L’effet Canto…

Du nom du célèbre footballeur un tantinet peu conventionnel dans la vie de tous les jours, comme naguère sur un terrain de football à Marseille ou à Manchester. Particulièrement, outre Manche, où il a été aimé et même adulé comme jamais un sportif français ne l’a été, avant lui.
Un personnage unique, bien souvent dérangeant, quasi insaisissable, un Don Quichotte des temps modernes, un agitateur d’idées qui n’aurait de cesse que de nous aiguillonner, nous les sans grades, afin de nous faire prendre conscience, enfin, de notre vrai pouvoir. Celui d’être capables de décider de notre quotidien si nous en avions un jour l’ambition. Poussant même le bouchon un peu plus loin que d’habitude en préconisant à tout bon citoyen d’aller retirer, illico presto, toutes leurs économies des banques, à l’entendre, peu recommandables. Sauf que dans la précipitation médiatique, pas loin de la boutade, il aura oublié que celles et ceux qui pouvaient entendre sa supplique, n’ont justement pas d’économies à faire valoir à des banquiers qui entre-nous ne font que leur métier. Plus, qu’il n’était en rien sérieux, puisque lui-même ne se sera pas déplacé pour montrer l’exemple.
Pourtant, sans le vouloir, ou pas, le bonhomme aura peut-être signé une brèche dans cette superbe organisation mondialiste. Celle qui aurait déjà décidé de notre destin en nous imposant de suivre tels les moutons de panurge, ces pratiques abusives.
Il aura peut-être voulu dénoncer, comme déjà un certain Jean-Jacques Servan-Schreiber avant lui dans les années 70, une économie de marché qui depuis trop longtemps «traite l’Homme avec la loi qu’elle applique à toutes choses : la loi de la rentabilité». Ajoutant même comme un signe prémonitoire, pour ce grand visionnaire, «Déjà elle nous mutile…».
Oui, partout et quelque soit le domaine ou le lieu abordé, l’injustice est palpable. A titre d’exemple, il sera toujours plus valorisant pour un élu, celui qui a le pouvoir de changer la donne, rappelons-le, d’associer son image à des employés en passe de perdre leurs emplois quand ils représentent une grande enseigne, plutôt que de s’intéresser au pauvre diable qui se débat, aux prud’hommes ou au tribunal de commerce, pour son devenir, pour la survie de sa famille ou de son commerce. Tout simplement parce que le second ne sera pas médiatique.

 


Si l’utopie prenait le pouvoir…    

Sauf que la marmite boue toujours plus et qu’il n’est plus très éloigné le jour où la manipulation, dont nous sommes majoritairement victimes, ne sera dévoilée au grand jour. Et là peut-être que ce qui peut paraître aujourd’hui comme une belle utopie, pourrait demain faire la majorité. Oui, si la raison du plus simple parmi nous, celle que le pouvoir tentera toujours de marginaliser, voire de bâillonner, devenait foi et loi pour garantir au plus grand nombre parmi nous, les plus démunis, les plus faibles, un mieux vivre qui devrait être promis à tous. Pas un compte de Noël, non, une logique mathématique, une simple réflexion de la force du nombre qui compte et comptera toujours et quelque soit le domaine abordé. Oui, si demain nous décidions de nous donner tous la main, la face du monde pourrait changer. La manipulation permanente dont nous sommes majoritairement victimes, serait révélée et combattue. Et les responsables seraient montrés du doigt et exclus du système.

Pourtant, non, ce ne sont pas des marginaux ?

