Le troisième millénaire sera Humaniste…

O u ne sera pas… C’est ma vision, mon souhait caché. Car pour moi qui suis pourtant croyant et fervent pratiquant je sais que pour garantir notre mieux vivre, il ne peut être que religieux comme nous le prédisait un certain André Malraux. Car l’Homme n’étant pas maître de ses passions, il serait obligatoirement empreint de violences et d’oppositions radicales. Comme cela se dessine déjà, ici et là, et depuis quelques décennies…
certes par la montée toujours plus puissante d’un islam radical qui oppose en permanence les soi-disant nantis du nord aux soi-disant oubliés du sud. Le tout encouragé par quelques provocateurs comme un certain Omar Kadhafi qui, voilà quelques jours, prétendra à Rome que l’Europe sera sous peu entièrement musulmane. Et si l’on n’y prend garde, comme aujourd’hui, il pourrait avoir bientôt raison… Voire un certain premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui de passage à Paris, au Zénith et devant 6 000 Français, d’origine turque, entièrement acquis à sa cause n’hésitera pas à les encourager à entretenir la double nationalité, défendre leur religion et surtout à être les ambassadeurs de leur pays de sang. Sans oublier le conflit Israélo/Palestinien où l’on se demande toujours plus si les belligérants, d’un côté comme de l’autre, ont un vrai intérêt à faire la paix. Car la paix acquise les oppositions internes, mises en parenthèses pour cause de guerre, pourraient ressurgir avec une gravité que l’on n’ose imaginer… Sans oublier non plus l’émergence d’économies colossales comme celles de la Chine ou de l’Inde qui chamboulent déjà bon nombre de nos habitudes voire de nos coutumes, mettent à mal notre principe humaniste “de la juste mesure”. Et ils vont peser toujours plus dans notre devenir à long terme, c’est une certitude.

 

L’Homme est menacé…

Après la Première Guerre mondiale (1914-1918) est née la Société des Nations, première tentative pour penser collectivement les problèmes politiques de l’humanité. Ce fut un échec. La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) conduira à la création de l’Organisation des Nations Unies. Elle subsiste encore, chancelante et jusqu’à ce jour, incapable de relever les défis pour lesquels elle avait été fondée. Ce qui conduit à nous poser la question de savoir si aujourd’hui, l’Etre le plus menacé dans la nature, ne serait, non pas la baleine, le dauphin ou la tourterelle des Landes, mais plus sûrement l’Homme. Tant notre système de vie en commun semble vidé de sens, de responsabilité, de valeurs envers notre prochain… En fait nous demander si tout simplement notre système relationnel n’est pas en voie de dissolution. Quand un arbre a développé toutes ses virtualités intrinsèques, on dit qu’il a atteint son plein épanouissement. Soudain il meurt et il tombe. Alors, qu’en est-il du temps de vivre d’un système qui ne prend plus en compte les valeurs humaines les plus élémentaires ?…
Est-ce une crise structurelle parce qu’elle représente l’épuisement du paradigme, c’est-à-dire des énergies, des rêves et des stratégies seules capables de faire contrepoids aux contradictions du système lui-même ? Est-ce la fin d’un mode de vie ? Ou, plus sûrement la fin de nos illusions, d’avoir un intérêt quelconque à croire en notre prochain ?
Ou au contraire, le besoin de tout repenser pour pouvoir ingénier la venue d’un nouveau modèle de civilisation, capable de donner un nouveau sens à la vie des personnes ; à offrir un horizon d’espérance pour les peuples, toutes origines et confessions confondues, pour garantir le meilleur à l’humanité ?
Le système actuel de vie collective produit la crise sociale que nous connaissons et qui oppose les riches et les pauvres comme jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité. Le processus de production, avec l’utilisation optimisée des technologies de l’automatisation, est capable de produire des biens et des services avec une rapidité extrême, en volume croissant et à des prix défiants toute logique économique. Sauf que les bénéfices des biens produits sont accaparés, par une petite minorité, une élite appartenant à un petit nombre de pays forts sur le concert international. Avec l’appui, il faut le dire de certains dirigeants politiques qui cadenassent les petits pays émergents, pauvres et dépendants, dont ils ont la charge d’assurer le destin. Une logique économique qui encourage un risque réel de voir l’humanité se diviser en deux parties. D’un côté, ceux qui tirent profit de tout et de l’autre côté, l’immense majorité condamnée à souffrir de toutes sortes de privations. En fait ce qui semble le plus grave, ce n’est pas tant l’abîme pervers qui existe entre les uns et les autres mais l’absence cruelle de la part des nantis de la préoccupation humanitaire envers les plus faibles.
Il est vrai qu’aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain, je le crains, le sens de la solidarité et de la coresponsabilité à l’égard des proches et de ses semblables trouvera de moins en moins d’échos favorables. Car il est dans la logique du système actuel de privilégier l’individu et de mettre en place un régime d’appropriation privée des biens produits par le travail de tous. Une telle logique crée inévitablement l’inégalité avec l’accumulation des richesses d’un côté et la pauvreté de l’autre. Encourageant la révélation de viviers d’extrémistes qui aujourd’hui, sous couvert de données soi-disant religieuses, vont créer, sous nos fenêtres les conditions d’affrontements entre ceux qui sont dans le système et en tirent les ficelles et ceux qui en sont exclus. Laissant de fait la place, là aussi, à des gourous qui eux vont jouer sur les deux tableaux, l’un religieux pour galvaniser les masses, et l’autre plus inavouable, d’être les partenaires au coup par coup, des Etats puissants qui définissent la géopolitique en fonction de leurs intérêts du moment. Des cercles fermés où la religion, les convictions politiques, le pays d’origine, la famille, le reste du monde ne sont plus valeurs de repères. Ici, seul l’appât du gain et la volonté de puissance ont droit de cité.

