Législatives, notes secrètes ; Dans la peau d’un conseilleur ?

Je dois le confesser, voilà quelques jours, je me suis mis dans la peau de l’un de ces multiples conseilleurs que nos politiques ont dû, d’après la légende, user plus que de nature. Sauf qu’une récente note secrète me rappelait en fait qu’ils étaient particulièrement bien payés, abonnés aux avantages et modes de reconnaissance multiples et surtout qu’ils n’étaient jamais inquiétés en cas de pronostics mal assurés. Plus, qu’ils pouvaient en toute circonstance et sans contrainte ou désagrément notoire remettre en cause toutes leurs vérités premières avec talent et un sens aigüe de la persuasion. Les plus reconnus étant quand même ceux qui du jour au lendemain changeaient de camp, pour se rallier au vainqueur. Avec ce sésame bien connu des spécialistes de haut vol : «Je vous l’avez bien dit…»

Alors l’idée me vint qu’avec mon cursus, mes méthodes de travail sur le terrain et une longue expérience humaine et variée, menée depuis de longues années pour obtenir la confiance de mes interlocuteurs ou pour lutter contre mes détracteurs, je devrais demain pouvoir servir à quelque chose. Non ?

Pour peser encore plus dans les esprits, il suffirait que je demande à mes partenaires habituels une expertise dans les domaines aussi décisifs que sont la publicité, la sociologie, les sondages, le marketing, internet, le relookage, les réseaux et groupes de contacts, avec une seule et unique ambition : convaincre.

 

Les dès seraient pipés ?

 

D’autant que c’est bien connu les bons candidats, ceux qui sont appelés à ambitionner le podium, sont les mêmes qui évitent soigneusement de parler de leur bilan et encore moins de leurs multiples mandats et surtout pas de leur futur programme. Convaincus qu’ils sont que leur étiquette fait foi de leurs compétences et apporte la garantie qu’en cas d’échec ou de tromperie, rien ne pourra les atteindre. Il est vrai comme le prétendent les ténors du domaine que les électeurs sont amnésiques, myopes, malentendants, quasi au comportement grégaire. Mais surtout et c’est bien connu, ils ne connaissent rien au domaine politique, maîtrisé par seulement un cent millième de la population. De fait, ils considèrent ces échéances électorales comme de beaux spectacles qui font passer le temps. Et comme bon nombre de nos leaders journalistiques qui devraient de fait et déontologiquement représenter le contre pouvoir, semblent de mèche avec ces acteurs de la vie politique, force est de constater qu’il est facile pour tout ce beau monde qui ne vit que grâce à la prestation de l’autre de nous rouler dans la farine.

 

C’est le premier tour qui compte

 

Et pendant ce temps, les petits candidats poussés par je ne sais quel sens supérieur de démocratie, tel des Don Quichotte d’opéra, se lancent dans l’arène, sans aucune protection et le plus souvent avec leur seule foi en demain, en un monde meilleur. Eux aussi, comme le héros de Cervantès, sont prêts à se battre contre des moulins à vents. Comme lui ils savent, qu’à terme ils seront les victimes de leur générosité, d’être entrés dans un jeu trop grand pour eux. Comme lui ils seront considérés comme des fous, que tout un chacun voudra enfermer dans une cage. Et pourtant eux seuls auront donné éclat et vérité à la démocratie. Mais qui s’en souviendra quand le rideau tombera sur cette commedia dell’arte ?

Alors que les premiers nommés se contenteront de jouer sur leur étiquette, eux continueront et jusqu’au jour «J» à mener leur quête vers la perfection, en échafaudant leur argumentaire, en allant à la rencontre des électeurs, en argumentant sur le terrain leur programme pour de meilleurs lendemains pour tous et non pas pour une minorité d’élus. Ils vont défendre des causes, engager des combats prétendus perdus d’avance et qui a priori, pourraient paraître comme n’étant pas les leurs. Ils vont s’inquiéter quand quelques bonnes âmes les préviennent que leurs professions de foi, n’étaient pas dans le pli labellisé pourtant Préfecture.

Mais eux, ces femmes et ces hommes de terrain, plus que d’autres savent ce que c’est que de donner de son temps pour la cause suprême, celle de servir son pays, de servir la démocratie. Ils sont prêts à tout excuser si l’on accepte qu’ils sont incontournables pour participer à reconstruire un idéal strictement humain. Et si d’aventure l’establishment politique et tout le petit monde qui gravite autour, acceptaient de prendre en compte cette foi en demain ? Certes celle-ci est présentée, par les prétendus spécialistes, comme candide mais seuls les petits candidats sont capables de l’exprimer, comme le ciment d’une nouvelle dimension politique seulement guidée par une noblesse spirituelle intérieure qui l’a conduit à vouloir croire, que dans tous les échelons de la société, des idéaux de respect de l’Autre, d’honneur et de justice, se doivent d’être instaurés.

Des redresseurs de tort ? Non seulement la volonté, pour eux, de mettre la vérité à l’épreuve de la réalité.

Le 10 juin, ne nous trompons pas de combat. C’est le premier tour qui compte et si de nouvelles aspirations, de nouvelles ambitions ne sont pas représentées à l’Assemblée nationale, encore une fois, la démocratie n’aura été qu’un leurre et ce sera résumé à un partage de pouvoir PS/UMP…

La République, ce sont d’autres valeurs aussi.

 

André Gallego

Directeur de l’information

andreg@aol.com



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