Le bruit en ville

Selon une récente étude de l’I.N.S.E.E. sur la qualité de vie dans les agglomérations de plus de 50.000 habitants, le bruit reste la première source de nuisances ressenties par les populations citadines. Pourtant, bien avant la parution de la loi de 1992 relative à la lutte contre le bruit, bon nombre de villes affichaient déjà leurs volontés, leurs ambitions même, d’améliorer leur environnement sonore. Et la ville de Toulouse ne manquait pas de promesses, dans ce domaine comme dans d’autres. Mais l’on se doit de le constater aujourd’hui : elle représente depuis quelques mois, un échec criard particulièrement en centre ville…
Oui, les nuisances sonores sont reconnues de tous comme nuisibles notamment sur le plan de la santé et cela n’est pas un hasard s’il existe un aussi riche panel de lois, de décrets et de textes législatifs variés abordant ce thème. Mais sans grand succès, car que fait-on vraiment pour annihiler ce phénomène de société, où chacun semble peu concerné par le mieux vivre de son voisin ?
Quand on pense “nuisances sonores”, on envisage tout de suite la musique trop élevée dans les bars ou les discothèques. Mais le bruit, ce n’est pas seulement cela ; d’autant que ces établissements sont très contrôlés et parfois même un peu trop. Bien entendu que l’émission de bruit est inhérente à l’activité humaine et qu’il existe même des bruits incontournables tels que les pleurs d’enfants, l’ouverture et la fermeture de portes, le déchargement de colis lors d’une livraison, mais ils sont passagers… En revanche, plus intolérables à supporter, l’aboiement du chien du voisin, le passage de la tondeuse ou l’utilisation du coupe haie, le tout à une heure indue.
Bien entendu, chacun sait que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, comme le rappelle l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Mais que fait-on vraiment au quotidien pour respecter ces normes de bons sens et surtout de savoir vivre ?
Que font vraiment les autorités pour rappeler la règle et la loi, notamment pour tous ceux qui se promènent sur des engins motorisés des plus sonores. Que doit faire le particulier qui doit supporter tout un dimanche les courses de quads dans sa rue, sans que personne n’ose intervenir, même pas les services de Police ? D’ailleurs les pouvoirs publics sont-ils, dans le domaine si conscients de leurs propres carences ? Quand un samedi matin à 5h30 les employés de la ville chargent sans ménagement les poubelles sur leurs camions, sont-ils avertis, eux qui portent des casques anti-bruits, de la gêne qu’ils causent ? Et que dire quand ces derniers, de temps à autres et à la même heure, chargent aussi les encombrants dans leur benne qui broie le tout instantanément, dans un bruit assourdissant de guérilla.
D’ailleurs une question me taraude toujours l’esprit : pourquoi le ramassage des poubelles, se fait-il en semaine entre 8 et 9 heures, causant de nombreux bouchons… Et le samedi, à l’aube avec les désa-gréments que l’on devine aisément ?…
Autre question : comment se fait-il que les balayeuses de la ville soient aussi bruyantes alors que depuis les années 90 il en existe des silencieuses ?  
Que dire aussi des signaux sonores émis par les voitures officielles et habilités à le faire, comme les ambulances, les services de Police, en général vers 12h ou 18h ? Pas certain que l’urgence soit la première raison pour forcer le passage et se faufiler dans le trafic routier…
Comment rappeler la règle à ces parents qui déposent leurs enfants à la crèche sans aucun respect de l’environnement, par le bruit comme par l’utilisation de l’espace.
En fait et on le dit peu, le bruit est le second facteur de nuisance en regard de l’hygiène, de l’habitat et du cadre de vie. Ces dernières années, des études et de nouvelles réglementations ont été mises en place et on peut déjà mesurer les conséquences de leur application dans bon nombre de villes françaises.
Mais qu’en est-il vraiment à Toulouse ? Pourquoi communique-t-on si peu sur le sujet ? Pourtant la municipalité dispose, avec le service communal d’hygiène et de santé, d’un ensemble de moyens humains et techniques aussi bien d’évaluation et de mesures que d’intervention.
Où en est-on de la sensibilisation de la population aux nuisances sonores, des contrôles et mise en application de la réglementation ? La diminution sensible du nombre de plaintes pour motifs de bruit, comme annoncé ici et là, est-elle une vérité ou un artifice électoral ?
A l’heure où les maires vont se trouver obligés de publier, quartier par quartier, une carte des nuisances sonores dans leur ville, il serait temps de réagir.

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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