L’erreur

Francis Manaud

Commettre des erreurs fait partie du lot commun à tous les hommes. Il convient d’en tirer les enseignements et d’agir pour éviter de les reproduire. Mais il est souvent difficile de déterminer de façon exacte où et comment une erreur s’est produite, et lorsque l’on y parvient, il devient impératif non seulement de la reconnaître, mais ensuite d’y faire face et de la corriger. C’est parfois long et compliqué, mais c’est à ce prix que se construit l’évolution d’un homme ou d’une société. Cela fait bien longtemps que l’on constate une recrudescence inquiétante de la criminalité sous toutes ses formes. Tuer devient d’une banalité déconcertante à un point tel que l’on peut se poser la question de savoir s’il est utile de sanctionner le crime ou bien si l’on doit considérer qu’il devient un fait de société dont il faut s’accommoder. La loi de la jungle qui permet au plus fort de triompher du plus faible, prend le pas sur une justice de plus en plus laxiste qui ne va même plus jusqu’au terme des sanctions prononcées pourtant au nom du peuple français. On meurt dans les rues de France à la terrasse des cafés, dans la rue à coup de couteau ou de fusil mitrailleur ; le tout déclaré «règlement de compte» sans aller plus loin, comme si certains homicides étaient justifiés par la personnalité de ceux qui les subissent. En somme une peine de mort accordée par dérogation.

 

Parvenir à la cohésion

 

Pourquoi et comment en est- on arrivé là ? Des quartiers entiers où la loi ne s’applique plus parce qu’ils sont déclarés de non droit. Des jeunes déscolarisés qui pour vivre et faire vivre leur famille vendent de la drogue tandis que la police tourne le dos pour ne pas faire de vague et risquer de devoir affronter des émeutes de plus en plus redoutables. La jeunesse : voilà le point de départ de tous nos maux uniquement parce que nous ne savons plus lui inculquer les valeurs qui permettent la vie en société. Et pourtant la chose est simple pour peu que l’on se donne la peine de reproduire ce qui a permis à notre société de parvenir à la cohésion. Une discipline stricte à l’école et un suivi permanent des enfants élevés dans des familles préoccupées par les problèmes matériels. La surveillance sans faille de ces mêmes enfants pour qu’ils soient encadrés et qu’ils ne se retrouvent pas dans la rue au lieu d’être chez eux ou à l’école. Enfin pour ceux qui n’auraient pas les possibilités d’obtenir des diplômes suffisants pour prétendre à un emploi, un service civique obligatoire d’au moins un an devrait être instauré pour qu’ils apprennent la discipline et la manière de vivre en société. En supprimant le service militaire nos gouvernants ont commis la plus grande faute sociétale qui soit. En supprimant les casernes, ils ont ouvert à la jeunesse les halls et les coursives des cités. Il faut la réintégrer dans un système qui lui ouvre des perspectives d’avenir et non pas la laisser se ghettoïser dans un système qui la pervertit et l’amène vers la délinquance. Il est encore temps de corriger nos erreurs. Demain il sera trop tard et le pire, bien pire encore.

 

Francis Manaud



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