L’Apocalypse financière ?

Récemment et grâce à la perspicacité d’un ami, j’ai retrouvé le bonheur et le goût de déguster de temps à autres un doigt de whisky, pour titiller l’inspiration du moment. Mais pas un whisky comme les autres, celui-ci se nomme “Passeport”, une marque introuvable en France. Et je dois avouer que ce soir, ce merveilleux breuvage m’a influencé pour me lancer dans un édito tendance sur l’économie mondiale, rien que ça. Pourtant comme dirait ma mère et surtout mon banquier, l’économie n’est pas mon fort.
C’est vrai, j’aurais pu parler de ces spécialistes de la santé qui nous ont monté le plus beau des scenarii pour nous faire croire que le mal H1N1 était là à portée de lèvres, prêt à nous saisir à la gorge si d’aventure nous n’acceptions pas d’ingurgiter le breuvage concocté par leurs potes des laboratoires ?
Mais c’est probablement là que le doigt de whisky a fait son effet et qu’il a réveillé le témoin de l’actualité que je suis. Témoin patenté qui a de quoi se poser des questions devant ces rebondissements économiques qui nous sont proposés ici et là et particulièrement pour tout ce qui concerne l’Amérique latine. Cette dernière aurait le vent en poupe, une histoire de cuivre, rien d’illicite, pas d’effet narcotique dans l’air… En fait les mêmes spécialistes qui nous disaient, voilà quelques semaines, que pas un pays de ce continent ne méritait que l’on mise un kopeck de confiance sur lui, aujourd’hui s’extasient. Est-ce l’effet du passage du Dakar qui aura changé la donne, ou bien l’annonce du mondial de foot au Brésil ?  
Dans le même temps, ailleurs, on nous annonce que les fameux fonds de pensions américains réduiraient leurs possessions d’obligations d’Etat, qu’elles soient américaines ou britanniques. Les rats quitteraient-ils le navire ? Plus, leurs comportements rebelles annonceraient-ils l’ère de l’Apocalypse financière ?
Alors soutenu par un doigt de plus de whisky, toujours passionné par les symboles annonciateurs de vérités supérieures, je me lance en quête justement de ces symboles perdus qui ont fait et font la fortune de certains. Et là se révèle à moi des signes avant coureurs qui pourraient nous faire craindre l’imminence d’un nouveau krach. Cette fameuse Apocalypse financière que Dan Brown comme ma voyante préférée n’ont jamais vu venir dans leurs cartes. Plus, pour les pros du domaine, des “petits faits” sensibles rendent l’hypothèse d’un effondrement financier plus que probable et qu’on le prenne au second degré… ou pas.
Et voilà même que les superstitieux nous rappellent la fameuse théorie “Skyscraper Index”. Celle qui voudrait que l’inauguration d’une nouvelle tour, a fortiori la plus haute du monde, comme celle de Burj Dubai, plus de 800 m de haut, pourrait précéder de peu une crise financière. Rappelez-vous, nos parents nous en parlaient, ce fut le cas avec le fameux krach de 1929 qui suivait de peu l’inauguration de l’Empire State Building et du Chrysler Building. Puis ce fut le krach pétrolier de 1973 qui lui aussi suivait le baptême des tours Trade Center et Sears Tower ou encore les fameuses tours Petronas de Kuala-Lumpur avant la crise asiatique de 1997. En fait si j’étais à la place de certains Emirats, je craindrais pour l’avenir…

 


La Tour “ maffrée ”…

Oui, whisky ou pas whisky, la fameuse tour Burj Dubai pourrait justement annoncer cette gigantesque apocalypse financière qui verrait les faillites des Etats se succéder, les uns après les autres. D’autant qu’il nous faut ne pas oublier les récents déboires, justement de Dubaï, qui ont remis en lumière le danger que représentait justement un trop fort endettement des Etats. Au fait où en sommes-nous en France ?
Autre signe avant-coureur, et qui nous paraît extrêmement symbolique : la prévisible faillite organisée de la compagnie aérienne nationale japonaise, Japan Airlines. Avec cette question incontournable : un Etat peut-il laisser sa compagnie nationale couler ? Cela serait un aveu d’impuissance qui, face à une situation économique peu reluisante, pourrait faire tache d’huile et avoir d’autres retentissements en chaîne.
Et pourtant, pour les pros des pros, le signe le plus inquiétant resterait, avec le probable changement de stratégie des fonds d’investissement. Car sans être trop spécialiste du domaine, on peut quand même s’interroger sur le comment du pourquoi qui motive les principaux fonds de la planète à se désengager des obligations souveraines, notamment américaines et britanniques. Manifestement, le niveau d’endettement des Etats en général et plus particulièrement de ces deux pays et malgré Obama, aurait fini par inquiéter des fonds comme Pimco. Le plus gros investisseur obligataire au monde qui gère 199,5 milliards de dollars sur ce marché, oserait l’inimaginable il y a quelques mois ? Au point de diminuer ses quotes-parts de dettes américaines et britanniques à un niveau qui n’a jamais été vu depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.
Evidemment, comme me le rappelait avec sagesse un ami très informé, mais qui n’aime pas le whisky, l’Apocalypse financière n’est pas pour demain même si les signes avant coureurs relevés ici et là sont loin d’être anodins, pour ne pas être sans substance formelle.  
D’autant que, confirmé par ma voyante, il semblerait qu’une nouvelle arnaque financière, 200 fois plus grande que celle de l’affaire Madoff, soit en train de prendre forme. On ne sait pas quand elle explosera. Par contre ce que l’on croit savoir c’est qu’elle risque, quand elle sera dévoilée au grand jour, de ruiner des millions d’investisseurs… Voilà qui a de quoi inquiéter celles et ceux qui jouent les traders du dimanche…
En fait le plus grave, dans cette période de grande instabilité et quelque soit le domaine abordé qu’il soit scientifique, économique, touristique, gastronomique, social et autres, la seule question qui vaille d’être posée, est de savoir d’où sortent tous ces spécialistes qui semblent faire la pluie et le beau temps. Mais surtout et plus dangereux, pour les minus que nous sommes : ce sont les mêmes qui font aussi la politique de nos grands dirigeants. Sauf que là comme ailleurs, en bout de chaîne, nous serons toujours les seuls à payer leurs erreurs.
C’est bien connu : les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
Andreg@aol.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.