L’enseignement

Francis Manaud

L’actualité ces derniers jours s’est beaucoup intéressée à l’enseignement et au degré de connaissance de nos enfants. Les résultats statistiques qui ont été donnés, montrent sans équivoque possible l’affaiblissement général des acquis au niveau du collège ; ce qui se répercute tout naturellement vers le lycée et plus avant vers le Supérieur. Si mal il y a, c’est à la racine qu’il faut s’attaquer et non quand il est trop tard et que rien ne peut plus permettre l’inversion de la tendance. Les causes de ce fléchissement sont multiples. En tout premier lieu, la diversité grandissante dans l’école primaire de niveaux avec des parents qui parfois peinent à venir en aide à leurs enfants pour des raisons diverses et variées. Ce sont ceux-là qu’il faut aider en priorité pour leur permettre d’acquérir en classe ce que d’autres peuvent compléter à la maison. A ceux-là, il faudrait réserver des classes peu chargées en nombre et avec des enseignants spécialement formés à un enseignement patient et répétitif. Il y a aussi les enfants du divorce de plus en plus nombreux dans nos sociétés qui ne veulent pas s’encombrer des obstacles qui surviennent dans la vie des couples. Enfants ballotés d’un foyer à un autre, des couples recomposés dans lesquels les enfants doivent lutter pour trouver leur équilibre et cela au détriment des études souvent sacrifiées sur l’autel de la télévision dont les enseignements et les programmes sont sujets à caution. Les réunions de famille ont laissé la place à la dernière console de jeux dont les vertus éducatives n’ont jamais été démontrées et pour cause. Car enfin les connaissances acquises en classe ne servent à rien si elles ne sont pas accompagnées des exemples concrets que l’on rencontre dans la vie de tous les jours. Autrefois les enfants des campagnes pouvaient toucher du doigt les métiers exercés dans leurs villages et voir sans difficultés s’exercer des professions qui seraient un jour les leurs. C’est en ce sens que la réforme sur les rythmes scolaires pourrait être intéressante, dans la mesure où les petits citadins seraient amenés par leurs professeurs à découvrir les métiers ou les activités qui s’exercent dans la ville. Hélas au lieu de cela, et faute de moyens suffisants, on les laisse dans des salles de classes où ils ne font que reproduire ce qu’on leur reproche de faire à la maison. Enfin et surtout la discipline a déserté les établissements scolaires en retirant aux enseignants une autorité sans laquelle il n’y a pas de progrès possibles. Apprendre n’est pas une chose naturelle et l’éveil à la curiosité ne peut se faire que sous le couvert d’une discipline absolue. Supprimer les sanctions, c’est vouloir confondre les comportements en société avec ceux forcement plus laxistes de ceux qui s’exercent dans les foyers. Ce sont dit-on les Asiatiques qui produisent les enfants les plus studieux aux meilleurs résultats. A la façon ordonnée dont ils plantent le riz qui les nourrit, on comprend que le nôtre semé à la volée, a des progrès à faire pour devenir rentable.

 

Francis Manaud

 



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