La voiture, ce faux ami ?

Francis Manaud

Pendant de longues années, c’est la production des voitures qui a fait les beaux jours de notre économie, à tel point que les industriels ont dû faire appel à de la main d’œuvre étrangère pour les produire en quantité suffisante. Mais cela n’a pas suffi et très vite la robotisation s’est mise en place sans que nos dirigeants ne se rendent compte que cela nous conduirait d’abord à utiliser moins de main d’œuvre jusqu’à aujourd’hui envisager des licenciements massifs. Le mal aurait été moindre si parallèlement nous avions fabriqué les robots, mais non, cela semblait immanquablement dévolu à d’autres pays qui paradoxalement vivent mieux la crise actuelle. Heureusement que certains constructeurs ont bien compris que l’avenir de la filière n’était plus essentiellement en Europe mais dans les pays à forte densité de population à savoir les pays asiatiques. Désormais la voiture, ce symbole humain de la liberté, ne représente plus qu’une formidable source de revenu pour un Etat qui en use avant d’en abuser de plus en plus. On la traite différemment selon qu’elle gêne ou qu’elle rapporte. Lorsqu’elle gêne, on la chasse du centre des villes pour rendre dit-on, l’espace aux piétons au détriment des parkings qui ne devront bientôt leur salut qu’aux week-ends et à leur frénésie d’achats.

 

La liberté et ses contraintes

 

Finies bientôt les façades d’immeubles noircies par la pollution des pots d’échappements mais finies aussi les entreprises qui accrochaient leurs échafaudages pour leur refaire une beauté. Par contre côté impôts, c’est le jackpot. Dès l’achat, le malus, si vous avez la mauvaise idée de choisir un modèle qui soi-disant pollue. L’Europe se charge dans ce domaine d’édicter les règles nécessaires pour vous contraindre. Et puis il y a l’essence : ce liquide magnifique sans lequel rien n’est possible et qui permet de remplir généreusement les caisses de l’Etat qui fort mal à propos a vendu au secteur privé les autoroutes qui font désormais les beaux jours des investisseurs. Heureusement il semble que l’on ait pris conscience d’une fin inéluctable de cette richesse que la terre ne peut pas fabriquer aussi vite que les besoins qui lui sont soustraits, encore que les gaz de schistes dont il faudra bien un jour s’occuper en France, puissent faire le bonheur de quelques générations futures. Enfin les radars sont apparus au prétexte éminemment discutable de réduire la vitesse et de sauver des vies. Réduire la vitesse serait possible tout simplement en limitant les possibilités des voitures et sauver des vies à la condition d’implanter les appareils aux endroits réputés dangereux, ce qui n’est que très rarement le cas. Le côté le plus positif de la chose, c’est que la France fabrique ses propres radars, c’est toujours ça de gagné. Alors oui, la voiture reste et restera pour longtemps le plus sûr moyen de liberté mais il faut en convenir, les contraintes de cette liberté la rendent de plus en plus inaccessible même si l’invention d’Autolib nous promet d’éviter le pire pour ne garder que le meilleur.

 

Francis Manaud



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.