 

Ils nous tiennent au creux de leur main…

Arrêtons de nous leurrer : c’est l’économie qui régit le monde. Ce ne sont plus les hommes politiques qui font loi. Ils sont au service des grandes puissances. Et de droite comme de gauche, ils règlent leurs discours en fonction des enjeux économiques, des desiderata des lobbys internationaux. Ce sont ces puissants qui déterminent nos besoins, nos économies. Oui ce sont eux qui règlent, selon leur bon vouloir, nos modes de vie, notre alimentation, nos loisirs, et demain notre manière de fonctionner et même de penser… Mais, à titre d’exemple, qui parmi nous est prêt à faire la grève de la voiture une semaine par mois pour contrer les lobbies pétroliers qui avec les petro dollars achètent peu à peu tout ce qui a de plus stratégique au monde. Tout ce qui fait que quelque soit le domaine abordé nous sommes déjà à leur merci.
Oui, par la magie de l’Internet, d’un bout à l’autre de la planète, nos désirs, notre culture, deviennent de plus en plus homogènes. Pour garantir les plus grands profits à ceux qui détiennent le capital financier, tout se globalise. Alors que la planète n’a jamais été aussi florissante, tout laisse à penser que nous n’avons jamais été aussi proche du chaos… Augmentation de la pauvreté, de la pollution, destruction des ressources naturelles non renouvelables, crises financières régulières avec des marchés financiers n’ayant plus aucune commune mesure avec la réalité des échanges, Etats surendettés et incapables de subvenir aux besoins de leurs peuples… Et l’émergence de gourous en tous genres qui assurent leur fond de commerce de charlatan pour nous expliquer comment s’en sortir… Mais le drame c’est qu’ils trouvent toujours une oreille “supérieure” pour les écouter. Sauf que le plus grave dans tout cela, c’est que nous sommes tellement bien au chaud dans notre société de consommation à tout va, que nous sommes tous persuadés que le malheur, c’est pour les autres. L’effet “nuage de Tchernobyl” qui s’arrête juste à nos frontières est toujours de mise, car nous sommes des faibles, pour ne pas dire plus… D’autant confortés dans cet aveuglement qu’aucun de nos leaders politiques, censés être plus informés que nous, n’osera nous dire la vérité en face de peur d’être considéré comme un oiseau de malheur, avec la conséquence directe et sans appel de perdre son fond de commerce.

 

L’Humanisme pour foi…

Alors que si nous avions un peu de bon sens, si nous comprenions enfin que c’est le peuple qui éclaire le monde et non nos marchands de sable… On se rappellerait que l’essence de l’être humain réside dans le souci du devenir de l’Autre. Si, tout au long de sa vie, nous ne faisons pas preuve de cette générosité, de cette responsabilité naturelle, envers l’Autre, nous finirons par nous éteindre nous aussi, car nous ne sommes rien sans le regard de l’Autre. Avant même de penser à se nourrir, il importe que tout être humain apprenne à se soucier d’autrui. C’est cette attitude responsable qui déterminera tout son comportement futur. Le souci de l’Autre fonde l’ethos indispensable à construire l’humanité.
C’est autour des valeurs de la juste mesure et du souci fondamental du devenir de l’Autre que pourront se construire les pactes sociaux qui établiront demain les bases solides de la nouvelle société mondiale émergente. C’est à nous les soi-disant petits à réinventer le monde.
Quant à ceux qui engagent, dans notre pays, dans nos quartiers, dans nos rues, le combat interreligieux, pour mettre les Hommes à leurs bottes et en tirer seulement les meilleurs profits financiers, là aussi, ceux-là il est temps de les arrêter… Demain il sera trop tard…

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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