même une nouvelle forme d’islamophobie…
En France, les dernières élections cantonales, avec une abstention record, a surtout montré le retour en fanfare, dans le débat politique, du Front National. Comme un premier signe de ce que certains spécialistes dénomment comme le nouveau populisme “patrimonial”… Pour les spécialistes, une vision politique sommaire et brutale, qui mettrait face à face d’un côté un peuple abandonné voire spolié et de l’autre, des élites incompétentes voire corrompues et qui ne penseraient qu’à défendre leurs réélections.
Les Français seraient moroses et ils feraient de moins en moins confiance à leurs dirigeants pour résoudre leurs problèmes… Des élites qui pour nous rassurer passent leur temps à expliquer, à argumenter que nous sommes en fait tous victimes d’une conjoncture unique certes redoutable sur l’instant mais qui ne durera pas. Notre quotidien serait otage de phénomènes rares qui auraient pour nom barbares : globalisation économique, vieillissement démographique, épuisement des finances publiques et recomposition ethnoculturelle de la société.

Déclin des institutions

Sauf que le Français a compris depuis trop longtemps que dans l’Hexagone, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne ; que dans ce contexte général de “déclin des institutions”, ce sont les partis politiques traditionnels qui sont particulièrement visés, car ils ne se préoccupent du sort des Français qu’au moment des échéances électorales ; que depuis plus de 30 ans, ce sont les classes moyennes qui se “smicardisent” pendant que d’autres vivent sur le dos de l’Etat qu’ils aient pour nom élus, locaux ou nationaux, ou allocataires en tous genres… A un an de l’élection présidentielle, un chiffre devrait faire réfléchir les politiques : plus d’un Français sur deux ne fait confiance ni à la droite ni à la gauche pour résoudre ses problèmes.
Un discrédit, un déficit d’image, on le dit peu, qui affecte tout particulièrement les élus locaux, présentés, depuis la décentralisation comme plus enclins à servir leurs petits copains ou à privilégier leurs réélections, qu’à servir l’intérêt des Français.
Au Journal Toulousain, à travers les courriers des lecteurs, on mesure toujours ce désintérêt pour la chose politique mais surtout une résonance de révolte que nos lecteurs ne veulent plus contenir. Parmi les centaines de courriers, e-mails reçus chaque semaine à la rédaction du Journal Toulousain… Voici une sélection d’extraits de réactions de lecteurs de notre région qui, avec une lucidité rare, montrent leur manque de confiance en demain. Mais aussi et surtout qu’ils ne sont plus décidés à accepter n’importe quoi…

Lassés des mensonges

«Nos sociétés sont, depuis des décennies, engluées dans un conformisme stérile. Ce n’est pas la fonction du politique qui est en cause mais la façon dont celui-ci a phagocyté la parole publique. Le double phénomène de l’omniprésence médiatique et la perte de légitimité du politique sont à mettre en miroir»
«Le discrédit des politiques vient du fait que la France est gouvernée par sa fonction publique, dont le mot d’ordre est que les politiques passent alors que les fonctionnaires restent. Chaque ministre réalise en trois mois qu’il est totalement impuissant, que ce soit sur l’immigration, l’économie ou autre, tout est verrouillé»…  
«Cette désaffection toujours plus grande pour les urnes est normale puisque nous constatons que nos élus (chers) ne pensent qu’à être réélus pour continuer à se gaver avec des revenus indécents et des privilèges de caste : “voiture, chauffeur, logement, remboursement de frais, retraites etc. A quand la limitation des mandats, à quand une vraie transparence dans les comptes de la nation et une vraie mise au régime démocratique de nos chers élus ? Cela fait 35 ans qu’ils creusent un trou et c’est nous qui allons payer pour le reboucher”… Les Français sont lassés des mensonges des hommes politiques et de la complaisance, à leurs égards, des journalistes qui couvrent leurs mensonges. La vérité est un concept difficile, mais fuir la difficulté n’est pas un honneur»

 

L’Etat impartial

«Tant de cumulards c’est, pour la plupart des Français tout simplement écœurant. Quand on sait que certains sont élus depuis plus de 50 ans, où est l’exemplarité pour les jeunes ?…»
«Avec nous, les Français, le problème de taille, c’est que la plupart d’entre-nous, s’essouffle à critiquer, à vitupérer, à vouloir changer l’ordre établi. Mais dès que cela les oblige à un effort et surtout à prendre le risque de bouleverser leur petit train-train quotidien, alors là, il n’y a plus personne…»  
«La quasi totalité de nos élus se bat pour conserver sa place à vie. Ce qui conditionne, pour eux d’obéir aveuglément à leurs partis respectifs, sous crainte d’être virés à la première incartade. On peut ajouter à cet état de fait, le discrédit de bon nombre parmi eux qui bénéficient d’indemnités confortables, alors que le commun des Français voit son pouvoir d’achat en permanence dévalué. Quant aux régimes spéciaux des retraites accordés à nos élus, toutes tendances confondues, on comprend vite que la “soupe” est bonne… Et qu’il est difficile de quitter la table…»
«Soyons clairs, la décentralisation est un échec… Elle n’a engendré que des féodalités. Même si l’on se doit de ne pas mésestimer le travail accompli par les régions et les départements. Mais pour plus d’équité ne serait-il pas souhaitable de revenir aux “grands” préfets de la période gaullienne… Je rêve de l’Etat impartial !»

Notre pays à genoux

«On le dit peu, mais dans les villes, les départements, les régions, le travail accompli, l’a été avec nos impôts et le sacrifice des Français de la classe dite moyenne. Sauf que de vrais fonctionnaires de l’État l’auraient fait aussi bien voire même mieux et moins cher. Car rien qu’au niveau du recrutement local de ces personnels “absolument débordés”, on a vite compris que l’on a surtout créé un Etat dans l’Etat. Des petits pouvoirs qui nous coûtent toujours plus chers et vont mettre notre pays à genoux.»  
«Il n’y a aucun renouvellement de notre classe politique, consanguine et assez incompétente, agissant selon les vents du moment. Ce qui ne fonctionne plus également, c’est la capacité du pays à faire apparaître de vrais talents, de vrais hommes et femmes politiques. A la place, nous avons des fonctionnaires du pouvoir ou des arrivistes bateleurs de foule».
«Sauf pour nos petites communes où les élus s’engagent à un vrai sacerdoce, les autres, ceux dont vous parlez, chaque semaine, dans vos colonnes, ne sont plus là et depuis trop longtemps pour servir la république, mais pour se servir. Les Français continuent à fermer les yeux, mais pour combien de temps ? Les Tunisiens, les Egyptiens finiront peut-être par leur faire ouvrir les yeux…»
Tout est dit…

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
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