A l’heure où j’essaie d’écrire ces quelques lignes qui ne changeront pas, malheureusement et immédiatement la face cachée du monde, bien à l’abri dans une maison raisonnablement chauffée et en sirotant mon premier café du matin, mes animaux, au chaud, autour de moi… Je sens que dehors le froid glacial est là. Et je sais que des femmes, des enfants, des hommes dorment en ce moment dans la rue, parfois dans des voitures, sans que les pouvoirs publics n’aient le courage et la volonté de trouver des raisons comme des solutions à leurs misères.
Certaines, de ces victimes de notre société, avaient hier un statut honorable. Mais les aléas de la vie, la faiblesse d’un instant les auront entraînées dans la spirale des non-dits, celle qui vous propulse hors des limites de l’économiquement raisonnable pour vous entraîner dans le monde des laissés pour compte et sans intérêts pour les autres. Pourtant les solutions, comme les moyens existent, pour les sortir de ces situations “précaires”, comme l’on dit…
Sauf qu’en 2010, les pouvoirs publics sont déshumanisés au possible. On ne sait plus qui est qui. On ne sait plus qui appeler à l’aide. Et puis et surtout, on ne veut plus faire du sur-mesure. Il est tellement plus facile de faire du “passe-partout”. Ainsi, on ne se complique plus le quotidien et quand ça ne va pas, on détourne le regard.
Sait-on qu’aujourd’hui, ce sont près de 200.000 familles à qui on a coupé le gaz ? N’y avait-il pas vraiment d’autres solutions ? L’Etat, le pouvoir local, les associations dites caritatives ne pouvaient-ils pas se mobiliser pour se substituer à ces familles, le temps de trouver une solution pérenne à leur devenir ? Quand on a, à sa disposition, des centaines de milliers d’euros pour couper des rubans et offrir des petits fours à des privilégiés, il est surprenant que nous n’ayons pas 500 € par famille pour calmer le monopole gaz de France. Mais peut-être faudra-t-il qu’un jour, ces oubliés de la vie, envahissent les salons, de telle ou telle institution, et se jettent sur les fameux petits-fours pour admettre enfin qu’ils existent ? Aujourd’hui, on nous rappelle à longueur de temps la solidarité pour ceci et cela, mais voilà qu’un sondage nous révèle que plus de 70 % des Français ne sont pas décidés à s’occuper demain de leurs parents âgés ? Une révélation s’il en est, que le monde ne tourne plus rond.

 


Emmaüs, Restos du Cœur, Téléthon…

Autant d’initiatives qui ont eu un sens hier. Mais en est-il vraiment de même aujourd’hui ? Si Emmaüs, les Restos du Cœur, le Téléthon existent encore, c’est probablement car nous n’avons pas su trouver matière à satisfaire leur objet premier. Mais malgré tout je pense que c’est aussi parce que certains y ont trouvé matière à satisfaire leur égo voire même à développer leur fond de commerce, politique, sportif, artistique, etc. Arrêtons de nous voiler la face.

Alors l’effet Canto aura-t-il été inutile ?

Pas tout à fait, même s’il aura fait une erreur de profane en s’en prenant, bille en tête, aux banquiers. Car si ces derniers sont sereins, ce n’est pas grâce à la spéculation, ou à la gestion de leurs grands comptes, mais tout simplement parce que nous les “petits”, avec les agios à répétition qu’ils nous ponctionnent tous les mois, nous leur garantissons leurs bas de laine.
Aujourd’hui il faut réinventer le crédit et pas obligatoirement en mettant en avant la monnaie, mais plutôt le partage, l’échange, le soutien. Et c’est probablement là que “l’effet Canto” n’aura pas été inutile car il aura permis d’insuffler une lueur de révolte, parmi cette majorité silencieuse dont nous sommes partie prenante. Il aura révélé, avec la force médiatique qui est la sienne, que rien n’est définitivement écrit. Que demain une nouvelle logique économique, comme de respect de l’Autre pourrait se révéler. On ne mettra pas le système à nos pieds, mais on pourra le rappeler à la raison.
Oui, si demain, nous les sans grades, pour une fois nous décidions de nous donner la main, la face du monde pourrait changer. Si nous mettions nos forces en commun, nous pourrions soulever des montagnes et surtout garantir à nos enfants, un monde meilleur.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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