Le Complexe de Brennus…

C’est le phénomène que l’on a pu constater en Tunisie, qui s’installe en Egypte et pourrait arriver en Algérie voire au Yémen, en Jordanie et pourquoi pas ailleurs et même chez nous. Tant le sentiment d’injustice, de difficultés à vivre le quotidien est grand dans le monde et quelque soit l’endroit où l’on pose son regard, sur cette planète.
Alors qu’autour de nous c’est le constat de cumuls d’avantages en tous genres, de petits monopoles, de conflits d’intérêts qui ne se disent pas, mais qui pèsent toujours plus sur nos frêles épaules. Marre de payer, de faire des sacrifices en tous genres et de ne rien avoir en retour, serait le leitmotiv toujours plus partagé…

Aujourd’hui c’est l’Afrique qui s’éveille. Mais demain…

Et comme l’histoire est un éternel recommencement…

Et à propos du fameux Brennus… Ce dernier, après avoir pillé Rome en 390 avant J.C. et assiégé, sans succès à cause d’une sombre histoire d’oies, ce qu’il restait de ses habitants réfugiés sur le Capitole, Brennus, chef de l’expédition des Sénons, accepta de lever le siège en échange d’un tribut de mille livres d’or. Constatant que les poids gaulois étaient faux (déjà), les Romains vinrent s’en plaindre à Brennus. Ce dernier, pressé d’en finir, ajouta pour toute réponse son épée et son baudrier dans la balance en s’écriant «Vae Victis» «Malheur aux vaincus»… C’est le principe cynique de la marche des Nations qui s’inscrit ainsi et depuis la nuit des temps.
En fait, ce premier adage, que l’on définira de géopolitique, au fil des siècles ne se démentira jamais. Car hier comme aujourd’hui, l’intérêt du plus fort prime encore et toujours plus, sur celui du plus faible. Il faut en prendre son parti et se ranger du côté où penche la balance, dira l’opportuniste. Sauf qu’ici ou là et sur toutes les latitudes, le principe d’injustice révèle les mêmes recettes et constitue les mêmes effets.
Et ici, en France, on n’est pas plus épargné qu’ailleurs. Hier, les plus faibles, les plus démunis, les oubliés de la Nation avaient un espoir : voter à Gauche. Sauf que la Gauche, les Français l’ont expérimentée avec l’ère Mitterrand et Jospin. Si durant cette période les proches du pouvoir ont vu leurs situations personnelles changer du tout au tout, pour le Français lambda, qu’en a-t-il été vraiment ? La démagogie avec les 35h, la retraite à 60 ans, mais surtout une baisse du pouvoir d’achat de plus de 25 % que l’on subit toujours plus et dont personne ne parle. En fait les “citoyens du monde” ne sont pas, comme on pourrait le croire, les “humanistes éclairés”, mais une minorité de privilégiés qui, de toutes origines et de toutes confessions, par leurs fortunes propres ont les moyens de se revendiquer comme tels.

 


Comment nourrir l’Espoir de tout changer…

En France, comme ailleurs dans le monde, ce qu’il manque en priorité, c’est la confiance en demain. C’est ce rêve d’avance à partager qui ne vient pas. Ici, sans la restauration d’un minimum de confiance envers ce gouvernement, rien n’avancera. D’autant si, d’entrée de jeu, l’on sait pertinemment que n’importe quel projet de relance ne verra ses effets bénéfiques avant fin 2014 voire plutôt 2017…
Non, on ne relance pas la confiance, comme la croissance d’ailleurs, par des effets d’annonces aussi crédibles soient-ils.  
Aujourd’hui le Premier Ministre veut nous embarquer dans un grand plan de relance de l’économie française. Et il a raison… Sauf que comme toujours, on a l’impression que ce sont les grosses locomotives qui sont concernées, respectées, excusées de leurs carences. Mais alors quid du devenir des PME-PMI, des Artisans, des petits Commerçants, pourtant considérés par leurs performances économiques et sociales comme le moteur, l’oxygène de ce pays ? Un discours, des prises de décisions qui sont, dans un autre domaine, à l’instar de celles prononcées, voilà peu, par notre Président de la République, qui veut par ailleurs sauver la presse dit-il. Oui, mais laquelle ? Car ses propositions ne concernent que les têtes d’affiches. Entendez par là, les quotidiens nationaux et régionaux, qui d’années en années engrangent les déficits comme les soutiens en tous genres, dans leur stratégie économique. Et surtout, jouent de la question de la garantie de l’emploi comme d’une arme de l’absolue tranquillité. En revanche, pas une seule mesure pour soutenir les Hebdos de nos régions qui sont pourtant les forces vives en matière d’emploi, de formation, d’économie comme de première chance pour celles et ceux qui ont la passion de ces métiers de la communication… Depuis sa création, en 12 années d’existence, plus de 50 personnes ont eu leur première chance professionnelle au Journal Toulousain et pas ailleurs… Aujourd’hui ils pratiquent leur métier avec brio, dans les plus grandes salles de rédaction, ceci on l’oublie trop souvent de le dire. Plus facile de critiquer quand on ne met pas les bâtons dans les roues…

 

Oui, il faut restaurer la confiance

Il suffirait que nos dirigeants décident de quelques mesures d’équité et de justice, pour que tout un chacun se retrouve rassuré, concerné, respecté. Oui, sortir de cette crise, passe par la prise de conscience de nos erreurs passées. En faisant tous notre mea culpa, on peut se donner les moyens d’ériger quelque chose de grand et de durable : de replacer l’Homme au cœur de nos préoccupations. Un rêve d’avance à partager, mais à la condition de se donner les moyens de restaurer la confiance et à tous les niveaux de la société.
C’est avec la confiance que seront libérées les énergies nouvelles. C’est avec la confiance que seront éliminés les démons de la division, de la suspicion voire même de la compétition à outrance. Nos intérêts sont communs et même solidaires. N’en déplaise aux statisticiens en tous genres, nous sommes tous inscrits dans une chaîne d’union infinie où le maillon le plus faible en fait la seule force ; ne l’oublions pas. Comme on vient de le voir en Tunisie avec un marchand ambulant qui par son geste extrême a fait basculer le pouvoir. Qui aurait pu le prévoir ?
Aujourd’hui, même ici dans l’Hexagone, on est proche du chaos. Un chaos qui ne dit pas son nom et qui respire même des relents d’anarchisme déguisé. Oui, un chaos qui conforterait même une sorte de jungle où les plus forts sont appelés à pérenniser leur règne et les pauvres à mourir à petit feu sous le poids de l’indifférence totale. C’est ce qui se passe aujourd’hui, dans les rues de Toulouse, arrêtons de nous voiler la face.
Il suffit pour s’en convaincre de circuler à pied dans nos villes et même nos campagnes, jadis protégées. D’engager la conversation, d’aller au-delà des réserves de principe, d’échanger, de parler un peu avec nos concitoyens pour comprendre que derrière leur accueil chaleureux, leur sourire de façade, se cachent la plus grande des détresses, un aveu d’impuissance.
Oui, nous en sommes tous là…
Face à tant d’injustice et tant de passe-droit pour d’autres, il n’est pas dit que demain nous les “raisonnables”, nous ne prenions pas la décision de descendre dans la rue et de demander des comptes…  Attention danger…

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
Rédacteur en Chef

Réagissez sur : andreg@aol.com


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