Les enfants oubliés

Francis Manaud

Vieille chanson des années cinquante, oubliée elle aussi, mais dont les paroles de Louis Amade pourraient tout aussi bien trouver leur résonnance aujourd’hui au lendemain de la rentrée scolaire. Notre société est malade de sa jeunesse et il est urgent de prendre des mesures radicales et immédiates pour la sauver à la base, c’est-à-dire dès la plus petite enfance. La France nous dit-on, a le plus fort taux de natalité de la zone Euro, ce peut être une chance mais aussi un danger mortel si l’on n’y prend garde. C’est assurément une chance si tout est fait pour un développement harmonieux de cette jeunesse, ce sera un désastre si cette jeunesse part à la dérive sans espoir et sans avenir. C’est de la structure même de notre société que peut venir le danger si l’on n’y prend pas garde. Société multiculturelle et multiraciale, il convient d’en tenir le plus grand compte dès la plus petite enfance pour ne pas créer de trop grandes différences qui ne pourraient que s’accentuer au fur et à mesure du temps qui passe. Le plus souvent, ce sont aussi d’importantes différences sociales qui handicapent les familles et donc les enfants qui ont à les subir. Ne pas pouvoir compter sur l’aide de sa famille pour passer un cap difficile par exemple pour l’apprentissage de la langue et de son utilisation, risque de compromettre à tout jamais l’avenir d’un enfant dans une société de plus en plus exigeante. Il faut impérativement que les enseignants soient de plus en plus vigilants pour éviter les décrochages qui peuvent s’avérer irrécupérables par la suite et entraîner l’enfant dans une déscolarisation précoce.

 

L’abandon du service militaire

 

Certes il existe bien une école de la deuxième chance, mais il faut en tout premier lieu éviter d’y avoir recours et de toute façon, elle n’est susceptible d’accueillir qu’un nombre limité d’élèves. Le redoublement de classes pratiqué autrefois mais aujourd’hui quasiment abandonné, pouvait permettre une deuxième respiration et éviter au contraire un enlisement irrécupérable qui entraîne la désaffection et l’absentéisme chronique. Il n’est pas normal qu’avec les moyens de contrôle dont nous disposons aujourd’hui, des enfants de quatorze ans et parfois moins, errent dans les rues quand ils ne font pas le guet pour des trafiquants de drogue. Si les parents prévenus de leurs absences sont incapables de leur faire entendre raison, alors il faut que les pouvoirs publics soient en mesure de prendre le relais et les placent dans des structures qui leur permettent de poursuivre leur formation jusqu’à leur majorité et au-delà si nécessaire avec en poche une formation qui les met en mesure de prétendre à un emploi. A cet effet la mise en place d’un service public obligatoire servirait de formation qui ouvrirait à l’apprentissage de divers métiers utiles à la collectivité qui est en recherche. L’abandon pour des raisons budgétaires du service militaire ne peut être qu’à déplorer. Il avait permis dans bien des cas et dans d’autres circonstances économiques à mettre les pieds à l’étrier à bien des anciens. Il est grand temps de s’en souvenir pour sauver une grande partie de notre jeunesse.

 

Francis Manaud



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