L’abstention, le réel vainqueur ?

Qu’on le veuille ou non, même si dans les faits, l’apparen-ce des résultats place l’UMP et Euro-Ecologie comme les vainqueurs de ces européennes… L’abstention record ne doit pas s’oublier d’un revers de manche et restera le fait majeur de ce scrutin du 7 juin 2009. Probablement que la crise et son lot de plans sociaux auront pesé, beaucoup plus que prévu, sur le choix final de se déplacer ou pas ?  Ainsi, les abstentionnistes auront désiré par leur désintéressement à cette élection majeure, traduire en dehors des urnes leurs inquiétudes économiques et sociales. Sauf que les voix manquantes ne comptent pas et que nos spécialistes de la politique, les seuls qui ont les moyens d’infléchir le cours des choses, se seront vite contentés d’être élus. Ils auront surtout vite oublié que plus de 60 % des Français ne les auront pas plébiscités… Là comme ailleurs, seule la victoire compte…
Des Français dont les noms de Caterpillar, Molex, Continental, incarnent depuis plusieurs mois la crise qui frappe à leurs portes. Cette crise qui les a incités à donner de la voix à leur manière, en montrant leur désintérêt à un scrutin vécu comme “une incongruité” en cette période de difficultés. Particulièrement chez celles et ceux qui sont les plus confrontés, légion dans notre région, à la baisse du pouvoir d’achat comme à la hausse du chômage.
Et puis, si le scrutin européen rencontre si peu d’écho chez les électeurs, c’est aussi parce que l’Europe n’est pas vécue comme un levier pour résoudre les difficultés du moment. Cette période de campagne électorale était l’occasion rêvée pour faire découvrir aux Français ce qu’est vraiment l’Europe. Ce que nous devons à cette Europe protectrice s’il en est et dans bien des domaines. Sauf que ce slogan “d’Europe protectrice” ne convainc pas. Tant elle a été décriée par ceux-là mêmes qui aujourd’hui dans leurs discours de circonstance, à droite comme à gauche, prennent en compte la forte demande en ce sens, en utilisant les termes de “bouclier social”, de “protectionnisme européen”…

Cessons de jouer les Cassandre !

Il faut se souvenir que voilà quelques semaines un sondage de Gallup Organization, nous indiquait que 61 % des Français interrogés estimaient que face à la crise financière et économique, appartenir à l’Union européenne était plutôt un atout. Que même si une majorité de Français accusait l’euro d’être responsable de la hausse des prix, ils ont aussi pris conscience que sans la monnaie unique, ce serait probablement pire. Plus, ce n’est pas vraiment une surprise de voir le parti du président Nicolas Sarkozy, arriver en tête et obtenir plus de 28 % de votes. Les Français se souviennent qu’en plein tourbillon financier, la Présidence de l’Union européenne, au deuxième semestre 2008, aura été ressentie comme plutôt positive. Donnant même une dimension supérieure à un Nicolas Sarkozy, dont l’image de volontarisme, aura vraiment apporté à sa dimension d’Homme d’Etat.
Et puis et surtout, qu’ont vraiment apporté comme idées novatrices les grands concurrents de l’UMP, le Parti Socialiste, comme le MoDem ? Durant la campagne électorale ces deux mouvements n’ont pas répondu aux inquiétudes des Français. Ils se sont contentés de tirer à boulets rouges sur le seul Président de la République. Donnant de fait plus de crédit à la gauche de la gauche (NPA, Front de gauche) et plus particulièrement à Europe-Ecologie qui a remis en cause et plus radicalement le système économique et social européen. En fait les seuls qui ont parlé de l’Europe…   
Pourtant il était facile de mobiliser les électeurs autour de ce scrutin. Il suffisait de les informer sans relâche des avancées que l’UE a déjà réalisées, réalise et réalisera encore pour l’ensemble des Etats-membres. Notamment grâce à l’Euro qui nous aura évité quelques dévaluations et quasiment affranchi d’une crise financière mondiale. On l’oublie souvent mais l’Europe nous aura garanti aussi la paix au sein de l’Union Européenne et d’être respectés en dehors de ses frontières. Elle nous aura fait bénéficier d’avancées technologiques et universitaires majeures qui auront donné Airbus, Ariane, Galiléo, Iter, Erasmus… Et même notre Cancéropôle…
Et puis comment être en 2009 “europhobe”, ou peu concerné par l’Europe ? Comment être contre l’ouverture envers les autres, la diversité culturelle et linguistique de l’Europe… Comment être encore crédible en donnant l’illusion que seule la France s’en tirerait mieux ? Bien sûr pas n’importe quelle Europe ! Mais sachons reconnaître que c’est l’Europe qui nous donne notre ultime chance d’exister !
La leçon de ce scrutin, c’est surtout qu’il faut en finir avec les oiseaux de mauvais augure qui se planquent derrière certains médias ou partis d’arrière garde. Rappeler aux Français que 80 % de notre législation n’est que la retransposition des directives européennes. Alors, autant avoir son mot à dire et militer pour une démocratie européenne participative, qui aura même à cœur de développer les consultations  référendaires, histoire de nous impliquer encore plus dans les décisions comme dans notre devenir.
Par nos actes quotidiens, favoriser une union solide entre les pays d’Europe. Garantir par notre participation engagée, l’union des peuples et non celle du grand capital, de la spéculation et du dumping social.
Les Pères de l’Europe, les Monnet, Schuman, Adenauer, de Gasperi, Spaak et même Cassin, l’ont imaginée pour remettre l’Homme au cœur de nos préoccupations. Faire en sorte que cette union des peuples d’Europe soit le référent, le modèle à copier pour qu’enfin, le meilleur soit inscrit, parmi les Hommes, pour des siècles et des siècles.

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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