La voiture

Francis Manaud

Depuis quelques semaines, voire depuis quelques mois, on ne peut pas aller sur une chaîne de télévision sans être interpellé par une publicité qui concerne une marque de voiture. Qu’elle soit française, européenne voire étrangère, le choix est si important qu’il paraît inconcevable que chacun ne puisse y trouver son compte. Cependant en ce qui concerne la production française, force est de constater que nos industriels voient leur production baisser voire s’effondrer. En revanche la production allemande semble plus stable et son exportation dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres se porte plutôt bien. Faut-il en déduire que la qualité de notre production est inférieure à la leur ? Tout semble l’indiquer à moins qu’il s’agisse plus vraisemblablement d’un effet de mode et que nos industriels n’aient pas réussi à faire passer dans l’esprit du public la qualité pourtant indiscutable de leurs véhicules. L’industrie automobile est une composante indispensable de notre économie moderne, sa chute en termes de chiffre d’affaires et d’emploi ne peut que nous être préjudiciable. Nos gouvernants s’en sont bien sûr inquiétés lorsqu’ils ont facilité fiscalement les reprises sur les véhicules anciens au profit de voitures neuves. Mais cette solution outre le fait qu’elle est forcement limitée dans le temps, a profité en grande partie aux marques étrangères qui ont tendance comme nous le faisons nous-mêmes dans leur pays, à pratiquer une forme de dumping.

 

Le temps est un grand maître

 

Mais la voiture n’est pas la plus importante en elle-même, elle l’est aussi par tout ce qui est induit du fait de son existence. La vente de carburant bien sûr qui amène une recette fiscale de première importance, mais aussi tous les métiers induits que sont les assurances et autres métiers de la réparation. Il nous faut donc impérativement vendre des voitures, mais paradoxalement il faut bien en convenir, les voitures sont devenues le cauchemar de nos villes. Peu à peu elles se sont imposées dans notre vie quotidienne à un point tel qu’il a fallu s’organiser pour en diminuer les nuisances. Leur stationnement souvent anarchique a contribué à mettre en place des horodateurs pour éviter un envahissement de la voie publique. On a bien entendu créé des voies spéciales de circulation pour fluidifier un trafic qui malgré tout ne cesse de s’engorger et quoique que l’on fasse l’augmentation de la population dans les villes dépasse tous les efforts qui peuvent être faits pour venir à bout du phénomène. Dernière solution mise en œuvre outre l’utilisation des transports en commun, les vélos parfaitement appelé velibs pour la liberté qui leur est octroyée de circuler partout et n’importe comment au mépris des plus élémentaires règles du code de la route qu’ils ignorent superbement. Alors plus de vélos, moins de voitures et donc moins de recettes, il va bientôt falloir choisir. L’Etat va se trouver en cette matière confronté au même problème que pour les cigarettes. Arrêter leur production serait la solution radicale oui mais voilà, l’industrie est là qui rapporte au budget de l’Etat ! Alors laissons vivre le compromis. Le temps est un grand maître.

 



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